L'étrange créature qu'est le Kraken de Seattle n'a pas mis beaucoup de temps avant de se métamorphoser en équipe de hockey de premier plan.
Pour l'attaquant québécois Yanni Gourde, les acquisitions de l'ailier Andre Burakovsky et du défenseur Justin Schultz ainsi que l'émergence de la jeune supervedette Matty Beniers constituent en bonne partie l'explication aux succès de l'équipe de deuxième année seulement.
La métamorphose du Kraken, vue par Yanni Gourde
La venue de Burakovsky et l'émergence de Beniers ont donné à Seattle le mordant à l'attaque qui lui a manqué, à sa première saison

Le Kraken représente peut-être la plus grande surprise du premier quart de la saison dans la LNH. Sur une irrésistible lancée de sept victoires, il occupe le cinquième rang au classement des 32 équipes. Sa récolte de 33 points - fiche de 15-5-3 - lui confère la deuxième position de la section Pacifique, derrière les Golden Knights de Vegas.
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« Dès le camp d'entraînement, avec les nouveaux joueurs et la progression de Beniers, on voyait que nous avions les éléments pour être dans la lutte pour l'obtention d'une place en séries éliminatoires », a confié Gourde en entrevue à LNH.com, vendredi après-midi.
« Ce n'est pas que la formule n'était pas la bonne, la saison dernière, a-t-il repris. Nous avions du succès en jouant un style très rapide et intense, ce que nous faisions la plupart du temps. Mais trop souvent, nous perdions les matchs serrés. Trop souvent, il nous a manqué le but qui aurait pu faire la différence.
« Cette saison, nous avons ajouté à la même recette le mordant à l'attaque que nous n'avions pas », a expliqué le pugnace attaquant natif de Saint-Narcisse-de-Beaurivage, près de la Beauce. « Le jeu de puissance roule relativement bien et nos gardiens nous donnent une chance de l'emporter à tous les matchs. »
Le Kraken est maintenant équipé pour gagner dans tous les styles de jeu, comme on a pu le constater dans la victoire de 9-8 acquise face aux Kings de Los Angeles cette semaine.
« Ce n'est pas le style qui va nous permettre d'avoir du succès sur une base régulière, mais nous avons quand même accepté les deux points de classement », a-t-il lancé avec un sourire dans la voix.
N'empêche, le Kraken a « plus de swag offensivement », comme Gourde le verbalise, grâce à Burakovsky et à Beniers, qui sont les deux meilleurs marqueurs de l'équipe, et à l'apport des défenseurs Schultz et Vince Dunn.
« Ça nous donne du réconfort et du sang-froid. Nous pouvons afficher plus de patience parce que nous savons que nous pouvons marquer des buts. »
Gourde n'a pas tari d'éloges à l'endroit du vétéran Burakovsky, qui élève son jeu après avoir évolué dans l'ombre de grandes vedettes de l'Avalanche du Colorado, et de Beniers, un jeune homme sérieux et vaillant qui progresse à pas de géant.
Affamé Beniers
Il s'est beaucoup attardé sur Beniers, qui connaît actuellement les meilleurs moments de sa jeune carrière d'à peine une trentaine de rencontres dans la LNH.
« On a vu son potentiel offensif dès son premier match avec nous, la saison dernière. Il nous avait montré de belles choses dans les 10 matchs qu'il avait joués. Au camp cette année, on a remarqué sa progression. Ce n'est pas qu'un très bon jeune joueur, c'est un très bon individu, super gentil et agréable à côtoyer.
« Il se présente à l'aréna pour travailler tous les jours. Il veut toujours apprendre et s'améliorer. Il met tout en œuvre pour réussir. C'est ce qu'on veut voir de jeunes joueurs. »
Après avoir amassé neuf points (3-6) la saison dernière, à l'âge de 18 ans, Beniers a repris là où il avait laissé, avec une récolte de 21 points (10-11) en 23 matchs cette saison.
« Ses cinq derniers matchs ont été ses meilleurs. On voit déjà le gain en maturité. Il retire une grande satisfaction de bien faire en défense. Il ne ménage pas les efforts. Il se replie et gagne ses batailles. Il patine avec la rondelle en zone centrale. Il nous donne du solide hockey. »
La bonne attitude de Wright
Gourde a aussi eu de bons mots à l'endroit de Shane Wright que les amateurs québécois connaissent bien parce qu'il était pressenti pour être le premier choix des Canadiens de Montréal, l'été dernier.
« C'est un très bon jeune homme, agréable à côtoyer », ne s'est-il pas fait prier pour dire. « Il a beaucoup de talent et de potentiel. Il travaille fort dans les pratiques pour devenir meilleur. Mais les jeunes de son âge (18 ans) doivent jouer des matchs. C'est ce que l'équipe lui a permis de faire en l'envoyant dans l'équipe-école et il répond positivement en marquant des buts (quatre en trois matchs). Il est allé chercher du 'swag' dans la Ligue américaine. On verra ce qui arrivera à son retour. Il fait bien les choses et il a une bonne attitude. Je suis emballé pour lui. »
Pour ce qui est de son propre début de saison, Gourde l'a qualifié de bon. Il a 13 points (3-10) à son dossier, après 22 matchs.
« Je n'ai pas connu un gros début, mais je retrouve mon jeu graduellement. Je redeviens moi-même. Je ne dois pas changer mon identité comme joueur. Je dois être dans la face de mes adversaires, être tannant. Tout ira bien si je m'applique sur les détails et que je fais les bonnes choses.
« C'est le 'fun' de jouer dans une équipe gagnante, a enchaîné Gourde. Tu as le sentiment que le rôle que tu joues aide l'équipe. Tu es à l'aise dans ton rôle parce que c'est ce que tu veux faire, au bout du compte, aider l'équipe à connaître du succès. Peu importe le rôle, je serai content si j'aide l'équipe. »
Chez le Kraken, qui accueillera les Canadiens mardi, on dit ne pas prêter l'oreille à l'étonnement ou aux murmures des observateurs.
« Pour nous, tout ce qui compte est le prochain match. Nous ne suivons pas trop ce qui se passe à l'extérieur de notre bulle », a conclu Gourde.

















