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Devante Smith-Pelly a compris plus rapidement que les autres hockeyeurs ce qui attendait la planète lorsqu'a commencé la pandémie de la COVID-19.

L'ancien attaquant des Capitals de Washington et des Canadiens de Montréal évoluait cette saison avec le Red Star de Kunlun, une équipe de la Ligue continentale de hockey qui évolue à Pékin, en Chine. Il était aux premières loges lorsque le virus a commencé à faire des ravages, en janvier.

Les joueurs du Red Star se préparaient alors pour un voyage sur la route qui allait les amener en Russie et en Finlande. Jamais il n'aurait pensé que la situation les empêcherait de revenir à domicile.

« Personne ne savait ce qui se passait exactement avec ce virus, donc on s'est dit qu'on allait apporter un peu plus de choses qu'à l'habitude, d'un coup qu'il y aurait un problème pour revenir, a expliqué Smith-Pelly. Environ une ou deux journées après notre départ, toute la ville a été mise en quarantaine. C'est à ce moment que j'ai compris que c'était vraiment sérieux. »

Ce qui devait être un voyage de quelques matchs à l'étranger s'est transformé en périple de 35 jours, ce qui a fait que le Red Star a passé 58 des 67 derniers jours de la saison à l'extérieur de Pékin.

« Nos joueurs, incluant Devante, n'ont pas lâché et ont vraiment tenté d'atteindre leurs objectifs », a mentionné le directeur général de la formation Scott MacPherson, un ancien dépisteur des Capitals et du Lighning de Tampa Bay. « Ils n'ont pas cherché des excuses. »

Les deux derniers matchs à domicile de Kunlun ont dû être disputés dans un site neutre en raison de la COVID-19.

« Nous avons joué une rencontre à Novossibirsk, ce qui est en Sibérie, je pense, a souligné Smith-Pelly. Nous avons aussi passé du temps dans une ville appelée Ekaterinbourg pendant environ cinq jours. »

Le Red Star a été en mesure de compléter sa saison, mais a tout de même raté les séries éliminatoires de la Coupe Gargarin… qui ont finalement été annulées en mars puisque deux équipes ont déclaré forfait en raison de la pandémie.

Le tout dernier match du Red Star a été joué contre le Dinamo Riga, une défaite de 2-1 le 24 février. Les joueurs avaient hâte de retourner à la maison comme lors de chaque entre-saison.

« Le plan à l'origine était de retourner à Pékin, ramasser nos affaires et partir, a indiqué Smith-Pelly. Mais rendu à ce point, c'était impossible, donc nous sommes retournés dans nos pays respectifs tout simplement. À ce moment-là, nous étions à Novosibirsk, et dès le lendemain, tout le monde a quitté à la hâte pour s'assurer qu'il n'y ait pas de problème pour rentrer en Amérique du Nord. De passer d'un aéroport à un autre durant des moments comme ceux-ci, ça faisait un peu peur, mais tout ce qu'on voulait à ce moment-là, c'est de retourner à la maison. »

Smith-Pelly est finalement arrivé à Toronto il y a quatre semaines, juste à temps pour rejoindre le domicile de ses parents, où il réside depuis. Cette première saison professionnelle à l'étranger, après avoir disputé les huit dernières en Amérique du Nord, l'a fait réfléchir à son avenir, lui qui avait un contrat d'un an avec Kunlun.

« En ce moment, il ne se passe rien dans la Ligue. Comme tout le monde, j'y vais une journée à la fois en attendant de voir ce qui va arriver avec ce virus et quand les ligues vont recommencer à jouer. »

L'attaquant de 27 ans a conclu la saison de la KHL avec 11 points en 36 matchs. Il avait rejoint l'équipe en novembre, plus de deux mois après le début de la saison, en septembre. Il s'entraînait jusque-là par lui-même après que les Flames l'aient libéré après un essai avec l'équipe en septembre.

« Il a vraiment bien joué, a affirmé MacPherson. Quand il est arrivé, il n'était pas dans une forme de match. La Ligue russe commence en juillet pour ce qui est de l'entraînement. C'est une mentalité à la veille-école, soviétique, pour l'entraînement. Quand la saison commence en septembre, tout le monde est à son sommet en matière de forme physique. En arrivant en novembre, Devante a eu droit à un baptême par le feu. Il n'a pas bronché et il a continué de travailler et travailler. Il s'est vraiment bien intégré à l'équipe. »

Smith-Pelly le reconnaît, il a eu besoin d'une période d'adaptation, surtout en vivant dans un nouveau pays et en jouant sur une glace de dimension internationale.

« Je pensais qu'il y aurait vraiment plus de place et qu'il y aurait de nombreux surnombres, des échappées à la tonne, mais en réalité, ce n'est pas du tout ça, a-t-il précisé. Ça m'a pris de 10 à 15 matchs avant de vraiment mieux me sentir. Une fois en janvier, février, et jusqu'à la fin de la saison, je me sentais très bien, tout fonctionnait à merveille et j'avais pu m'adapter au voyagement et au décalage horaire. »

Les journées de Smith-Pelly se résument maintenant à trouver des façons créatives de s'entraîner, puisqu'il n'a pas d'équipement à sa portée, à regarder la télévision et à jouer à des jeux vidéo. Il a aussi pris le temps de parler à plusieurs anciens coéquipiers chez les Capitals - avec qui il a gagné la Coupe Stanley en 2018. Parmi eux, Alex Ovechkin, avec qui il a discuté cette semaine.

« C'est fou ce qui se passe en ce moment, tout le monde est un peu inquiet, en train de devenir un peu fou en étant pris à la maison. Mais ça va bien pour tous les joueurs à qui j'ai parlé. »

L'attaquant de puissance espère maintenant réussir à revenir dans la LNH, mais il ajoute qu'il a apprécié son expérience avec le Red Star, qui est dirigé par l'ancien joueur des Thrashers d'Atlanta Curt Fraser. On retrouve aussi des anciens de la LNH dans la formation dont Brandon Yip, Spencer Foo et Jake Chelios (le fils de Chris Chelios), qui ont tous touché à la LNH brièvement.

Smith-Pelly peut compter sur l'appui de MacPherson afin d'effectuer un retour dans la LNH.

« Je veux que les gars puissent atteindre leurs buts et réaliser leurs rêves, a souligné le DG. Ce serait une bonne histoire à mon avis, de voir quelqu'un comme Devante revenir dans la LNH. »