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Maveric Lamoureux a enfin l'impression d'être de retour au sommet de son art. Et peut-être même plus.

Le chemin pour s'y rendre a été long et parsemé d'embûches, mais voilà que le grand défenseur des Voltigeurs de Drummondville y est - après une opération à l'épaule, six mois de réadaptation, un changement d'entraîneur et une saison qui s'est amorcée à la mi-décembre.
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« Je reviens sur la map », a lancé le choix de premier tour des Coyotes de l'Arizona. « Depuis environ huit matchs, j'aime vraiment mon jeu. Je suis revenu à la base et je ne fais que construire là-dessus. »
Ça n'a pas toujours été le cas au cours de ses 20 premières rencontres. En revenant au jeu en plein cœur d'une tempête, alors que l'équipe ne gagnait pas souvent et qu'elle s'adaptait au système de jeu de son nouveau pilote Éric Bélanger, Lamoureux a voulu prendre les choses en main.
Un élément-clé de cette brigade, il pensait bien pouvoir aider les siens à renverser la vapeur rapidement. Or, il s'avère que de tenter de jouer au sauveur n'était pas la meilleure chose à faire.
« Je voulais arriver et aider tout le monde à se sortir de là, a-t-il raconté. Je voulais prendre l'équipe sur mes épaules et tout faire à moi seul. J'avais la tête de tous bords tous côtés. J'ai réalisé que ce n'est pas un joueur qui peut tout changer. Le hockey, c'est un sport d'équipe. J'ai dû faire un reset. »
À la suite de rencontres avec Bélanger et certains membres de l'organisation des Coyotes, l'arrière de 6 pieds 7 pouces et 205 livres s'est concentré à revenir à son identité, d'abord, et à travailler sur de nouveaux éléments de son jeu, ensuite.
Si le jeune homme de 19 ans a surtout été sélectionné pour ses qualités défensives et sa robustesse, son nouvel entraîneur voit un certain potentiel offensif chez son nouveau poulain, et il veut le voir l'exploiter.
« Il faut qu'il soit difficile à affronter, mais il est aussi capable de faire des jeux, a argué Bélanger. Il est capable de monter la rondelle, de joindre l'attaque, et son tir sur réception est dangereux en avantage numérique. Il a plus d'offensive dans son jeu que ce qu'on peut penser.
« J'essaie de le pousser dans ce sens. J'ai attendu qu'il retrouve ses repères avant de lui donner plus de temps de jeu sur la première vague. Il doit continuer à travailler là-dessus et se faire confiance. »
Avec ses quatre buts, dont deux sur le jeu de puissance, Lamoureux a déjà égalé le total qu'il avait atteint en 54 matchs la saison dernière. Il a aussi huit mentions d'aide à son actif et se plaît bien à ajouter quelques cordes à son arc dans une saison plus difficile au chapitre collectif.
« Éric veut que je joue plus avec la rondelle, que j'appuie l'attaque et que je sois créatif tout en gardant les choses simples, a expliqué le principal intéressé. C'est une mentalité que j'aime vraiment. Je pense que j'ai ce côté-là en moi et qu'on le voit de plus en plus.
« Il veut que je décoche plus de tirs au but, que je glisse plus sur la ligne bleue et que je me fasse confiance en zone offensive. Quand ton entraîneur te dit ça, ça fait du bien et ça aide à prendre confiance. »
D'autres apprentissages
Même s'il n'a pas joué autant qu'il l'aurait voulu au cours de cette campagne, le gaillard a quand même vécu des expériences un peu moins plaisantes qui pourront l'aider dans son développement.
Il a assisté, impuissant, au difficile début de saison de son équipe et au congédiement de Steve Hartley, qui le dirigeait depuis plus de deux saisons, à la mi-novembre. Il a accompagné ses coéquipiers du mieux qu'il le pouvait, tout en constatant le côté business du hockey.
« C'était difficile de voir ça et de ne rien pouvoir faire, a-t-il évoqué. Je voulais faire tout ce que je pouvais pour aider et j'étais pris dans les estrades à regarder les matchs. J'étais tellement impatient de revenir. C'était la première fois que je vivais un congédiement et ç'a été dur au début. J'étais proche de Steve.
« Ce sont des étapes moins le fun, mais je suis convaincu que j'ai pu grandir à travers ça. »