Brian Burke 2012 NHL Entry Draft HHOF profile

La cérémonie d’intronisation de la cuvée 2026 du Temple de la renommée aura lieu le 9 novembre. Patrice Bergeron, Cindy Curley, Carey Price, Pekka Rinne et Keith Tkachuk feront leur entrée au panthéon comme joueurs, et Brian Burke, comme bâtisseur. Aujourd’hui, la journaliste principale de NHL.com Tracey Myers dresse le portrait de Burke.

Brian Burke avait 12 ans et sa vie était sur le point de changer sans qu’il ne le sache pendant le déménagement de sa famille de Boston au Minnesota.

« Les camions de déménagement sont restés pris dans une tempête de neige en Pennsylvanie avec tous nos meubles et nos effets personnels, donc nous avons passé trois nuits dans un hôtel de Bloomington, au Minnesota, s’est remémoré Burke. Le tournoi de hockey scolaire de l’État jouait à la télévision. Je suis tombé amoureux avec ce sport en regardant du hockey d’école secondaire. »

Cette histoire d’amour a duré toute la vie de Burke, et l’homme de 71 ans est devenu l’une des figures les plus influentes du hockey.

« Quand je pense à lui, la première chose qui me vient en tête est que dans son bureau de la Ligue nationale, il avait une photo de lui dans l’uniforme des Mariners du Maine avec du sang partout sur son visage », a affirmé le commissaire de la LNH Gary Bettman. « C’est l’une des images qu’il projette, mais l’autre est qu’il est quelqu’un qui se soucie des gens et de ses relations. Si vous êtes son ami, il va remuer ciel et terre pour vous soutenir, ce qui est la marque d’un bon être humain. »

La carrière de Burke a commencé en 1987, quand il a été vice-président et directeur des opérations hockey des Canucks de Vancouver. En 1992, il est devenu directeur général des Whalers de Hartford avant d’agir comme vice-président principal et directeur des opérations hockey en 1993. En 1998, Burke a amorcé un second mandat avec les Canucks, cette fois comme président et DG. Il a orchestré de nombreuses transactions lors du repêchage de 1999 pour que les Canucks puissent mettre la main sur les jumeaux Henrik et Daniel Sedin aux deuxième et troisième rangs.

Burke est devenu DG des Mighty Ducks d’Anaheim en 2005 et il les a aidés à remporter la Coupe Stanley en 2007. Il a occupé le même rôle avec les Maple Leafs de Toronto de 2008 à 2013, avant d’être nommé directeur des opérations hockey des Flames de Calgary (2013 à 2018) puis des Penguins de Pittsburgh (2021 à 2023).

Brian Burke ANA GM lifting Cup

Il a également remporté la médaille d’argent avec les États-Unis aux Jeux olympiques de Vancouver en 2010.

Burke, qui agit actuellement comme conseiller principal des Bulldogs de Brantford, dans la Ligue de hockey de l’Ontario, a été directeur de l’Association des joueuses de la Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF), le syndicat des joueuses de la LPHF, de 2023 à 2025, et il occupe aujourd’hui le rôle de conseiller principal avec Brantford dans la Ligue de hockey de l’Ontario.

« Brian s’est amené quand les joueuses en avaient grandement besoin pour apporter son expérience, ses connaissances et sa crédibilité, alors que la Ligue était en train de se créer », a souligné la vice-présidente principale des opérations hockey de la LPHF Jayna Hefford. « Il a toujours accordé beaucoup d’importance au hockey féminin, et de le voir occuper un tel rôle était très important pour nous dans la manière de lancer cette ligue. »

Burke a toujours été un allié de la communauté LGBTQ+ et a aidé à lancer le projet You Can Play, qui cible l’homophobie et fait la promotion de la sécurité et de l’inclusion dans les sports, en l’honneur de son défunt fils Brendan.

Brendan était étudiant et à l’emploi de l’équipe masculine de hockey de l’Université Miami quand il a publiquement révélé qu’il était homosexuel en 2009. Brendan est décédé dans un accident d’auto en 2010 à l’âge de 21 ans, et Brian et son fils Patrick ont contribué au lancement de You Can Play en 2012.

« Ce qui est vraiment cool de cet honneur pour notre famille est qu’il a remporté la Coupe Stanley et une médaille d’or, et il a eu de nombreux emplois, mais une grande partie de ce qu’il a accompli fait en sorte que plus de gens se sentent en sécurité et à l’aise dans le monde du hockey, a mentionné Patrick. Que ce soit les femmes qui sont enfin payées justement pour jouer dans les rangs professionnels ou les gens issus de la communauté LGBTQ+. C’est grâce à son travail et à ses différentes initiatives. Il a pris le sport qu’il aime et il a ouvert des portes afin que plus de gens se sentent en sécurité tout en profitant du hockey. Il est intronisé dans la catégorie des bâtisseurs, et je ne pense pas que personne n’ait bâti le hockey comme il l’a fait. »

Brian Burke with son Patrick

Il s’agit de toute une feuille de route pour un homme dont la carrière de joueur s’est arrêtée dans la Ligue américaine de hockey. Avant cela, Burke a joué quatre saisons à Providence College sous les ordres de Lou Lamoriello, qui est devenu l’un des grands dirigeants de la LNH et qui est un ami de longue date de Burke.

« Il était un joueur de profondeur avec un bon gabarit et de la force physique, a raconté Lamoriello. Il n’était pas un marqueur. Et pourtant, le jour où il a été accepté en droit à l’Université Harvard, nous avions un match et il a inscrit trois buts. Je ne l’oublierai jamais. Je pense qu’il en avait probablement inscrit trois ou quatre pendant la saison. Il était un travailleur acharné, il écoulait des pénalités et il était robuste. Il laissait tout sur la glace. C’était un trait de caractère chez lui à l’époque et c’est toujours le cas. Il est encore extrêmement travaillant dans tout ce qu’il accomplit. Le succès le suit partout. »

Comme joueur, Burke avait toujours l’impression de devoir rattraper les autres et il avait quatre règles pour essayer d’y arriver : sois le plus travaillant, sois le joueur idéal pour un entraîneur, sois le coéquipier parfait et joue de façon robuste.

A-t-il appliqué ces principes quand il est devenu dirigeant?

« Les quatre mêmes règles s’appliquent, sauf pour la robustesse, a-t-il dit. Je m'assurais que mes équipes le soient. »

Malgré tout, Burke a confié que ses débuts dans les opérations hockey ont été accueillis avec « beaucoup d’hostilité et un certain rejet. » Il avait un diplôme en droit, mais pas le pedigree d’un joueur de la LNH.

« Je venais de vivre mon premier repêchage en 1987, et quelqu’un dans l’avion avait dit aux autres DG : “Ce gars-là n’est pas gêné de voler le travail d’un ancien joueur” », a-t-il raconté.

« Je me souviens d’un soir à St. Louis où on ne voulait pas me donner une accréditation pour aller sur la galerie de presse. J’ai attendu une demi-heure et j’ai finalement dit : “Je monte.” Ils m’ont dit : “Tu vas te faire arrêter en haut sans accréditation.” J’ai répondu : “Et bien, arrêtez-moi. Ça vous fera une bonne histoire.” Ç’a pris du temps avant que je sois accepté par le groupe. »

Ce que Burke a toujours eu, cependant, c’est de l’audace. En tant que DG des Ducks en 2006, il a acquis le défenseur Chris Pronger, qu’il avait repêché au deuxième rang avec les Whalers en 1993, des Oilers d’Edmonton en retour de plusieurs choix au repêchage, de l’attaquant Joffrey Lupul et l’espoir en défense Ladislav Smid. Pronger a conduit les Ducks à la seule conquête de la Coupe Stanley de leur histoire en 2007.

Mais Burke a surtout marqué l’imaginaire avec toutes les tractations qui ont permis aux Canucks de repêcher les frères Sedin. Vancouver détenait le troisième choix au total, mais grâce à des transactions avec les Blackhawks de Chicago, le Lightning de Tampa Bay et les Thrashers d’Atlanta, les Canucks ont finalement parlé aux deuxième et troisième rangs pour réunir les jumeaux.

burke-and-sedins-van

Henrik et Daniel ont passé toute leur carrière avec les Canucks (2000 à 2018), ils ont atteint la finale de la Coupe Stanley en 2011 et ils ont été intronisés au Temple de la renommée du hockey en 2022. Aujourd’hui, ils sont coprésidents de l’équipe.

« Nous étions prêts à jouer pour des équipes différentes, a expliqué Henrik. Mais il a compris l’importance pour nous de jouer ensemble et la manière dont nous nous rendions meilleurs l’un et l’autre. Il a vu ce que nous pourrions accomplir ensemble plutôt que séparément. Il a posé plusieurs gestes importants et échangé de bons joueurs à l’époque pour nous obtenir.

« L’équipe était à une étape où elle construisait quelque chose et était sur le point de devenir très bonne. C’était audacieux de sa part d’aller chercher deux jeunes joueurs à ce moment-là. C’est la raison pour laquelle nous sommes assis ici aujourd’hui. »

Daniel Sedin a confié que Burke a été une figure importante pour eux.

« D’abord et avant tout, il nous a repêchés et il a cru en nous, a-t-il dit. Notamment lors de nos trois premières années qui ont été difficiles. Il est la raison principale pour laquelle nous avons eu ces carrières. C’est parce qu’il a cru en nous. Son intronisation est tellement spéciale pour nous, comme nous le connaissons depuis des années et avec ce qu’il a fait pour nous. »

Burke a eu un impact immense sur beaucoup de joueurs durant leur carrière, et au fur et à mesure qu’ils débarquaient dans la Ligue, il avait le même message pour eux.

« Je me souviens d’un des premiers discours qu’il nous a livrés quand j’étais une recrue dans la Ligue », s’est remémoré l’ancien attaquant et capitaine des Ducks Ryan Getzlaf. « Il trouvait que les recrues n’étaient pas suffisamment écoutées. Il s’est assuré que nous ayons le droit de faire ce que nous voulions, mais en même temps, il voulait que nous apprenions des vétérans, et il y en avait beaucoup au sein de l’équipe.

« Je ne veux pas dire que Brian était intimidant, mais il était dans le hockey depuis longtemps et il était un peu de la vieille école. Mais il était parfait pour ce dont cette équipe avait besoin. Nous avions besoin d’une direction. »

Burke peut sembler intimidant, avec sa voix grave, ses yeux intenses et sa cravate détachée enroulée autour de son cou, devenue sa marque de commerce.

« Il n’est pas si dur, même s’il pense qu’il l’est. Il est un gros nounours! », a lancé l’ancienne vedette du hockey féminin canadien Angela James en riant. « Mais chaque fois qu’il parle, si vous écoutez ce qu’il dit, c’est toujours important et profond. »

Brian Burke 2011 NHL All-Star Weekend

James a également occupé en 2022-23 le poste de directrice générale du Six de Toronto dans la Premier Hockey Federation, une ligue qui a servi de précurseure à la LHPF.

« Ce que Brian a apporté aux directeurs généraux est l’importance de l’éducation. Tu ne peux pas juste arriver et être un directeur général. Tu dois gravir les échelons. Chaque personne qui occupe un rôle quelconque aujourd’hui n’y est pas arrivée seule. »

Des gens exceptionnels ont soutenu Burke, incluant Lamoriello, Bettman et le défunt ancien dirigeant et entraîneur Pat Quinn. « J’ai eu de bons mentors », aime-t-il rappeler.

Il a également eu le soutien de sa famille, incluant son fils Patrick, qui est actuellement vice-président du Département de la sécurité des joueurs de la LNH.

« Voir quelqu’un aller travailler dans le hockey chaque jour et comprendre que c’est une possibilité, et la capacité de prendre un sport que tu aimes et d’en faire ton travail, ce sont des choses qu’il a toujours appréciées et qu’il m’a transmises, a dit Patrick. L’idée que, si tu aimes le hockey, que tu travailles fort et que tu es une bonne personne, les gens vont te payer pour faire ça… C’est incroyable. »

Le jeune qui est tombé amoureux du hockey à la télévision aura finalement passé sa vie à tenter de faire une différence dans ce sport. Il peut dire mission accomplie.

« Mon père avait l’habitude de nous dire : “Laissez un héritage”, a raconté Burke. J’ai cessé de le dire pendant un bout de temps après le décès de Brendan, mais je disais souvent à mes enfants : “Qui ira à vos funérailles et que diront-ils de vous? Ils ne parleront pas de l’argent que vous avez fait ou des emplois que vous avez occupés. Ils vont parler de l’impact que vous avez eu sur d’autres vies humaines.” Je veux que les gens se souviennent de moi pour ça. »