US OLY team based on chemistry

Lorsque les États-Unis ont annoncé la formation de leur équipe masculine de hockey en vue des Jeux olympiques de Milano Cortina 2026, plusieurs des noms qui ont été laissés de côté faisaient partie des meilleurs pointeurs américains dans la LNH cette saison.

Le directeur général Bill Guerin, l’entraîneur Mike Sullivan et le reste du groupe de leadership ont pris cette décision pour un ensemble de raisons. Il demeure naturel de se demander si l’équipe américaine va miser sur une attaque suffisamment menaçante dans environ six semaines.

Les formations en vue de ce tournoi, qui se déroulera du 11 au 22 février, sont limitées à 25 joueurs. Les États-Unis ont annoncé avoir retenu 14 attaquants, huit défenseurs et trois gardiens.

Huit des 15 meilleurs pointeurs américains de la LNH ont été écartés de cette formation. Au sommet de la liste, on retrouve Jason Robertson des Stars de Dallas, qui occupe le premier rang avec 48 ans. On retrouve aussi Alex DeBrincat des Red Wings de Detroit, à égalité au quatrième rang avec 41 points, Cole Caufield des Canadiens de Montréal, septième avec 40 points, Trevor Zegras des Flyers de Philadelphie, huitième avec 39 points, de même que Troy Terry et Cutter Gauthier des Ducks d’Anaheim, à égalité au neuvième rang avec 38 points chacun.

Dans la même veine, sept des 14 meilleurs buteurs des États-Unis cette saison dans la LNH n’ont pas reçu l’appel de Guerin : Robertson (deuxième, 24 buts), DeBrincat (égalité troisième, 21 buts), Caufield (égalité cinquième, 20 buts) et Gauthier (septième, 19 buts).

À la ligne bleue, quatre des meilleurs pointeurs parmi les défenseurs américains ne font pas partie de la formation : Lane Hutson des Canadiens, à égalité au premier rang avec 40 points, John Carlson des Capitals de Washington et Shayne Gostisbehere des Hurricanes de la Caroline, à égalité au quatrième rang avec 29 points, et Adam Fox des Rangers de New York, à égalité au sixième rang avec 28 points.

Six des 10 meilleurs buteurs chez les arrières américains sont également absents de la formation de 25 joueurs : Justin Faulk des Blues de St. Louis (deuxième, 10 buts), Carlson (égalité troisième, huit buts), ainsi que Hutson, Mattias Samuelsson des Sabres de Buffalo, de même que Jacob Trouba et Jackson LaCombe des Ducks (égalité au sixième rang, six buts chacun).

« Ces gars-là sont eux aussi de grands joueurs, et j’en suis conscient, a assuré Guerin. Nous devions toutefois bâtir une équipe. Je l’ai déjà dit, si nous avions voulu monter une formation de cette manière, nous n’aurions pas eu besoin d’un directeur général ni d’un entraîneur. Nous nous serions simplement basés sur les statistiques. Nous devions toutefois bâtir une équipe. »

Le bassin de talent des États-Unis compte sur plus de profondeur que jamais. Tous ces joueurs exclus renforcent ce point. Et Guerin a raison : le groupe de leadership doit tenir compte de la composition des trios et des paires de défenseurs, de la chimie qui peut être créée sur les unités spéciales, et déterminer comment les joueurs vont réagir à la pression qui sera omniprésente dans un tournoi qui regroupe les meilleurs joueurs au monde. Il ne s’agira pas de hockey de saison régulière. La feuille de route est parfois plus importante que la production récente.

Le Canada a dû faire face à des dilemmes semblables. Parmi les joueurs qui n’ont pas été retenus par l’équipe canadienne, on retrouve six de leurs 15 meilleurs pointeurs en attaque, sept de leurs 15 meilleurs buteurs parmi les attaquants, six des huit meilleurs pointeurs chez les défenseurs, et huit des neuf meilleurs buteurs parmi les arrières.

Les États-Unis sont passés bien près de remporter la Confrontation des 4 nations la saison dernière. Après avoir vaincu le Canada 3-1 à Montréal en ronde préliminaire, les Américains se sont inclinés en prolongation du match de championnat par la marque de 3-2 à Boston.

Parmi les 25 joueurs qui formeront l’équipe olympique américaine, 21 ont pris part à la Confrontation des 4 nations, et le défenseur du Wild du Minnesota Quinn Hughes, qui évoluait alors avec les Canucks de Vancouver, aurait aussi été de la partie s’il n’avait pas été blessé.

« J’ai aimé la manière dont nous avons joué, a affirmé Guerin. Toute l’équipe était soudée. Tout le monde a joué de la bonne manière, a adhéré au plan de match que Mike et son personnel d’entraîneurs ont présenté. Mais selon moi, ce qui a compté le plus était la chimie, et je crois que cette chimie a permis aux gars de jouer de la manière dont ils ont joué. »

Il y a toutefois des arguments qui militent en faveur de davantage d’offensive.

Les États-Unis n’ont pas remporté la médaille d’or olympique depuis 1980, et ils n’ont pas remporté un tournoi réunissant les meilleurs joueurs au monde depuis la Coupe du monde de hockey de 1996. Le Canada a remporté les quatre derniers tournois réunissant les meilleurs joueurs au monde. Dans trois de ces tournois, les États-Unis se sont inclinés par un but contre le Canada dans le match qui a mené à leur élimination : 3-2 en prolongation dans le match de la médaille d’or aux Jeux olympiques de 2010 à Vancouver, 1-0 en demi-finale des Jeux olympiques de 2014 à Sotchi, puis en finale des 4 nations.

Certains des meilleurs joueurs américains ont obtenu des chances de marquer en prolongation du match de championnat aux 4 nations, mais n’ont pas été en mesure de marquer. Le centre des Maple Leafs de Toronto Auston Matthews, le centre des Golden Knights de Vegas Jack Eichel, l’attaquant des Sénateurs d’Ottawa Brady Tkachuk ont notamment frappé à la porte. Si l’un d’entre eux était parvenu à marquer, la trame narrative serait peut-être différente. Mais ils n’ont pas fait vibrer les cordages.

Le jeu dans l’ensemble du tournoi avait été très hermétique, et la plupart des vedettes américaines avaient eu de la difficulté à produire. Il y a fort à parier que le jeu sera tout aussi hermétique aux Jeux olympiques lorsque la ronde des médailles va s’amorcer.

Est-ce que tous ces constats renforcent l’idée qu’il est primordial de miser sur une bonne défensive et sur la robustesse, ou est-ce que ça signifie que les États-Unis auraient dû faire de la place à un peu plus de talent? Est-ce que cette équipe aurait eu besoin d’un but ou deux de plus pour finalement s’imposer, surtout si elle trouve à nouveau le Canada sur son chemin?

« Nous avons bâti une équipe, a réitéré Guerin. Nous avions des rôles à combler. Nous avons des responsabilités à distribuer à l’ensemble des joueurs de la formation, et nous avons besoin de joueurs qui font partie de l’élite dans certaines facettes du jeu.

« Écoutez, il y a tellement de joueurs qui ne sont pas de notre formation et qui auraient pu en faire partie. Je comprends ça, et ces décisions n’ont pas été prises à la légère. Je vous l’assure. Il y a des coups de fil qui n’ont pas été plaisants à faire. Mais au bout du compte, nous avons un travail à accomplir, et nous avons bâti une équipe, pas seulement un groupe de personnes. Il s’agit d’une équipe. »

Cette équipe peut-elle remporter la médaille d’or? Cette réponse sera éventuellement obtenue sur la patinoire.