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Niché entre Wayne Cashman et Ken Hodge sur la liste des meilleurs pointeurs de l'histoire des Bruins se trouve un joueur qui a parfois été sous-évalué, un joueur qui a évolué dans l'ombre d'un autre centre et un joueur sans qui les Bruins n'auraient probablement pas gagné la Coupe Stanley en 2011 : David Krejci.

Le neuvième meilleur pointeur de l'histoire des Bruins - 786 points (231 buts, 555 passes) en 1032 matchs - a annoncé sa retraite de la LNH lundi après 16 saisons, toutes jouées avec les Bruins. Le joueur de 37 ans natif de Sternberk, en Tchéquie, a été repêché par Boston en deuxième ronde (63e au total) en 2004 et il a fait ses débuts dans la LNH à 20 ans. Il s'est joint aux Bruins à temps plein durant la saison 2007-08, avant de connaître une carrière qui l'a conduit à la finale de la Coupe Stanley trois fois (2011, 2013, 2019) et aux séries éliminatoires de la Coupe Stanley à 13 reprises.

Et c'est toujours à ce moment de la saison que Krejci brillait le plus.

Comme l'ancien coéquipier de Krejci et actuel entraîneur adjoint des Bruins Chris Kelly l'a dit la saison dernière : « Je n'aurais pas une bague (de la Coupe Stanley) sans David Krejci. »

Quand les Bruins ont gagné la Coupe Stanley en 2011, défaisant les Canucks de Vancouver en sept matchs, et lorsque les Bruins ont atteint la finale en 2013, s'inclinant contre les Blackhawks de Chicago en sept rencontres, Krejci a été le meilleur pointeur de la LNH en séries. Il a amassé 23 points (12 buts, 11 aides) en 25 parties en 2011 et 26 points (neuf buts, 17 mentions d'aide) en 22 matchs en 2013.

C'est la raison pour laquelle l'entraîneur à ce moment-là, Claude Julien, n'hésitait pas à dire que quand Krejci va, tout va.

« Il adorait ces situations », s'est remémoré Julien, qui a dirigé Krejci lors de ses 10 premières saisons complètes dans la LNH (2007 à 2017). « Il semblait très heureux en séries. Dans le cas de David, plus le match était important, plus il avait de plaisir et mieux il jouait. »

En 160 rencontres en carrière en séries, Krejci a cumulé 128 points (43 buts, 85 passes), incluant quatre points (un but, trois aides) en quatre parties lors des dernières séries. Il est à égalité avec Patrice Bergeron (170 matchs) et Brad Marchand (146 matchs) au deuxième rang des pointeurs de l'histoire des Bruins en séries, derrière Raymond Bourque (161 points).

« Il ne perd jamais son sang-froid », a lancé son ancien coéquipier Milan Lucic, qui a passé la majeure partie de ses huit premières saisons dans la LNH à l'aile de Krejci. « Quand tu avais besoin d'un gros jeu, d'un gros but ou d'une mention d'aide sur un but important, il répondait toujours présent. »

Avec Krejci et Bergeron, les Bruins ont pu compter sur deux centres de premier plan, ce qui explique en grande partie les succès des Bruins. Et les deux quittent la LNH en même temps, puisque Bergeron a annoncé sa retraite de la LNH le 25 juillet.

« Son impact est très semblable à celui de "Bergy", en ce sens où ce ne sont pas uniquement ses statistiques qui témoignent de son importance pour notre équipe », a noté l'entraîneur des Bruins Jim Montgomery la saison dernière. « Il est calme et affiche énormément d'assurance. Il fait des passes que je ne suis pas capable de prévoir derrière le banc, et ça en dit long sur sa créativité, mais aussi sa compétitivité. Il est très compétitif. »

Montgomery a eu la chance de diriger Krejci après que le centre eut quitté la LNH pendant une saison. Après la saison 2020-21, Krejci a choisi d'aller jouer dans la meilleure ligue professionnelle de son pays natal, où il a pu évoluer devant sa famille et les personnes qui ont sacrifié tellement de choses pour son succès. Il ne savait pas s'il allait jouer en Amérique du Nord par la suite.

Mais il est revenu avec les Bruins pour une saison historique en 2022-23. Boston a établi des records de la LNH pour les victoires (65) et les points (135) en une saison avant de s'incliner dans le match no 7 de la première ronde des séries contre les Panthers de la Floride. Krejci a amassé 56 points (16 buts, 40 passes) en 70 matchs à sa dernière saison dans la LNH, son plus haut total de points depuis qu'il avait égalé son record personnel dans la LNH avec 73 points (20 buts, 53 aides) en 81 rencontres en 2018-19. C'est aussi cette année-là que les Bruins sont allés en finale de la Coupe Stanley pour la dernière fois.

La saison a toutefois été dure pour Krejci, puisque son épouse Naomi et leurs deux enfants, Elina et Everett, ont passé l'année en Caroline du Sud, où Krejci compte demeurer après sa retraite.

« Ç'a été l'une des meilleures saisons, mais aussi l'une des pires », a expliqué Krejci après l'élimination des Bruins. « Ç'a été une montagne russe. À quelques reprises cette année, il y a eu des moments où ça allait moins bien et où je voulais ramasser mes choses et repartir chez moi. De ce point de vue là, ç'a été difficile, mais en venant ici chaque jour et en voyant les gars, je me disais que tout ça en valait la peine. »

En revenant la saison dernière, Krejci a pu jouer son 1000e match avec les Bruins. Il se classe au cinquième rang de l'histoire de l'équipe pour les parties jouées (1032), avec 20 de moins que le directeur général de Boston Don Sweeney. Il est également cinquième pour les passes (555) dans l'histoire des Bruins, soit 18 de moins que Bergeron au quatrième échelon.

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Mais Krejci n'a jamais attiré l'attention sur lui. Il était satisfait de jouer derrière Bergeron, de soutenir l'équipe, et ultimement, de l'aider à gagner.

« Il l'a fait discrètement, car c'est la personne qu'il est, a dit Julien. Je pense qu'il ne se souciait pas beaucoup des honneurs individuels. Il voulait simplement faire les choses de la bonne façon. »

Et peu de joueurs ont aimé jouer avec Krejci autant que Lucic, qui a signé un contrat avec les Bruins après huit saisons loin de Boston.

Lucic a été un témoin privilégié du dévouement et de la détermination de Krejci à partir de 2007-08, une saison lors de laquelle Krejci était de la formation partante en début de campagne avant d'être rétrogradé avec les Bruins de Providence, dans la Ligue américaine de hockey, pour la majeure partie du mois de novembre. Au retour de Krejci, Lucic a tout de suite vu un changement.

« On pouvait voir le feu en lui et on voyait qu'il était un compétiteur, même s'il ne prend pas beaucoup de place, a raconté Lucic. Il n'est pas le joueur qui va crier dans le vestiaire et balancer des clichés. Mais c'est à ce moment-là qu'il s'est trouvé une identité avec son jeu. »

Krejci a toujours été une présence rassurante, un joueur cérébral qui utilisait sa vision et son sens du jeu pour contrôler le jeu et créer des occasions pour les autres. Il était dynamique sur le plan défensif également, un aspect qu'on oublie parce que Bergeron a remporté le trophée Selke, remis au meilleur attaquant défensif de la Ligue, à six reprises, un record de la LNH.

Mais ça ne fait pas de Krejci un joueur moins important.

« Il voyait le jeu comme ceux qui regardent le match depuis la galerie de presse, a affirmé Kelly. Il était deux pas en avance sur tout le monde. »

C'est la raison pour laquelle il est aujourd'hui l'un des grands de l'histoire des Bruins.

« Ce qui ressort le plus est son sens du jeu et sa capacité à rendre tout le monde autour de lui meilleur, a mentionné Lucic. Quand il a la rondelle, que ce soit en zone neutre ou en territoire offensif, c'est presque comme s'il dictait le jeu. Beaucoup de gens vont dire qu'il ralentit le jeu, mais en fait, il impose le rythme auquel il veut jouer.

« Tous les joueurs qui ont eu le plaisir de jouer avec lui ont connu de très bonnes saisons. Il est le compagnon de trio de rêve. »