Needham espère devenir la première directrice générale de la LNH
Présentement DG adjointe avec Chicago dans la USHL, il n'y a « aucune limite à ce qu'elle pourrait accomplir »

À ce moment, Needham était l'une des joueuses les plus en vue aux États-Unis, mais après s'être déchiré le LCA, le LCM, le LCP et le ménisque, elle est devenue une joueuse comme une autre, qui tentait de s'accrocher. Elle l'a fait pendant six autres années, décrochant même une bourse d'études à l'Université Minnesota State, à Mankato, avant d'abandonner le hockey - et son rêve.
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Mais deux décennies plus tard, et au terme d'un revirement de situation étonnant et surréel, Needham est bien implantée dans son sport, et sa réputation ne cesse de grandir alors qu'elle espère devenir la première directrice générale de l'histoire de la LNH.
Il s'agit d'un rêve qui semble encore plus accessible maintenant que Kim Ng a été nommée directrice générale des Marlins de Miami dans les Ligues majeures de baseball. Ng est devenue la première femme à occuper le poste de DG dans l'un des quatre sports professionnels majeurs en Amérique du Nord.
Pour Needham, la route a été parsemée d'embûches, alors qu'elle a notamment subi huit interventions afin de reconstruire son genou gauche, et qu'elle a effectué un détour afin de s'occuper des porcheries du ranch de ses parents à Elkton, au Dakota du Sud. Mais après être devenue l'entraîneuse d'une équipe locale de jeune fille et avoir mis sur pied l'un des plus importants programmes d'entraînement et de développement du Midwest, « Legend Hockey », Needham a été embauchée par les Maple Leafs de Toronto à titre de dépisteuse amatrice en 2018.
Aujourd'hui, elle est adjointe au directeur général du Steel de Chicago dans la United States Hockey League.
« Je crois qu'il n'y a aucune limite à ce qu'elle pourrait accomplir, a affirmé Ryan Hardy, le DG du Steel. Je peux compter sur les doigts d'une main les gens dont j'estime l'opinion autant que la sienne. Et il s'agit de personnes qui occupent des postes très importants dans le hockey. »
« Il s'agit de ce que j'aime le plus au monde et de ma plus grande passion, a noté Needham. Je me sens tellement à l'aise. Je suis sur la glace tous les jours. Il n'y a pas beaucoup de femmes de 34 ans qui se retrouvent sur la glace pour un entraînement chaque jour, à discuter avec des jeunes. J'adore me retrouver là. J'ai toujours été obsédée par ce sport. »
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Après avoir vu les blessures mettre un terme à sa carrière et avoir presque perdu la vie à la suite d'une infection de staphylocoque à 21 ans, Needham est retourné au ranch familial, un endroit où elle n'avait pas vécu depuis qu'elle avait 12 ans, soit avant de fréquenter l'école Shattuck St. Mary's à Faribault, au Minnesota, où elle a croisé dans les couloirs les futures vedettes de la LNH Sidney Crosby et Jonathan Toews.
Elle a acheté 100 génisses et a travaillé dans les porcheries, pensant qu'elle allait connaître la même vie que ses parents, des éleveurs de première génération, qui avaient construit leur entreprise à partir de rien lorsque Needham avait 10 ans.
Mais l'élevage ne la comblait pas tout à fait, pas de la même manière que le hockey le faisait depuis toujours.

« Elle était tellement malheureuse cette année-là, pas parce qu'elle n'aimait pas être au ranch, mais parce qu'une part d'elle-même était morte sans le hockey », a expliqué dans un courriel Ashley Munsterman, qui est copropriétaire de « Legend Hockey » avec Needham. « Elle a donc commencé à être entraîneuse bénévole dans un programme local pour jeunes filles. »
À partir de là, Needham a rencontré Munsterman alors qu'elle entraînait ses sœurs. Les deux jeunes femmes sont devenues meilleures amies et ont lancé un camp estival de hockey pour filles, puis « Legend Hockey » en 2009.
Cinq ans plus tard, Needham a fondé, avec Matt Tobin, « Sioux Falls Power », une équipe de division 1 qui comprend maintenant des équipes de moins de 14 ans, moins de 15 ans, moins de 16 ans et de moins de 18 ans.
C'est en 2018 qu'elle a eu la chance de rencontrer Hardy - à un aréna alors qu'il était là pour épier Joel Farabee, aujourd'hui attaquant des Flyers de Philadelphie - et que sa carrière a pris son envol.
« Je ne connaissais pas Noëlle. Je ne connaissais même pas son organisation, alors j'ai simplement regardé la partie, a raconté Hardy. J'avais été très impressionné par cette nouvelle organisation midget dont je n'avais jamais entendu parler. »
Cela l'a poussé à appeler Needham pour lui demander de venir participer à son camp de hockey à Pittsburgh, ce qui a entraîné d'autres conversations, qui ont débouché sur une amitié, et quelques mois plus tard, Hardy glissait son nom au directeur général des Maple Leafs Kyle Dubas, comme option novatrice pour le poste de dépisteur amateur qu'il cherchait à combler.
À l'époque, Needham n'avait jamais été dépisteuse, mais elle a été invitée à une audition à l'aveugle, au cours de laquelle des candidats devaient écrire des rapports à propos d'espoirs, et que ces rapports étaient notés sans qu'un nom y soit associé.
Elle a été embauchée.
« La clé selon moi est que nous avons constaté que Noëlle n'hésitait pas à donner un avis contraire à celui qui faisait consensus dans une salle remplie de dépisteurs ou devant un personnel d'entraîneurs, et c'est quelque chose que nous aimions beaucoup, a mentionné Dubas. Noëlle n'avait pas non plus peur de se battre pour des joueurs de sa région en qui elle croyait vraiment, et elle accomplissait tout un travail pour soutenir ce qu'elle avançait. »
« Je crois qu'à la fin, sa voix et son opinion étaient tenues en très haute estime par notre personnel de dépisteurs. »
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Même si de nouvelles perspectives s'ouvraient devant elle, Needham n'est pas toujours à l'aise. L'idée d'être la première, et la seule, pouvait parfois être terrifiante. Elle ne veut pas minimiser l'importance de ce qu'elle fait pour les jeunes filles qui n'ont jamais pensé qu'il y avait une place pour elles dans le monde du hockey, mais elle ne souhaite pas non plus être placée au centre de l'attention.
« Ç'a toujours fait partie de son attitude : dans le monde du hockey, elle avait sa place, et cela importait peu qu'elle soit une femme », a expliqué Tobin.
Needham, comme tous les hommes qui ont occupé ces postes d'entraîneurs ou de dépisteurs, a décroché ces emplois au mérite.

« C'est un sujet intéressant selon moi, a assuré Needham. Parce que je ne veux pas qu'on parle de moi parce que je suis une femme. Je veux simplement faire du très bon travail et être reconnue pour la qualité de ce travail. »
Selon Hardy, Needham n'a jamais voulu changer le monde. Ça n'a jamais été son intention.
Elle effectue parfois des percées dans ce sport, un peu comme Hayley Wickenheiser, devenue assistante au directeur du développement des joueurs des Maple Leafs, Cammi Granato, une dépisteuse professionnelle avec le Kraken de Seattle, et Florence Schelling, directrice générale du SC Berne de la Ligue nationale suisse.
« Alors que nous allons bientôt être 32 équipes et que le plafond salarial sera fixe et qu'il n'y aura pas beaucoup de marge de manœuvre, pouvoir miser sur des gens qui possèdent une perspective unique ou différente et qui peuvent ajouter de la valeur à notre organisation peut représenter un avantage majeur pour l'équipe à court terme, a avancé Dubas. Quand ces gens progressent, c'est également bon pour le sport à long terme. »
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Needham a été entraîneuse, joueuse et dépisteuse. Elle a bâti une entreprise. Elle a dirigé une organisation. Elle parfait son éducation dans le hockey le plus possible, ce qui va l'aider alors qu'elle continue à gravir les échelons de ce sport.
« Je crois qu'avec [son nouvel emploi], Noëlle sera capable de voir quel domaine des opérations d'une équipe la passionne le plus, a avancé Dubas. Je crois qu'elle sera capable d'atteindre le plus haut niveau, peu importe ce qu'elle choisit de faire. »
Alors est-ce que son objectif est de devenir directrice générale?
« Oui, répond Needham. Je le crois. Je vais essayer au moins. Il n'y a pas beaucoup de postes de DG de disponibles. C'est un marché très instable, et les organisations ont des manières différentes d'évaluer ce poste et de procéder à des embauches. Mais si on m'offrait cette chance, je crois que ce serait quelque chose qui me plairait beaucoup. C'est aussi quelque chose que je veux faire, et j'espère que je connaîtrais du succès.
« Il me reste beaucoup à apprendre, mais si je peux continuer à me retrouver dans des positions où je peux continuer à apprendre, c'est le meilleur service que je peux me rendre. »
Pour l'instant cependant, Needham n'a pas à choisir quelle sera sa prochaine étape. Elle peut simplement apprécier le chemin qu'elle a parcouru.
« J'ai le sentiment que je fais exactement ce que je suis censée faire. J'aime vraiment ce que je fais, a-t-elle résumé. Je suis tellement heureuse tous les jours. Ce n'est pas qu'il n'y a pas de moments difficiles, mais je suis persuadée que j'occupe les emplois les plus cool au monde. »

















