Hakstol, Kraken

Dave Hakstol aura un point en commun avec les joueurs qu'il dirigera chez le Kraken de Seattle la saison prochaine. Ignoré par les autres formations, il aura l'occasion de prendre un nouveau départ avec une équipe d'expansion et de prouver qu'il peut connaître du succès dans la LNH.
« Je considère que c'est une chance unique de faire partie d'une organisation que l'on doit bâtir à partir de rien », a déclaré Hakstol jeudi, installé dans la salle de conférence d'un hôtel avec une vue sur le Puget Sound.

Soyons francs : le nom de Hakstol n'était pas celui que les gens croyaient entendre lorsque le Kraken a fait cette annonce tant attendue. Cela peut paraître injuste, mais de l'avis général, il n'aurait pas été le premier ou à tout le moins le meilleur choix de l'organisation.
Gerard Gallant, qui a mené les Golden Knights de Vegas à la finale de la Coupe Stanley lors de leur première campagne en 2017-18, a été embauché par les Rangers de New York le 16 juin.
Rod Brind'Amour, l'entraîneur des Hurricanes de la Caroline, l'ancienne équipe du directeur général du Kraken Ron Francis, a accepté une prolongation de contrat de trois ans avec les Hurricanes et il a remporté le trophée Jack-Adams remis à l'entraîneur de l'année dans la LNH le 17 juin.
Francis a affirmé qu'il y avait près de 100 noms sur la liste initiale du Kraken et qu'il a interviewé huit candidats, certains à plusieurs reprises.
Parmi tous les candidats encore disponibles, tels que l'ancien entraîneur des Rangers David Quinn et l'ancien entraîneur des Coyotes de l'Arizona Rick Tocchet, il a jeté son dévolu sur Hakstol, qui a conservé une fiche de 134-101-42 en un peu plus de trois saisons derrière le banc des Flyers de Philadelphie de 2015 à 2018 et qui a occupé le poste d'entraîneur adjoint lors des deux dernières années avec les Maple Leafs de Toronto.
Cependant, cela ne signifie pas que Hakstol n'est pas le bon choix pour Seattle. Seul l'avenir nous le dira.
Francis a expliqué que le Kraken recherchait quelqu'un qui avait de l'expérience dans la LNH, un bon sens du hockey ainsi que des talents de communicateurs. Il désirait également quelqu'un qui se souciait de ses joueurs afin qu'ils puissent atteindre tout leur potentiel.
« Le candidat qu'on a embauché répond à tous ces critères », a déclaré Francis.
Quoi que vous pensiez du séjour de Hakstol avec les Flyers, il a tout de même participé aux séries éliminatoires de la Coupe Stanley deux années sur trois avant d'être congédié après 31 parties lors de sa quatrième campagne. D'ailleurs, plusieurs entraîneurs ont connu beaucoup plus de succès à leur deuxième chance dans la LNH.
Le plus bel exemple est probablement Peter DeBoer, qui a accédé à la LNH directement de Kitchener dans la Ligue de hockey de l'Ontario, un peu comme Hakstol qui arrivait de l'Université du Dakota du Nord de la Western Collegiate Hockey Association lorsqu'il s'est joint aux Flyers.
DeBoer a présenté un dossier de 103-107-36 de 2008 à 2011 avec les Panthers de la Floride et il n'a jamais participé aux séries éliminatoires. Jeudi, il a révélé qu'il était un meilleur entraîneur lorsqu'il a eu sa deuxième chance dans la LNH avec les Devils du New Jersey en 2011-12. Il avait alors conservé une fiche de 48-28-6 et il avait atteint la finale de la Coupe Stanley. Il a ensuite connu beaucoup de succès avec les Sharks de San Jose et les Golden Knights.
« J'ai connu Dave un peu lors de son premier passage dans la ligue, a indiqué DeBoer. C'est un professeur. Il a une formation en enseignement. Il est pragmatique, alors je serais surpris s'il n'avait pas de succès. »
Francis a ajouté que le Kraken et Hakstol étaient revenus sur son séjour à Philadelphie et sur ce qu'il avait retenu. Il a mentionné que Hakstol avait beaucoup appris de Mike Babcock et Sheldon Keefe à Toronto.
« Il a de l'expérience, a poursuivi Francis. Peut-être qu'à son premier séjour, l'écart était trop grand avec le niveau universitaire, mais il est dans la ligue depuis six ans, maintenant. Il a travaillé sous les ordres de différents entraîneurs et il a gagné de l'expérience, alors on n'a aucune inquiétude à cet effet. J'ai toujours fait confiance à son sens du hockey. J'aime sa façon de faire passer son message et je sais qu'il se préoccupe de ses joueurs.
« On a l'impression qu'il est prêt pour cette deuxième chance. »
Hakstol s'est attardé longuement sur son passage à Philadelphie, alors que les Flyers cherchaient à rajeunir leur formation. Ce sont ses conclusions qui ont eu le plus de poids.
« J'en conclus qu'on ne peut jamais consacrer trop de temps et d'efforts aux détails et aux notions de base. Ainsi, lorsqu'on traverse une période difficile, on peut toujours se rabattre sur ces éléments », a expliqué Hakstol.
C'est justement le travail qui l'attend à Seattle : établir les bases d'une nouvelle franchise.
Le Kraken pourra bâtir sa formation lors du repêchage d'expansion 2021 de la LNH le 21 juillet. Hakstol aura sous la main un amalgame de joueurs rejetés par leurs organisations et il devra en faire une équipe. De plus, les performances du Kraken seront constamment comparées aux succès des Golden Knights. Il y aura sûrement des changements et des moments difficiles en cours de route.
« Les détails et la communication seront extrêmement importants et pas seulement lors des prochaines semaines, pendant la construction de notre formation. On va devoir planifier comment cet ensemble s'organise, a indiqué Hakstol. Il va y avoir le camp d'entraînement, où on va devoir gérer tous les détails qui reviennent chaque jour, chaque heure et chaque minute. Ce sont ces détails au camp d'entraînement qui vont nous permettre de créer une équipe avec des joueurs qui n'ont jamais joué ensemble avant.
« C'est un défi stimulant et une occasion très excitante. »