BOSTON – Lorsque Devon Levi s’est retrouvé devant le filet des Sabres de Buffalo jeudi, il a jeté un coup d’œil vers les hauteurs du TD Garden, là où se trouve la bannière qu’il a aidé à remporter le 13 février dernier.
Il défendait alors la cage de l’Université Northeastern, qui a remporté la 70e édition du Beanpot, ce tournoi tenu chaque année en février et dans lequel s’affrontent les quatre écoles de la région de Boston – Northeastern, Harvard, Boston College et l’Université de Boston.
Il avait été nommé joueur par excellence du tournoi.
La situation avait changé jeudi lorsque le cerbère québécois de 21 ans a sauté sur cette même patinoire contre les Bruins de Boston. Il ne portait plus le rouge et le noir de Northeastern, mais bien le bleu royal et le blanc des Sabres. Il était de retour dans la LNH après un court séjour à Rochester dans la Ligue américaine de hockey. Il a signé la victoire, par la marque de 3-1, contre la meilleure équipe de la section Atlantique.
« Pour plusieurs raisons différentes, ce match était spécial », a reconnu Levi.
Levi a été cédé à la LAH le 28 novembre, une première pour lui. Il affichait un dossier de 3-4-1 avec une moyenne de buts alloués de 3,73 et un pourcentage d’arrêts de ,876, et il offrait des performances inférieures à celles d’Ukko-Pekka Luukkonen. Cette rétrogradation n’a toutefois pas été de longue durée. Puisque Luukkonen était à l’écart en raison de la maladie et qu’il ne pouvait effectuer le déplacement à Boston, les Sabres ont rappelé Levi et lui ont confié le départ.
Le Québécois n’a pas déçu.
Levi a accordé un seul but, à Brad Marchand à 17:35 de la deuxième période, et a réalisé 29 arrêts pour décrocher sa quatrième victoire de la saison. Il a eu la chance de trouver ses aises en début de match, puisque ses coéquipiers ont limité les Bruins à cinq tirs au premier tiers. Il s’est ensuite illustré devant les 11 tirs de Boston en période médiane et leurs 14 lancers au troisième engagement.
« Devon a été très bon, a résumé l’entraîneur des Sabres Don Granato. Je dirais de lui qu’il est très compétitif. Le talent s’exprime beaucoup mieux quand un gardien possède cette qualité. »
Levi a disputé deux parties avec Rochester, réalisant 70 arrêts sur 76 tirs, remportant une victoire et subissant un revers. Levi semble toutefois avoir beaucoup bénéficié de cette courte escapade dans la LAH.
« Je crois avoir appris plusieurs leçons très utiles lorsque j’étais à Rochester, a affirmé Levi. Même si ce fut court, j’en ai retiré plusieurs choses. Je crois que ce fut très bon pour moi, et je vais me souvenir de cette expérience pendant longtemps. Je suis honnêtement reconnaissant d’avoir pu rencontrer les gars qui jouent là-bas, d’avoir joué deux matchs avec eux, de m’être développé avec eux, et j’étais évidemment reconnaissant d’être de retour avec Buffalo pour disputer ce match. »
Quelles sont ces leçons? Qu’a-t-il retiré de son passage dans la LAH?
« J’ai simplement corrigé certains éléments de mon jeu, a expliqué Levi. J’ai eu le sentiment que le chaos qui règne dans la LAH m’a forcé à vraiment me concentrer sur la rondelle et à la suivre encore mieux. Je crois que travailler sur ces deux éléments fondamentaux a eu un impact sur mon jeu. Ça m’a aidé à revenir ici.
« Le jeu est différent, alors il y a quelques ajustements à apporter. En première période, j’étais un peu – je ne dirais pas chancelant – mais mon synchronisme laissait un peu à désirer. Dès la deuxième période, je me suis senti à l’aise. »
Ce chaos ne profite pas à tous les gardiens qui sont renvoyés dans la Ligue américaine. Ce n’est pas toujours facile pour un gardien de canaliser ce chaos pour trouver ce dont il a besoin pour retourner dans la LNH.
« C’est assurément un défi, et je crois que d’embrasser ce défi et ajouter ce type d’outil dans notre boîte à outils ne peut que t’aider en raison du chaos qui règne là-bas, a avancé Levi. Ça ne va pas toujours être joli. Je suis d’avis que toute cette circulation aide à raffiner notre jeu. Il faut être alerte si nous voulons voir la rondelle. »
Levi demeure un projet, et il lui reste encore beaucoup de choses à apprendre, avec quelques séjours futurs dans la LNH qui pourraient survenir. Ou pas. C’est difficile à dire à ce stade de sa carrière, à ce stade de sa vie.
Il est toutefois déjà à des années-lumière de cette journée vécue il y a 10 mois au TD Garden, alors qu’il a remporté ce titre. Est-ce qu’il sent que cette journée remonte à si longtemps?
« Pas vraiment, a répondu Levi. On dirait honnêtement que ça s’est passé hier. J’ai encore toutes les vidéos sur mon téléphone, et je les regarde de temps à autre. Des amis m’envoient des souvenirs par message texte, ce qui me fait penser à cette journée spéciale.
« Cette journée occupe une place spéciale dans mon cœur, alors j’ai vraiment l’impression que ça s’est passé hier. Ce fut une journée incroyable dans ma vie. »
Levi estime à 30 le nombre de billets qu’il a distribués pour le match contre les Bruins, dont certains à ses amis de Northeastern, qui l’ont aidé à remporter ce match et à hisser cette bannière.
« Ce fut une journée spéciale, remporter le Beanpot sur cette patinoire, a conclu Levi. Je me suis senti à la maison. »


















