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EDMONTON – « Mon cœur était vraiment avec l’Université Clarkson. »

Jean-François Houle l’a dit sans détour. Il ne pouvait pas refuser l’offre de son alma mater, l’Université Clarkson. 

En route vers Postdam dans l’État de New York pour une conférence de presse sur le campus universitaire en soirée vendredi, Houle a expliqué en après-midi sa décision de rompre son association avec le Rocket de Laval moins d’un mois après avoir paraphé une prolongation de contrat de trois ans. 

« Je n’avais pas prévu ce scénario, a dit Houle en entrevue téléphonique à LNH.com. J’étais heureux avec le Rocket, mais il y a eu une ouverture pour un poste à Clarkson, mon ancienne université. Casey Jones, qui dirigeait l’équipe depuis longtemps (13 ans), a choisi de partir pour l’Université Cornell il y a quelques jours (14 juin). Les dirigeants à Clarkson ont donc demandé la permission aux Canadiens pour me parler.

« Je suis très reconnaissant envers les Canadiens. Ils ont agi avec classe. J’ai toujours eu un grand attachement pour mon ancienne université. John Sedgwick (le DG du Rocket) le savait aussi. J’avais une très bonne relation avec les Canadiens. Mais c’était une offre que je ne pouvais refuser pour ma famille et moi.

« J’ai joué pendant quatre ans à Clarkson (1993 à 1997) et j’ai coaché pendant sept ans là-bas (adjoint de 2003 à 2010). J’ai maintenant la chance de revenir à mes sources dans un rôle d’entraîneur-chef. C’est très important pour moi. Je trouve ça spécial de pouvoir maintenant diriger le programme de hockey (masculin) où j’ai obtenu mon diplôme. Ça me permet de continuer à développer des joueurs pour le prochain niveau. Je ferai aussi du recrutement pour trouver de bons joueurs. »

Houle part de l’organisation des Canadiens de Montréal sans fracas même si la décision a eu l’effet d’une petite bombe en cette journée du sixième match de la finale de la Coupe Stanley entre les Oilers d'Edmonton et les Panthers de la Floride. 

« Ce n’était pas une discussion facile avec John (Sedgwick), Kent (Hughes) et Jeff (Gorton), a-t-il expliqué. J’ai adoré mes années avec le Rocket. J’aimais nos partisans à Laval. C’est une très belle organisation dans la Ligue américaine. Nous avions aussi une bonne équipe de développement. Mais je voulais relever ce défi à Clarkson. Ce n’est rien contre le Rocket ou les Canadiens. »

Toujours le même rêve

Aux dires de Houle, un retour au niveau de la NCAA ne représente pas un recul. L’homme de 49 ans garde toujours le rêve d’atteindre la LNH. 

« Non, je ne m’éloigne pas de ce rêve, a-t-il répliqué. Je pense que toutes les routes sont différentes. Ma route reste hors de l’ordinaire. J’ai travaillé dans plusieurs ligues différentes en Amérique du Nord depuis 20 ans. Il y a des entraîneurs qui vont suivre un chemin en ligne droite, mais pas moi. Je n’abandonne pas le rêve de la LNH. Jim Montgomery était passé de l’Université de la LNH (Université de Denver aux Stars de Dallas) et David Quinn avait aussi fait la même chose (Université de Boston aux Rangers de New York). 

Sur le plan familial, il y aura encore de la jonglerie à prévoir. Sa conjointe et sa plus jeune fille de sept ans resteront encore à Plattsburgh dans l’État de New York. Si elles faisaient souvent la route vers Laval depuis trois ans lors des fins de semaine, elles feront maintenant le trajet de près de deux heures pour se rendre à Postdam. 

« Les voyages font partie de ma vie depuis longtemps, a dit Houle en riant. Mes trois enfants sont nés dans trois États différents aux États-Unis. Ça ne me fait pas trop peur. J’aurai toujours mon pied-à-terre à Plattsburgh et maintenant une autre place à Postdam au lieu de Laval. »

Sa fille de 21 ans étudie à l’Université en Californie, alors que son garçon de 20 ans est à l’Université de l’État de New York, tout près de Clarkson. 

Un bilan positif à Laval

Le Rocket a montré un dossier de 33-31-8 cette saison et raté les séries éliminatoires de la Coupe Calder, mais l’équipe est demeurée dans le coup jusqu’à la toute fin de la saison.

« Nous tenons à remercier Jean-François pour sa contribution au développement de la culture de notre organisation et de nos joueurs, a déclaré Sedgwick. Durant ses trois années à la barre du Rocket, son dévouement et son expérience auront permis à l’équipe d’être très compétitive, tout en préparant adéquatement de nombreux joueurs à faire le saut dans la LNH. Nous lui souhaitons la meilleure des chances pour ce prochain chapitre de sa carrière. »

Le natif de Charlesbourg a conservé une fiche de 105-86-25 à ses trois campagnes derrière le banc du Rocket. Sous ses ordres, le club lavallois a participé aux séries éliminatoires deux fois en trois ans et a notamment atteint la demi-finale de la Coupe Calder en 2021-22, à sa première saison à la barre de l’équipe.

Martin Laperrière (entraîneur adjoint), Marco Marciano (entraîneur des gardiens) et Charles Juneau (entraîneur vidéo) avaient eux aussi obtenu une prolongation de contrats de plusieurs années en même temps que Houle le 29 mai.