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Le travail ne fait que commencer pour Samuel Morin

Après avoir travaillé d'arrache-pied pour recouvrer la santé, le défenseur québécois veut conserver son poste chez les Flyers

par Guillaume Lepage @GLepageLNH / Journaliste LNH.com

Loin des projecteurs et de l'attention qui lui ont autrefois été réservés - surtout à son année d'admissibilité au repêchage, en 2013 - Samuel Morin travaillait d'arrache-pied pour un jour tenter de retrouver sa place au soleil. Pour enfin toucher à son rêve qui lui filait entre les doigts depuis tant d'années.

En cause, des blessures à la hanche et au genou qui ont nécessité des opérations en 2017, en 2018 et en 2019. Entre la fin de la saison 2016-17 et le début de la présente campagne, il n'a disputé que neuf matchs avec les Flyers de Philadelphie et 20 avec le club-école de Lehigh Valley, dans la Ligue américaine de hockey (LAH).

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À la veille de son neuvième match de la saison avec le grand club - son cinquième de suite - inutile de spécifier que le gaillard de 6 pieds 6 pouces et 202 livres savoure absolument chaque moment de son grand retour. Et ce, malgré la séquence difficile que traverse son équipe.

« Il y a beaucoup de gars qui ne réalisent pas comment ils sont chanceux de vivre l'expérience de la LNH », a-t-il lancé avec un grand sourire, vendredi. « Moi, j'en profite chaque jour. Je reviens de loin et je suis tellement reconnaissant. Je suis simplement content de revenir dans une équipe.

« J'ai encore tellement de travail à faire. Je joue en ce moment, mais ce n'est pas fini. […] Je veux vraiment rester dans mon siège, et pour y arriver, je dois toujours bien faire dans les matchs ou dans les entraînements. Il n'y a pas de répit. Je dois montrer que j'ai ma place ici. »

Cette place sur la brigade défensive de la troupe d'Alain Vigneault, elle est loin d'être assurée. Il n'y a pas si longtemps, l'état-major de l'équipe lui a proposé de se convertir en attaquant pour augmenter ses chances de faire le saut dans la LNH.

L'ancien choix de première ronde (11e au total en 2013) avait accepté sans rechigner. Il s'est alors vu offrir l'occasion de travailler avec ses compatriotes Ian Laperrière, qui est adjoint à Philadelphie, et Daniel Brière, qui gravite autour de l'organisation, pour apprendre les bases de sa nouvelle position.

Morin n'aurait pu demander bien mieux comme mentors.

« Je ne pense pas avoir apporté grand-chose à Samuel. C'est lui qui a mis les efforts, qui a travaillé fort et qui s'est donné une nouvelle chance. Je lui lève mon chapeau », a indiqué Brière, qui est officiellement le vice-président des opérations des Mariners du Maine, le club affilié aux Flyers dans l'ECHL.

« Il s'est montré ouvert au fait d'apprendre une nouvelle position et il a toujours eu une bonne attitude. On se disait que le fait de jouer à l'attaque allait lui donner la chance de jouer davantage après des années d'absence. Finalement, le destin a bien fait les choses. »

Après quatre matchs comme attaquant à Philadelphie, une hécatombe à la ligne bleue du club-école a incité l'état-major à le renvoyer dans la Ligue américaine pour combler les besoins.

C'est à ce moment qu'il est retombé en amour avec sa position et qu'il a passé un coup de téléphone au directeur général Chuck Fletcher pour lui indiquer qu'il préférerait demeurer en défensive. Quelques semaines plus tard, le 25 mars, il était rappelé chez les Flyers comme défenseur. Et il y est toujours.

« L'important c'est de toujours être honnête, a-t-il fait valoir. Je leur ai seulement dit ce que je préférerais, mais que je demeurais toujours ouvert. Je suis un gars d'équipe et s'ils pensent que je peux les aider à l'attaque, je suis prêt à le faire. Il faut être honnête dans la vie. Après, j'ai simplement joué du bon hockey.

« J'ai quand même appris de Daniel et de Ian, ce sont deux personnes incroyables qui m'ont tellement aidé. Jouer à l'attaque m'a aussi permis de comprendre comment les attaquants pensaient. C'est un jeu complètement différent et je considère ça comme une belle expérience. »

Soutien

Cette histoire en est une de résilience, mais elle en est aussi une de confiance. À travers les hauts et les bas, les blessures, les opérations et les longues périodes de réadaptation, les Flyers n'ont jamais abandonné le projet qu'ils ont en tête avec Morin en le gardant sous contrat et en l'encadrant le mieux possible.

L'arrière de 25 ans le leur a bien rendu en investissant temps et efforts pour revenir au sommet de son jeu.

« Une des choses qui revient couramment, c'est que tout le monde qui côtoie Samuel l'adore, a vanté Brière. C'est une bonne personne et un excellent coéquipier. C'est sûr qu'il y avait des doutes comme organisation, mais on lui souhaitait tous le meilleur et on était derrière lui. »

On a pu le constater, samedi dernier, quand Morin a inscrit le premier but de sa carrière dans la LNH - celui qui a fait la différence dans un gain de 2-1 contre les Rangers de New York. Le jeune homme originaire de Lac-Beauport était aux anges, mais ses coéquipiers semblaient être encore plus heureux.

Video: NYR@PHI: Morin fait mouche de la pointe

« Mes coéquipiers sont tous mes meilleurs amis, a dit Morin. On a tellement un bon groupe. Ça part d'en haut et ça découle jusqu'aux joueurs. Même si je ne jouais pas, je sentais que je faisais partie de cette équipe. J'étais toujours à l'aréna, je m'entraînais dans le gymnase avec eux.

« Oui, j'étais dans l'ombre et personne ne parlait de moi, mais je travaillais extrêmement fort et j'arrivais toujours avec le sourire et une histoire drôle pour faire rire les gars. Ce rôle est difficile à jouer, mais il faut toujours avoir une bonne attitude. Les gars l'ont vu en moi. »

C'est en plein pour cette raison que Brière n'a pu s'empêcher de sourire quand il l'a vu inscrire son tout premier but, alors qu'il regardait le match à la télévision.

« J'en ai eu des frissons, a avoué l'ancien Flyer. C'est vraiment cool comme histoire. Après avoir vu tout ce qu'il a fait dans les dernières années pour se rétablir, et même essayer de s'ajuster pour trouver une façon d'aider l'équipe, c'était vraiment spécial de voir ça. Ça n'aurait pas pu arriver à une meilleure personne. »

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