Laperrière a servi d'inspiration pour Desnoyers bien avant de le diriger
Le père de la recrue québécoise des Phantoms de Lehigh Valley et son entraîneur ont évolué ensemble dans le hockey mineur

Laperrière a eu une influence indirecte sur le développement de Desnoyers, qui dispute une première saison dans les rangs professionnels, bien avant que les deux hommes n'évoluent dans la même organisation avec le même but en commun, soit celui d'aider le natif de Saint-Hyacinthe à atteindre la LNH.
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Le père d'Elliot, David Desnoyers, était adolescent lorsqu'il évoluait au niveau midget AAA avec le Canadien de Montréal-Bourassa, où l'un de ses coéquipiers était un certain ailier droit nommé Ian Laperrière. Au cours de la saison 1989-90, Desnoyers a inscrit deux buts en 35 matchs, tandis que Laperrière ne terrorisait pas non plus les gardiens adverses avec seulement quatre buts en 22 rencontres.
Il y a toutefois quelques éléments du jeu de Laperrière qui ont retenu l'attention de David. Son éthique de travail. L'intensité qu'il déployait, autant à l'entraînement que dans les matchs. Sa détermination.

Ce sont tous ces attributs qui ont éventuellement permis à Laperrière de briller dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec avant de connaître une carrière de plus de 1000 matchs dans la LNH.
« J'ai joué avec son père lorsque j'avais 12, 13, 14 et 15 ans », a raconté Laperrière au sujet de l'attaquant recrue des Phantoms, réclamé en cinquième ronde (135e) par les Flyers de Philadelphie au repêchage 2020. « Nous avons ensuite été des adversaires dans les rangs juniors. Aujourd'hui, je dirige son fils, ce qui est assez cool! Son père était défenseur, un défenseur très robuste. Il pouvait laisser tomber les gants et il pouvait jouer de manière dure. C'est quand même drôle qu'il ait engendré un petit attaquant talentueux. Ils ont toutefois une chose en commun : ce sont des compétiteurs. Son père était un compétiteur, et je vois la même chose chez son fils. »
Elliot Desnoyers est né en 2002 et a appris à patiner à un très jeune âge. David lui racontait des histoires et lui prodiguait les leçons qui découlaient de son expérience et de son passage dans la LHJMQ, les rangs universitaires canadiens et les ligues seniors du Québec. Parmi ces histoires, on retrouvait quelques anecdotes de l'époque où il partageait le vestiaire du très travaillant Laperrière.
Lorsque le talentueux Elliot a été sélectionné en 2020 par les Flyers, avec lesquels Laperrière agissait alors comme entraîneur adjoint, le scénario était presque trop parfait.
« Oui, c'était assez cool, a reconnu Laperrière. Je savais que j'allais être l'entraîneur de son fils deux ou trois ans plus tard, et nous y sommes maintenant. J'ai communiqué avec son père lorsque nous l'avons repêché, et je lui ai dit que j'allais m'assurer d'aider son fils à devenir un bon professionnel. »
« C'était assez drôle en fait, a reconnu Elliot. Avant même d'avoir été repêché par les Flyers, mon père me racontait souvent des histoires pour souligner l'importance du travail acharné, et il se servait toujours de 'Lappy' comme référence. C'est donc super drôle qu'il soit maintenant mon entraîneur. Je peux maintenant voir par moi-même de quoi il parlait. Il est vraiment un excellent leader pour notre équipe.
« Mon père me parlait de joueurs qui étaient un peu brouillons, et qui voulaient simplement avoir du plaisir quand ils étaient jeunes. Lappy était déjà à cette époque quelqu'un qui travaillait très fort et qui était prêt à connaître une carrière chez les professionnels un jour. »

Si le paternel ne se gênait pas pour chanter les louanges de Laperrière, c'est qu'il avait vu les résultats de tous les efforts investis par son ancien coéquipier. Ces efforts lui ont d'ailleurs permis de jouer pendant 16 saisons dans la LNH avec les Blues de St. Louis, les Kings de Los Angeles, les Rangers de New York, l'Avalanche du Colorado et les Flyers.
« C'est agréable à entendre, a noté Laperrière. Je sais que lorsque nous étions plus jeunes et que nous étions dans la même équipe, je n'étais pas le joueur le plus talentueux. J'ai simplement travaillé. C'est bien de savoir qu'il m'utilisait comme un exemple à suivre. »
Laperrière est toutefois conscient que ce sont les gens les plus près d'Elliot qui ont eu le plus grand impact sur lui
« Il y a son père qui a aussi grandi en jouant au hockey, a souligné Laperrière. Quand vous regardez Elliot jouer, vous pouvez savoir qu'il a grandi dans une famille de hockey. C'est dans les détails. Ça me fait penser aux frères Cates (Noah et Jackson). On peut savoir qu'un jeune a grandi avec ce sport quand on le regarde à l'œuvre. Quand Elliot regardait un match avec son père, ils pouvaient discuter des nuances. On peut le remarquer quand on voit les détails de son jeu avec son bâton, les détails dans son jeu mental, tout ce qu'il fait sur la glace. On peut voir qu'il est un étudiant du jeu, et c'est parce qu'il a regardé beaucoup de hockey avec son père. »
Desnoyers a impressionné dès le début de sa carrière professionnelle. Il est devenu le premier joueur de l'histoire de Lehigh Valley à toucher la cible à chacun de ses trois premiers matchs. Avec ses mains, sa vitesse et son excellent sens du jeu, le Québécois a pu obtenir des chances de marquer depuis l'enclave, l'embouchure du filet ou encore sur des échappées.
Les succès hâtifs de Desnoyers dans les rangs professionnels ne représentent toutefois pas vraiment une surprise. Il venait de connaître une saison de 42 buts à titre de capitaine des Mooseheads de Halifax dans la LHJMQ. Quelques mois plus tard, il remportait la médaille d'or au Championnat mondial junior au terme de la victoire du Canada en prolongation contre la Finlande en finale à Edmonton.
« Il s'agit assurément de l'une des meilleures sensations de ma vie, un moment que je n'oublierai jamais, a reconnu Desnoyers. C'était une expérience incroyable. Je ne suis toujours pas capable de bien cerner quelles émotions j'ai ressenties à ce moment-là. C'était un rêve qui est devenu réalité. Je regarde ce tournoi depuis que j'ai quatre ans, et je l'ai remporté à 19 ans. J'ai toujours rêvé de ça. Ce fut un moment fantastique. »
Tout ce succès - combiné à son sens du jeu, ses aptitudes et ses connaissances ― font en sorte que Desnoyers a très bien cadré au niveau suivant. Laperrière le qualifie de leader même si l'attaquant de 20 ans est l'un des plus jeunes joueurs de l'équipe.
« Lorsque je suis sur le banc, je parle beaucoup, a révélé Desnoyers. Je suis moi-même. J'aime penser que je suis un leader positif, je tente d'encourager les gars ou dire ce que j'ai besoin de dire quand je pense que c'est nécessaire. Je ne me gêne pas non plus pour dire à mes compagnons de trio ou à quelqu'un sur la glace qu'ils peuvent faire quelque chose de différent. Je crois que ça aide tout le monde, et c'est important d'avoir une certaine communication. »
« Il doit parler, a renchéri Laperrière. Quand un joueur joue comme il le fait, et qu'il le fait sans arrêt, il doit avoir le droit de parler et de le faire de manière positive. Les bottines doivent cependant suivre les babines, et c'est son cas jusqu'ici. »
Est-ce que les Flyers ont réalisé un vol en cinquième ronde en réclamant Desnoyers? Laperrière croit assurément que c'est possible.
« Je suis persuadé que plusieurs équipes l'aimaient beaucoup, mais avaient quelques doutes en raison de son gabarit (5 pieds 11 pouces, 183 livres), a avancé Laperrière. Il possède toutefois la plus belle des qualités : il est un joueur de hockey. Quand on parle à ce jeune, on comprend qu'il mange du hockey. Il saute sur la glace et il travaille sur les petites choses… il travaille sur son lancer, mais porte une attention particulière sur son revers et sur les petites choses que les jeunes ne font pas s'ils ne vivent pas que pour ce sport. Quand je l'ai côtoyé au camp des Flyers cette année et l'année dernière, j'ai immédiatement pu voir ça chez lui. »
Et c'est là que l'influence de Laperrière sur son ancien coéquipier d'enfance, et maintenant sur le fils de ce dernier, permet aux Flyers de miser sur un espoir qui semble en voie de réaliser pleinement son potentiel.
« Lorsque vous misez sur ce type d'attitude et d'éthique de travail avec ce genre d'aptitudes, il n'y a aucune limite, a affirmé Laperrière. Il se donne la meilleure des chances de jouer dans la LNH un jour. »

















