Négligés, les Canadiens? Gallagher s'en contrefiche
« Nous savons qui nous sommes et ce que nous pouvons accomplir quand nous jouons à la hauteur de notre potentiel », déclare le combatif ailier droit

Les Maple Leafs n'ont-ils pas remporté haut la main le titre de la section pancanadienne Nord Scotia, en amassant 18 points de plus qu'eux qui ont fini en quatrième position? N'ont-ils pas gagné sept des 10 affrontements entre les deux équipes en saison régulière?
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Le combatif ailier droit Brendan Gallagher préfère dire que ses coéquipiers et lui ne souffriront d'aucun complexe d'infériorité, quand on mettra la rondelle en jeu au premier match de la série, jeudi.
« Nous savons qui nous sommes et ce que nous pouvons accomplir quand nous jouons à la hauteur de notre potentiel », a-t-il claironné, à l'issue de la séance d'entraînement de l'équipe, samedi.
« Pour ce qui est du titre de négligés, je m'en contrefiche, a-t-il renchéri. Les Maple Leafs forment toute une équipe, nous le savons et nous serons prêts à les affronter. »
Peu d'observateurs accordent des chances légitimes aux Canadiens de provoquer la surprise. De ça aussi, Gallagher a dit n'en avoir rien à cirer.
« Réaliser l'invraisemblable? », a-t-il d'abord réagi en entendant la question. « Pour des gens peut-être que ça peut paraître invraisemblable, mais pas pour nous », a-t-il ensuite ajouté.
Il a allégué que l'aspect le plus important pour ses coéquipiers et lui sera une bonne maîtrise de leurs émotions.
« Ça ne fonctionnera peut-être pas tout le temps comme nous le voudrions, mais nous ne devrons pas déroger du plan établi. »
La majeure partie du plan consistera à contenir les deux super-vedettes des Maple Leafs - Auston Matthews, auteur de 41 buts en 52 matchs en saison régulière, et Mitchell Marner, qui a terminé au quatrième rang des marqueurs de la LNH avec 67 points.
« Nos chances de succès diminueront considérablement si nous ne les maîtrisons pas, a-t-il estimé. Nous devrons être très compétitifs quand ces deux-là seront sur la glace. Ils seront le point de mire de la série. »
Gallagher est un des acteurs de la rivalité qui existe entre les deux équipes depuis maintenant neuf ans. Il a dit que l'absence des amateurs aux matchs l'attriste énormément.
« Ç'aurait été très enivrant de les avoir dans les gradins, mais nous ressentirons quand même la frénésie. »
Le vétéran Eric Staal, qui a grandi en Ontario en suivant les Maple Leafs, aurait également souhaité jouer devant des salles combles.
« C'est gros pour moi, qui suis né à Thunder Bay, une série Toronto-Montréal, a-t-il souligné. J'ai eu le coup de foudre pour le hockey en regardant les matchs des Maple Leafs ou des Canadiens tous les samedis soirs. À ce moment-ci de ma carrière, je ne peux pas demander mieux. Je suis évidemment fébrile, comme on devrait tous l'être. C'est la plus belle période de l'année, avec en prime une série Toronto-Montréal. »
Staal est prêt
Staal s'exprimait déjà comme s'il sera envoyé au cœur de l'action pour le match no 1.
« Je suis emballé de l'occasion de jouer le premier match », a-t-il laissé tomber.
Après lui, l'entraîneur Dominique Ducharme a pourtant affirmé qu'il n'y avait rien de coulé dans le béton, même si on a compris qu'il compte privilégier les vétérans pour commencer. Staal, âgé de 35 ans, a gagné la Coupe Stanley dans l'uniforme des Hurricanes de la Caroline en 2006. Les Canadiens l'ont acquis des Sabres de Buffalo avant la date limite des échanges en raison de sa vaste expérience. Staal n'a rien cassé depuis son arrivée, mais il a été incommodé par une blessure mineure vers la fin de la saison.
« Ça s'est bien passé au retour des deux journées de congé », a-t-il précisé.
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En bon vétéran, Staal a dit que c'est possible pour une équipe de vite retomber sur ses pattes après avoir connu une fin de saison difficile, comme ç'a été le cas des Canadiens. Particulièrement cette année.
« Ce n'est pas une année comme les autres, avec les séries qui s'amorcent tout de suite après la saison, a-t-il relevé. Nous avons devant nous une bonne semaine de préparation afin de remettre de l'ordre dans notre jeu et de peaufiner des stratégies spécifiques pour les Maple Leafs. »
Pas comme l'an dernier
Chez les Canadiens, on tentera de recréer un environnement semblable à celui qui a précédé leur participation aux séries dans la ville bulle de Toronto, l'an dernier. Le CH avait surpris les Penguins de Pittsburgh lors du tour de qualification, à la reprise des activités après une pause de plus de trois mois.
Comme l'a toutefois fait remarquer Ducharme samedi, la situation n'est pas comparable cette année.
« C'était très différent dans la bulle, le fait que personne n'avait joué depuis plus de trois mois, ce n'était pas pareil. C'était presque comme un début de saison. Ce n'était pas le niveau de jeu des séries. Ç'a permis à nos jeunes d'acquérir de l'expérience dans ce contexte particulier. Cette année, nous nous préparons pour quelque chose de complètement différent. »
Ducharme faisait la comparaison entre les deux années en commentant le statut du jeune Jesperi Kotkaniemi, qui devrait amorcer les séries sur les lignes de côté après avoir grandement impressionné l'an dernier.
Kotkaniemi n'a pas manqué un match en saison régulière, mais il est sérieusement en panne à l'attaque, n'ayant pas obtenu de but dans ses 23 derniers matchs.
« La confiance, ce n'est pas quelque chose qui s'injecte (comme un vaccin), a imagé l'entraîneur. Si c'était possible, ça nous faciliterait beaucoup la tâche. Une pause d'une semaine, ça peut aider à rebâtir la confiance. Nous tentons d'aider les joueurs à trouver des solutions, en leur faisant réaliser ce qu'ils font quand ils connaissent du succès ou qu'ils n'en connaissent pas. C'est un défi pour un joueur. Celui qui est capable de bien s'autoévaluer progresse souvent rapidement. »
Pas une verte recrue
Ducharme en sera à ses premières séries dans la LNH, mais il a dit que ça ne fait pas de lui une verte recrue pour autant.
« J'ai pris part à plusieurs séries éliminatoires avec mes équipes, ce n'est pas si différent, a-t-il commencé par dire. Puis, je ne suis pas seul là-dedans. Je suis entouré de gens expérimentés. Marc (Bergevin, le directeur général) est en poste depuis neuf ans, il possède beaucoup d'expérience. C'est la même chose pour mes adjoints, Luke Richardson et Sean Burke, qui sont d'anciens joueurs et des entraîneurs de longue date, et pour Alexandre Burrows, qui possède beaucoup d'expérience comme joueur.
« Ce n'est pas comme si j'arrivais le matin et que je décidais tout. Nous nous assoyions ensemble et nous analysons tout dans le moindre détail et nous discutons de ce que nous voulons faire. Au bout du compte, je prends les décisions, mais nous sommes pas mal bons pour nous entendre tous ensemble. Je ne me sens pas seul. »

















