Mais compte tenu de la profondeur de l'équipe à l'attaque et du fait qu'il n'a pas connu le camp « extraordinaire » dont il aurait eu besoin pour convaincre l'état-major qu'il était prêt à faire le saut, le Québécois se fait plutôt les dents dans la Ligue américaine de hockey (LAH), avec les Bears d'Hershey.
« Ils veulent que je prenne de l'expérience, que je m'améliore dans mes batailles et dans les mises au jeu », a expliqué le jeune homme de 20 ans en entrevue téléphonique. « Je dois devenir un joueur constant, au point où ils sauront exactement ce qu'ils obtiendront chaque fois que je vais être sur la glace. »
Ça ne veut pas dire que le choix de première ronde de l'organisation a fait une croix sur son objectif de jouer dans la LNH cette saison. Les souvenirs des six matchs qu'il a disputés il y a un an sont encore frais dans sa tête et il a bien l'intention de se rafraîchir la mémoire.
Depuis quelques semaines, les blessures s'accumulent à Washington et Lapierre avoue « suivre ça de près ». Il ne veut toutefois pas que l'espoir qu'il entretient se transforme en déception chaque fois que c'est le téléphone d'un de ses coéquipiers qui sonne.
« Comme chaque joueur dans la Ligue américaine, je m'assure d'être prêt quand mon tour viendra, a-t-il assuré. Je ne sais pas quand ce sera et je ne veux pas me faire d'attentes pour être déçu ou frustré. Ce serait seulement de l'énergie négative. Je me concentre sur ce que j'ai à faire.
« Si je travaille fort, je sais que je vais être récompensé, que ce soit par des succès dans la LAH ou un rappel dans la LNH. C'est comme ça que j'aborde cette saison. »
Jusqu'à présent, l'ancien des Saguenéens de Chicoutimi et du Titan d'Acadie-Bathurst a amassé un but et cinq aides à ses neuf premières rencontres. Il estime que les choses se déroulent rondement - à part pour un match, a-t-il précisé - et que son adaptation se fait en douceur.
Depuis le début de la campagne, son entraîneur Todd Nelson l'utilise surtout au centre du troisième trio, ce qui peut sembler un peu bas dans la hiérarchie pour un espoir de sa trempe. C'est cependant un débat qui intéresse davantage les partisans des Capitals que le principal intéressé.
Lapierre ne s'attendait quand même pas à déloger Michael Sgarbossa, un vétéran de 11 saisons dans la LAH, et Henrik Borgstrom, qui a joué 52 matchs avec les Blackhawks de Chicago l'an dernier, dès ses premiers pas dans le hockey professionnel.
« Je n'ai aucun problème avec ça, a-t-il affirmé. Le troisième trio joue quasiment autant que le premier, et on a beaucoup de profondeur, donc je suis bien entouré. Si je veux monter dans la hiérarchie, je dois offrir du bon hockey sur une base régulière. J'ai le couteau entre les dents chaque jour pour m'améliorer. »
Un deuxième « père »
Même si les Québécois se font assez rares dans l'organisation des Capitals, Lapierre a trouvé un bon mentor en Zach Fucale à Hershey. Ç'a rapidement cliqué entre lui et le gardien de 27 ans, tellement que ce dernier avait révélé à la blague à l'émission « L'Antichambre » que Lapierre était comme un fils pour lui.
Les deux n'habitent pas sous le même toit - Fucale a un véritable fils depuis février dernier - mais ça n'a pas empêché le vétéran de prendre son jeune coéquipier sous son aile.
« Zach est définitivement l'un des gars que je regarde aller chaque jour et auxquels je parle le plus, a conclu Lapierre. C'est le seul Québécois ici à Hershey. C'est tellement un bon gars que je respecte et que j'apprécie. Passer du temps avec lui, c'est vraiment plaisant.
« Quand j'aurai son âge et que des jeunes vont arriver, c'est sûr que je vais essayer de leur montrer le chemin comme Zach le fait avec moi. »
Photo : Kyle Mace / Bears d'Hershey