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BROSSARD – Jakub Dobes avait un grand sourire dans le visage. Encerclé par une poignée de journalistes pour une première fois depuis qu’il avait versé une petite larme jeudi dernier à Newark, le Tchèque de 24 ans a décrit cet incident avec son sens de l’humour habituel.

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« Il n’y a pas de déception, pas du tout », a-t-il assuré mercredi à sa sortie d’un entraînement. « Après le match, j’étais correct dans l’avion. Pour revenir sur cet incident, je veux vous dire que vous n’avez pas à vous en faire avec moi. Il y a des matchs qui ont une plus grande symbolique. J’ai pris cette défaite de façon trop personnelle. Chaque fois que je porte ce chandail, je le fais avec beaucoup de fierté et avec cœur. Je suis un gars émotif, probablement plus que plusieurs de mes coéquipiers. »

Avant d’arriver au Prudential Center au New Jersey la semaine dernière, Dobes avait un dossier parfait (6-0-0) avec une moyenne de buts alloués de 1,97 et un taux d’efficacité de ,930. Le gardien recrue avait même hérité du titre de troisième étoile du mois d’octobre dans la LNH.

Il n’y avait rien pour laisser présager une telle vague d’émotion après un premier revers pour lui cette saison. Les Devils ont signé un gain de 4-3 en prolongation. Jesper Bratt a marqué le but vainqueur en s’échappant après une gaffe d’Alex Newhook.

Newark, qui ne se compare en rien à une ville comme Rome sur le plan de sa beauté, porte malchance à Dobes. L’an dernier, le Tchèque avait également encaissé son premier revers de l’année face aux Devils. C’était le 25 janvier 2025 lors d’une défaite de 4-3, encore une fois en prolongation. Jack Hughes avait réussi le but décisif contre Dobes.

« Ils m’ont battu l’an dernier, et je m’étais promis que ça n’arriverait plus, a-t-il mentionné. Ça s’est passé de la même façon que l’an dernier, et je voulais vraiment les battre parce que c’est une bonne équipe. J’aurais probablement dû prendre quelques minutes de plus pour moi, mais ça allait vite et c’est tout simplement arrivé. Je voulais gagner ce match.

« Chaque match que je joue, je veux vraiment gagner, pour l’équipe, pour les partisans et pour moi, a-t-il poursuivi. Certains matchs sont plus significatifs et celui-là l’était pour moi. Ça arrive, c’est du hockey, mais la saison est jeune. Il n’y a pas de pression. »

Après sa mêlée de presse dans le vestiaire de l’équipe adverse jeudi soir, Dobes avait reçu un câlin de Chantal Machabée, qui avait retrouvé son chapeau de maman en plus de celui de vice-présidente aux communications afin de consoler un joueur de l’équipe.

Près d’une semaine après ce match, le Tchèque a profité de bien assez de temps pour décanter cette histoire. Quand on lui demande ce qu’il a appris de cette rencontre, il offre une réponse à son image.

« Non, je n’ai pas appris un truc en particulier, a-t-il répliqué. Je vais toujours rester moi-même, je vais toujours me battre pour cette organisation, cette ville. Peu importe ce que je fais, ce sera ma décision. Je n’écouterai personne, sauf mes entraîneurs, mes coéquipiers, mes amis, ma famille. Je veux être moi-même. Ça m’a permis de me rendre loin, jusqu’ici. Évidemment, je vais devenir plus mature, mais je ne veux pas perdre ma personnalité. »

Dobes enfilera son masque et ses jambières jeudi soir contre les Stars de Dallas. Martin St-Louis misera sur lui pour voir son équipe rebondir après la défaite de 5-1 subie mardi contre les Kings de Los Angeles.

S’il n’y a rien de mal à montrer ses émotions publiquement, Dobes se doutait qu’il se ferait taquiner par ses propres coéquipiers. Il s’attend aussi à recevoir des commentaires de la part des rivaux lors des prochains jours. Il est prêt à composer avec cette possibilité.

« J’aime ça quand ça devient plus personnel, a-t-il répliqué. Ils peuvent faire ce qu’ils veulent, et puis j’ai Arber (Xhekaj) dans mon équipe. Je serai donc correct. »

Brendan Gallagher, le doyen de l’équipe à 33 ans, a parlé avec son jeune gardien lors des derniers jours.

« Nous lui avons tous glissé quelques mots pour l’encourager, a affirmé Gallagher. Il sera le premier à reconnaître qu’il doit oublier ce match. C’est la nature du sport. Dans une saison de 82 matchs, il y en aura de mauvais. Mais tu dois trouver des façons de te relever. Jakub reste un gardien recrue et il apprend à gérer la pression. Il sait que nous serons toujours là pour l’aider. Il connaît un très bon début de saison. »

À la recherche de constance

En ce mercredi où une fine neige tombait encore une fois dans la région de Montréal, Samuel Montembeault a également fait un brin de jasette avec les journalistes. Pour une très rare fois, il n’avait pas rencontré les médias après le revers face aux Kings.

Toujours honnête dans ses analyses, le gardien québécois a reconnu que la constance représente un enjeu pour lui cette saison.

« Oui, j’ai eu un peu de misère avec ma constance, a-t-il mentionné. J’avais aimé mon match juste avant contre l'Utah. Mardi, j’ai eu de la misère à rester constant, mais à l’intérieur même du match. J’ai eu de très bons moments et ensuite, j’ai donné deux buts rapides. C’est important de travailler sur cet aspect. Je dois jouer 60 bonnes minutes. »

Relancé pour connaître les raisons des hauts et des bas à l’intérieur d’un même match, le numéro 35 n’avait pas une explication précise.

« Non, je n’ai pas une seule explication, a-t-il souligné. Parfois, c’est de mauvais rebonds. Mais ça doit venir de moi. J’ai besoin de me concentrer afin d’offrir une sortie de 60 minutes. Je ne donne pas toujours de mauvais buts. Je dois travailler fort. »

Après neuf matchs cette saison, Montembeault a maintenant une fiche de 4-4-1 avec une moyenne de 3,52 et un taux d’efficacité de ,861.