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Bonjour à vous tous,

Je vous parle pour une dernière fois cette saison. Je viens juste de terminer mes entrevues dans le vestiaire des Canadiens. Dans quelques minutes, je rencontrerai les dirigeants de l’équipe pour revenir sur ma deuxième saison à Montréal. 

C’est fou comme le temps passe vite. C’est déjà l’heure des au revoir au sein de notre vestiaire. Nous fermons un chapitre, mais nous avons déjà hâte au prochain. J’aime la façon dont nous construisons notre équipe. 

Pour ma part, je ne rangerai pas mes bâtons et mes patins trop longtemps. Je m’offrirai quelques jours de repos, mais je repartirai probablement la semaine prochaine pour la Slovaquie. 

Je représenterai mon pays au Championnat du monde qui se déroulera à Prague et Ostrava en Tchéquie (10 au 26 mai). Je participerai au Mondial pour une troisième fois (2021, 2022 et 2024). 

J’aime jouer pour mon pays. Le Championnat du monde se déroulera en Tchéquie. Il y aura donc plusieurs partisans de la Slovaquie dans les gradins. Ce sera génial. Pour moi, c’est une motivation de plus à y participer. C’est près de ma ville natale (Kosice) et ma famille pourra venir me voir jouer, tout comme mes amis. 

J’aimerais mieux jouer en séries, mais je réalise toujours une forme de rêve quand je représente la Slovaquie sur la scène mondiale. Je crois que nous aurons une bonne équipe cette année. J’ai hâte aussi de renouer avec Craig Ramsay qui sera encore notre entraîneur-chef. Il pourrait s’agir de son dernier tournoi. Craig m’a beaucoup aidé, il a façonné un peu mon chemin vers la LNH. Je risque de jouer pour lui une dernière fois. 

Craig m’a enseigné plusieurs choses, mais il m’a surtout offert une liberté. Je pouvais m’exprimer sur la glace avec lui. J’avais la chance d’être un attaquant créatif dans le territoire offensif, j’avais plus de règles dans mon propre territoire. Je n’avais pas toujours ce luxe avec d’autres entraîneurs. Il y a aussi très peu d’entraîneurs qui auraient eu le courage d’inviter un adolescent de 16 ans à jouer pour l’équipe nationale. 

Pour l’instant, la médaille de bronze aux Jeux olympiques de 2022 (Pékin) est la plus grande réalisation de ma carrière. La seule chose qui peut battre une médaille aux Jeux, c’est de gagner la Coupe Stanley. 

J’ai bon espoir que nous aurons une bonne équipe pour le Mondial. Mais je ne veux pas parler de nos attentes ou de nos objectifs. Nous disons souvent trop des choses et nous n’atteignons pas nos objectifs. Je préfère garder le silence. J’espère que nous connaîtrons un beau parcours. 

Avec l’équipe slovaque, je renouerai avec mon grand ami, Simon Nemec. J’aime toujours passer du temps avec lui. J’espère que nous jouerons ensemble en supériorité numérique. Nous nous en parlons déjà. Je retrouverai aussi de très bons amis au sein de l’équipe slovaque. C’est toujours un moment spécial de vivre un tel tournoi. 

Je sais aussi que je croiserai Cole Caufield au Mondial. J’ai regardé l’horaire et j’ai encerclé la date du 13 mai. Il y aura un match entre les États-Unis et la Slovaquie à Ostrava. 

Croissance et patience

Au dernier match de l’année, j’ai marqué mon 20e but de la saison et j’ai aussi obtenu une passe sur un but de Caufield. J’ai ainsi atteint deux objectifs dont je vous avais parlé lors de ma dernière chronique : 20 buts et 50 points.  

J’ai bondi de joie en redirigeant un tir de Lane Hutson pour déjouer le gardien des Red Wings (James Reimer). Comme je le disais à la blague après la rencontre, c’était un but qui coûtait cher (boni de 250 000 $). Mais pour moi, c’est plus anecdotique. 

On m’a beaucoup questionné sur mes progrès lors de mon bilan avec les journalistes. Je repense à ma deuxième saison et je ne sais toujours pas comment la décrire. J’étais heureux de voir une croissance dans mon jeu. J’ai appris énormément de choses à propos de moi. J’ai aussi appris à devenir patient. Je dirais que la patience est le bon mot pour résumer cette deuxième campagne. 

J’en veux encore plus pour l’an prochain. J’ai connu une bonne deuxième moitié de saison, mais je voudrai reprendre sur le même rythme la saison prochaine. 

Il y a aussi une autre grande motivation. J’ai tellement hâte de découvrir le hockey des séries à Montréal. Je joue pour ça. Je veux vivre l’expérience des séries. J’aimerais voir l’ambiance. Notre édifice est déjà bruyant pour une rencontre de saison lors des mois de novembre ou de mars. Je n’ose pas imaginer l’atmosphère en avril, mai ou juin. 

Je vous salue et je vous souhaite un bel été. À la saison prochaine !

*Propos recueillis par Jean-François Chaumont, journaliste principal LNH.com

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