MONTRÉAL – Nick Suzuki, Noah Dobson, Josh Anderson et Alexandre Carrier, les quatre joueurs présents dans le vestiaire des Canadiens de Montréal après ce revers de 5-1 contre les Kings de Los Angeles, ont résumé ce faux pas d’une manière assez semblable: « l’exécution n’y était pas. »
« Les Kings ont de l’expérience, ils ont plusieurs vétérans et ils ont joué de la bonne façon, a murmuré le défenseur Alexandre Carrier. Ils ont joué un meilleur match que nous. Nous manquions d’exécution. Quand tu joues contre une équipe comme les Kings et que ton exécution est croche, tu finis par passer moins de temps en zone offensive. »
« Il n’y a pas qu'un seul facteur pour expliquer ce revers, mais nous manquions d’exécution », a renchéri le capitaine, Nick Suzuki. « Nous avons aussi manqué d’ardeur dans notre territoire. Dans notre zone, nous avons regardé certains jeux. Nous patinions, mais nous n’éliminions pas les jeux. Nous avons passé trop de temps dans notre propre territoire. »
Le CH n’a jamais percé le mur défensif des Kings après les trois buts rapides des visiteurs au début de la deuxième période. Quand ils finissaient par rentrer en territoire ennemi, le Tricolore perdait la rondelle avec une mauvaise passe. Trop souvent, les locaux ont fait la gaffe de tomber dans la dentelle.
En conférence de presse, Martin St-Louis avait un discours semblable à celui de ses joueurs.
« Je dirais que la différence, c’est que nous avons dormi au gaz pendant trois minutes en deuxième période, a-t-il affirmé. Les Kings ont une équipe avec plusieurs vétérans et ils ont fermé le jeu après ça. Nous n’avions pas notre exécution pour briser ça de l’autre bord.
« En première période, nous avons généré des chances, a-t-il poursuivi. Mais quand les Kings ont pris l’avance, c’était dur. Nous n’avions pas l’exécution pour fabriquer des jeux. Nous n’étions pas là en ce qui concerne l’exécution. Ça prend de l’exécution contre une équipe qui resserre le jeu et qui ne donne pas d’espace pour y aller de petites passes. C’est une équipe de vétérans, c’est difficile de jouer contre eux quand ils mènent. »
Le CH avait marqué le premier but de la soirée. Josh Anderson, qui n’avait qu’un but en 15 matchs avant la visite des Monarques, a sorti un tir sur réception des grands jours pour déjouer le gardien Darcy Kuemper à la fin du premier tiers. Un but dans la dernière minute d’une période donne généralement des ailes à une équipe.
Mais ce ne fut pas le cas cette fois. Les Kings ont rebondi avec trois buts au début de la deuxième période. Joel Edmundson a ouvert le bal en décochant le tir le plus puissant cette saison (96,75 mp/h) pour battre Samuel Montembeault. Quinton Byfield et Kevin Fiala ont ensuite touché la cible dans un intervalle de 65 secondes. En l’espace de 4 min 05 s, les visiteurs ont marqué à trois reprises. C’était assez pour fermer les livres.
« Ils voulaient plus ce match que nous », a résumé Anderson, l’un des rares attaquants qui avaient de l’énergie.
Sur le strict plan des statistiques, les Kings forment une bête noire pour le CH. L’équipe californienne a gagné neuf matchs d’affilée. La dernière victoire du Tricolore remonte au 9 novembre 2019.
« Je suis content qu’ils soient dans l’Ouest, a répliqué St-Louis avec le sourire lorsque questionné sur les difficultés des siens face aux Kings. Est-ce que je crois aux [bêtes noires]? Pas nécessairement. Nous aurons une autre chance cette année. »
Une confiance fragile
En poste pour un deuxième match d’affilée, Samuel Montembeault n’a pas gardé son élan de sa dernière sortie face au Mammoth de l’Utah. Le numéro 35 a mal paru sur le troisième but des Kings, celui de Fiala. Il a cherché à rediriger la rondelle en direction de Jayden Struble, mais elle s’est retrouvée sur le bâton de l’attaquant suisse. Fiala aura donc reçu deux cadeaux en ce jour du Souvenir : un de la part de Montembeault et un autre d’Emmanuel Favre, un journaliste suisse, qui lui avait offert une tablette de chocolat de son pays natal après l’entraînement matinal.
Montembeault n’est toujours pas l’unique coupable. Loin de là.
En troisième période, Lane Hutson a joué de mollesse devant Joel Armia. Probablement galvanisé par une courte présentation au début de la rencontre, le Finlandais a subtilisé la rondelle à Hutson avec une grande facilité pour s’échapper et ensuite déjouer Montembeault d’un tir vif.
Juraj Slafkovsky a également connu un match pénible. Le Slovaque a trop souvent perdu la rondelle en territoire offensif en y allant pour des passes risquées. St-Louis lui a d’ailleurs envoyé un petit message en fin de match en utilisant Ivan Demidov à sa place aux côtés de Suzuki et de Cole Caufield. Demidov a obtenu trois présences au total à l’aile du premier trio. Mais ce n’était pas plus la bonne recette. Il n’y avait pas de cohésion.
Montembeault, Hutson et Slafkovsky n’ont pas rencontré les médias après la rencontre. Le CH avait visiblement choisi des vétérans pour décortiquer cette défaite face aux Kings.


















