On aurait pu croire que notre accent francophone l'avait berné, mais il avait bien entendu. Il n'était simplement pas certain d'être d'accord avec les propos tenus par son poulain, quelques minutes plus tôt.
« Il a dit qu'il pensait à la défense en premier? Qui ça? Nemo? », a-t-il lancé en rigolant.
« Mon Dieu qu'il aime se porter en attaque, a-t-il poursuivi. Il aime s'impliquer et explorer ses options à l'autre bout de la glace. Son jeu est assez complet, il joue sur notre jeu de puissance et sur notre désavantage numérique. On l'utilise pendant une tonne de minutes, mais il ne triche jamais.
« Le facteur risques versus récompenses s'est stabilisé au fil de la saison, et il a trouvé comment générer des chances en attaque tout en comprenant qu'on le voit comme un gros défenseur solide. »
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Lorsqu'on ne regarde que ses statistiques, il pourrait être facile de conclure que le deuxième choix au total du dernier encan - celui des Devils du New Jersey - est un arrière à caractère offensif. À sa première saison de ce côté-ci de l'Atlantique, il a récolté 34 points, dont 12 buts, en 65 matchs.
Avec toute l'adaptation que nécessite ce changement de vie pour un jeune de 19 ans, ce rendement est plutôt encourageant pour la suite des choses. Le principal intéressé n'en fait toutefois pas tout un plat puisque son focus est ailleurs.
« Ça m'a pris presque la moitié de la saison pour me sentir à l'aise, je dirais 30 ou 40 matchs, a expliqué l'imposant slovaque. Depuis, je joue du bon hockey. […] Les points viennent, mais comme j'ai dit, je pense à la défensive en premier, et ensuite je peux tenter des choses en attaque. »
On pourra constater l'étendue de sa progression dès mercredi, alors que les Comets se mesureront au Rocket de Laval au premier tour, dans une série au meilleur de trois matchs.
Nemec devrait être l'un des joueurs au cœur du plan de match du club-école des Canadiens de Montréal puisqu'on s'attend à ce qu'il soit confronté, la plupart du temps, au trio de tête mené par Anthony Richard et Rafaël Harvey-Pinard.
« Il est capable d'être offensif et de faire de bonnes passes, a amorcé l'entraîneur Jean-François Houle au sujet de Nemec. Mais il est encore jeune. Notre plan est de mettre de la pression dessus, d'être physiques et d'espérer qu'il cafouille avec la rondelle. Mais c'est un très bon joueur et il a un bel avenir devant lui. »
Le luxe du temps
Au terme de cette première campagne, on peut affirmer avec certitude que la décision des Devils de lui faire passer une saison complète dans la Ligue américaine avant de lui faire goûter à la LNH a été la bonne. La formation new-yorkaise s'est donné le temps avec son diamant brut, et elle risque de ne pas le regretter.
« Ç'a été une bonne décision parce que ç'a changé ma manière de voir les choses, a dit celui qui a partagé un souper avec son bon ami Juraj Slafkovsky, mardi. J'ai beaucoup de temps pour me développer et on ne me met pas de pression inutile. »
Sur cette affirmation, Dineen n'avait d'autre choix que d'être en accord. Surtout que ça lui a permis de compter sur un arrière mûr pour la grande ligue pendant toute une saison.
« Comme défenseur, tu peux être exposé dans plusieurs situations dans la LNH - plus qu'un attaquant qui peut réussir à s'en tirer, a fait remarquer le pilote. Je pense quand même qu'il pourrait jouer au plus haut niveau demain matin. Regardez son gabarit, c'est un solide jeune homme. Son potentiel est énorme. »