Gostisbehere attire l'attention après un retour en force avec les Coyotes
Le défenseur pourrait rapporter beaucoup plus à son équipe dans une transaction que ce qu'elle a eu à débourser pour ses services

© Icon Sportswire/Getty Images
Les Coyotes de l'Arizona n'ont eu qu'à offrir des considérations futures aux Flyers de Philadelphie le 22 juillet 2021 pour faire l'acquisition de Gostisbehere ainsi que des choix de deuxième et de septième rondes au repêchage 2022.
Il est passé d'un finaliste au trophée Calder, remis à la meilleure recrue de la LNH, en 2015-16, auteur d'une saison de 65 points en 2017-18, à un joueur enclin à commettre des erreurs, manquant de confiance en lui, puis rayé de la formation à l'occasion en 2020-21.
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Projetons-nous jusqu'à la date limite des transactions du 3 mars 2023. Les Coyotes pourraient obtenir un bon choix au repêchage, un espoir de qualité, et même plus s'ils veulent échanger Gostisbehere. Le défenseur pourrait devenir joueur autonome sans compensation, et une équipe qui aspire à la Coupe Stanley en quête d'un vétéran à la ligne bleue capable de diriger un jeu de puissance pourrait cogner à la porte de l'Arizona.
De considérations futures à joueur d'impact sur le marché des transactions. C'est ainsi que la valeur de Gostisbehere a évolué en un peu plus d'une saison depuis son arrivée avec les Coyotes.
« Il a dû affronter de l'adversité, la ligue est devenue meilleure, et il a eu à trouver une manière de s'en sortir, a mentionné l'entraîneur des Coyotes André Tourigny. Un nouveau départ l'a aidé à y arriver. Quand il est arrivé avec nous, il était plus mature, et il a été simplement fantastique. »
L'histoire de Gostisbehere peut à la fois servir d'avertissement et de motivation, alors que l'arrière de 29 ans, 5 pieds 11 pouces et 180 livres a récolté 13 points (quatre buts, neuf passes) en 19 matchs cette saison.
Il a été l'un des premiers jeunes défenseurs rapides capables de transporter la rondelle à exercer un effet immédiat dans la LNH. Plusieurs ont suivi au cours des dernières années, que ce soit Adam Fox des Rangers de New York ou Cale Makar de l'Avalanche du Colorado, les deux derniers gagnants du trophée Norris, remis annuellement au meilleur défenseur de la ligue.
Cependant, après son impact initial avec les Flyers, le rendement de Gostisbehere a fléchi. Ses instincts offensifs n'étaient plus suffisants pour pallier ses carences en défensive.
« Je ne vais pas mentir, j'étais un joueur sans confiance, a admis Gostisbehere. Je suis reconnaissant que les Flyers m'aient donné une chance en m'échangeant à une équipe où j'allais avoir la chance de redorer mon blason. Je leur en serai éternellement reconnaissant. Il y a eu des moments difficiles vers la fin, mais il faut rouler avec les coups. J'ai eu la chance de relancer ma carrière. J'ai de nouveau du plaisir à jouer au hockey. »
Les choses ont cliqué instantanément pour lui en Arizona.
Gostisbehere a amassé 51 points (14 buts, 37 passes) en 82 matchs la saison dernière, lui qui passait en moyenne 22:11 par match sur la glace. Les Coyotes n'ont pas cherché à le protéger ou à le soustraire des confrontations difficiles. Ils n'ont pas cherché à le retenir lorsque sa créativité avec la rondelle menait à un revirement.
« L'opportunité que les entraîneurs m'ont offerte a joué un rôle important, a noté Gostisbehere. Ils nous donnent toutes les chances possibles. Mais lorsque votre niveau de jeu baisse quelque peu, ils vous le font savoir. Ça permet de garder les choses en perspectives lorsque vous réalisez à quel point vous êtes chanceux d'avoir une nouvelle chance comme celle-là. C'est quelque chose que j'ai perdu un peu à Philly. Les entraîneurs et le personnel me font confiance. »
Cette confiance a été gagnée.
« Une chose que j'ignorais à propos de "Ghost", c'est à quel point il est compétitif, a souligné Tourigny. Je savais qu'il était un défenseur offensif capable d'amasser des points, mais je n'étais pas certain de son niveau de compétitivité défensivement. Il est vraiment compétitif. Il se soucie beaucoup de son jeu aux deux extrémités de la patinoire. Il n'est pas qu'un joueur qui tente de récolter des points. Il est vraiment un défenseur de la nouvelle génération qui se soucie de sa défense, et il est également un très bon coéquipier. Il a les succès de l'équipe à cœur. Il veut s'améliorer. C'est plaisant de le diriger. »
Mario Duhamel, l'entraîneur adjoint de l'Arizona qui est responsable des défenseurs, a affirmé que la progression de Gostisbehere s'est surtout manifestée lorsqu'il était loin de la rondelle, avec son sens du jeu et ses instincts.
« Tous les détails qui nous permettent de prendre le contrôle du centre de la glace, de comprendre quel sera le prochain jeu, a détaillé Duhamel. Il possède déjà cette touche offensive dont nous profitons déjà, et dont nous nous servons pour lui faire comprendre le côté défensif. Il est capable de lire ce que son adversaire va faire offensivement, alors ça nous aide à lui faire comprendre comment mieux gérer l'espace qu'il doit laisser à l'attaquant devant lui, tous ces détails qui font en sorte qu'il sera capable de couper le jeu plus tôt que tard. »
Lorsque Gostisbehere est en possession de la rondelle, il a le feu vert pour être lui-même, une liberté qui lui a permis de retrouver sa confiance.
« Lorsque je pense à Shayne Gostisbehere, je le vois en train de faire des spin-o-ramas à la ligne bleue, ou des jeux de finesse, comme des passes soulevées par-dessus quelques bâtons, a décrit l'attaquant des Coyotes Christian Fischer. Je ne sais pas si quelque chose a changé pour lui mentalement, mais je dirais que la manière la plus simple de l'expliquer est qu'il a obtenu beaucoup d'occasions de se faire valoir ici. Il faut donner du crédit à [Tourigny]. Il préfère nous voir faire une erreur plutôt que de rejeter la rondelle dans le coin. Je vais vous dire quelque chose, il n'y a pas beaucoup d'entraîneurs de la LNH qui pensent comme lui. La liberté qui accompagne le sentiment de ne pas avoir peur de faire une erreur joue un grand rôle. S'il était rayé de la formation à répétition à Philly, qu'il tentait un spin-o-rama à la ligne bleue et qu'il commettait un revirement, il n'allait probablement pas jouer lors du match suivant. »
L'expérience de Gostisbehere l'a aussi propulsé dans un rôle de leadership, ce qui est doublement important puisqu'il est un vétéran d'une équipe qui tente de rebâtir par le biais de choix au repêchage, et qui permet à ses jeunes joueurs de commettre des erreurs avant de trouver leur erre d'aller.
« J'ai joué pour quelques entraîneurs et dans des situations uniques, notamment dans une bulle de six semaines [en séries éliminatoires de la Coupe Stanley], a noté Gostisbehere. J'ai connu des hauts et des bas. J'ai été ennuyé par des blessures. Je tente simplement d'être celui que n'importe quel gars de l'équipe peut venir voir pour discuter. »
Tourigny a indiqué qu'il avait entendu parler de telles conversations.
« Il arrive que des gars connaissent des ennuis, et il a été là, il est très vocal, a expliqué Tourigny. Il dit aux autres gars qu'il peut leur parler de presque toutes les situations, puisqu'il a successivement joué un rôle important dans une équipe, connu du succès, été rayé de la formation, éprouvé des ennuis, puis retrouvé son jeu. Il a discuté avec quelques gars de leur situation. »
Le temps qu'il lui reste pour avoir ces conversations avec ses coéquipiers en Arizona pourrait être limité. Il est possible que Gostisbehere intéresse des équipes qui aspirent aux grands honneurs d'ici la date limite des transactions.
Et s'il est échangé, ce ne sera pas contre des considérations futures cette fois.
« Si on me donnait le choix, je donnerais à Shayne Gostisbehere un contrat de sept ans pour demeurer avec notre équipe, a assuré Fischer. On peut voir qu'il est affamé. Cinquante points? Il en veut encore plus. Je sais que chaque équipe qui analyse nos forces avant de nous affronter parle de Shayne Gostisbehere. »

















