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La quatrième victoire d'une série est toujours la plus difficile à signer.
C'est le cliché d'usage que les joueurs des Maple Leafs de Toronto ont répété dans les derniers jours pour laisser entendre qu'ils avaient encore un peu de respect pour les Canadiens de Montréal, malgré le fait qu'ils étaient assis bien confortablement dans le siège du conducteur.

À force de le dire, et de le redire, ils ont fini par y croire. En s'inclinant 4-3 en prolongation, la formation torontoise a bousillé une première occasion d'éliminer ses rivaux montréalais et devra revenir dans la métropole pour le match no 6, samedi, avec une avance réduite de 3-2 dans la série.
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« On ne devrait pas tenter d'égaler leur niveau de désespoir », a amorcé l'attaquant Auston Matthews. « Nous devrions simplement être emballés à l'idée d'avoir une autre occasion de mettre un terme à la série. Nous ne sommes pas sortis avec assez d'énergie en début de match.
« Ils étaient évidemment plus désespérés que nous, et nous devons leur attribuer du mérite pour ça. Nous nous sommes tout de même donné une chance de l'emporter. Nous avons raté l'objectif de peu. »
La troupe de Sheldon Keefe a accordé les trois premiers buts du match avant de réussir une improbable remontée pour s'approcher à un petit but de la deuxième ronde des séries éliminatoires, une étape qu'ils n'ont pas franchie depuis 2004.
Un tout petit but, et les échecs du passé allaient être relégués aux oubliettes. Hélas, ils sont toujours là.
Nick Suzuki, qui n'avait que quatre ans quand les Maple Leafs ont gagné une série pour la dernière fois, s'est assuré les faire languir encore un peu en déjouant Jack Campbell au tout début de la supplémentaire.
Avec tout ça, la pression vient de grimper d'un cran à Toronto. Personne n'a voulu ramener sur la table les cinq éliminations récentes de l'équipe au premier tour et son incapacité à dénicher l'instinct du tueur - peu importe la composition de la formation - mais ces cicatrices planent au-dessus du noyau de l'équipe.
C'est l'éléphant dans la pièce.
Parce que cet autre revers a porté la fiche des Maple Leafs à 0-6 depuis 2013, quand ils ont l'occasion de remporter une série. Et faut-il rappeler que quatre des cinq séries perdues depuis ce temps ont nécessité la tenue d'un match ultime? Une autre victoire du CH, et les doutes reviendront au galop.
« Ils sont sortis en force, un peu comme ils l'ont fait dans le match no 1, a indiqué Keefe. Nous n'avons pas bien géré ça et nous nous sommes creusé un trou. Est-ce que ça fait partie de notre courbe d'apprentissage? Peut-être. En tout cas, ça ressemblait à ça. »
Ça ne ressemblait assurément pas à l'équipe en confiance, qui disait avoir appris de ses erreurs et avoir exorcisé ses vieux démons grâce à l'ajout de vétérans d'expérience comme Joe Thornton, Jason Spezza et Wayne Simmonds. Mais rien n'est perdu. Les troupiers de Keefe touchent encore à leur but.
Surtout que leurs adversaires sont loin d'avoir connu une prestation parfaite. À vrai dire, sans le brio de Carey Price, les Maple Leafs seraient probablement déjà en train de se préparer à affronter les Jets de Winnipeg.
« Nous sommes une bonne équipe, a argué le pilote. Nous avons perdu les deux matchs lors desquels nous n'étions même pas près d'être au sommet de notre art, et nous avons quand même été dans le coup. Nous avons plusieurs raisons d'être en confiance et de croire en notre groupe.
« En même temps, nous avons bien vu que Montréal ne nous rendra pas la tâche facile. Ils peuvent être en maîtrise et ils comptent sur un excellent gardien. Cet aspect en soi leur donne aussi beaucoup de confiance. »