Bouillon Laflamme

Francis Bouillon a le sentiment d'être pas mal plus un « coach de vie » qu'un entraîneur du développement en ce temps de pandémie. Avec le vécu qu'il possède, les espoirs des Canadiens de Montréal demeurent entre bonnes mains.

À défaut d'aller à leur rencontre sur le terrain, Bouillon est très à leur écoute... au téléphone!
« Ce n'est pas l'idéal, mais il faut faire le travail », a constaté en visioconférence, mercredi, l'ancien défenseur des Canadiens, qui voit au développement des défenseurs nord-américains de l'organisation.
À LIRE : Richardson voit grand pour Romanov | Canadiens : L'image identitaire inchangée
Le télétravail, pas trop pour lui. Normalement, il aurait déjà vu quelques fois le premier choix du CH au dernier repêchage -- le défenseur Kaiden Guhle. Au lieu de ça, il lui parle à distance.
« C'est difficile de bâtir une relation avec le jeune, a-t-il fait observer. J'ai hâte qu'on puisse recommencer à faire des rencontres en personne. »
Bouillon a relevé que la situation actuelle est particulièrement éprouvante sur le plan psychologique pour plusieurs jeunes en plein arrêt de développement qui aspirent à évoluer dans la LNH.
« C'est l'incertitude, a-t-il relevé. Les jeunes vivent dans l'inconnu. Ils se demandent quand ils vont recommencer à jouer. Mentalement c'est dur. Je le sais, j'ai moi-même beaucoup vécu dans l'inconnu en tentant de faire ma place dans la LNH, et même pendant toute ma carrière.
« Je suis passé par la East Coast League (ECHL) avant de jouer dans la Ligue américaine, a-t-il continué. La East Coast a fait savoir dernièrement que (huit de ses équipes suspendaient leurs) activités pour la saison. Ça prive des jeunes d'un outil. Il n'y a pas de recette miracle. Il faut les aider du mieux qu'on peut et les encourager à passer au travers. »
Soulignant que chaque cas est différent et que l'organisation est tout de même chanceuse parce que plusieurs jeunes sont en action, Bouillon a dit que l'état d'esprit des jeunes est globalement positif.
« Je n'ai pas senti qu'il y avait des jeunes plus démoralisés que d'autres, mais c'est dur de savoir parce que je ne suis pas à leur côté.
« J'ai le sentiment que les gars travaillent fort et qu'ils continuent de s'accrocher à leur rêve. »
Les jeunes disposent de toutes les ressources nécessaires que l'organisation leur offre - préparateur physique, nutritionniste, entraîneurs, en incluant Bouillon et le directeur du développement Rob Ramage.
« J'ai travaillé dernièrement avec le responsable de la vidéo de l'équipe, Mario Leblanc. Il m'a découpé des séquences de jeu que j'ai envoyées aux défenseurs. »
C'est déjà beaucoup plus de soutien que ce que Bouillon a eu comme jeune joueur qui a dû s'échiner afin de faire sa place au soleil, vers la fin des années 1990.
« Dans mon temps, il n'y avait pas de suivi. Aujourd'hui, les équipes sont en contact constant avec leurs jeunes et elles leur fournissent toutes les ressources nécessaires. »
Dans ses tâches, Bouillon mentionne qu'il est de toute façon davantage un accompagnateur qu'un entraîneur pour les jeunes. C'est d'ailleurs comme ça qu'on lui a présenté le poste, avant qu'il ne l'accepte en juillet 2017.
« Je n'aborde pas les jeunes de la même façon. Il y en a que je prends par la main et que je dirige, d'autres que je brasse un peu en leur disant leurs quatre vérités », a-t-il expliqué.
« Un jeune comme Josh Brook, qui était dominant dans les rangs juniors, je lui disais souvent qu'il devrait s'appliquer davantage en défense une fois dans la Ligue américaine. Il l'a réalisé en arrivant dans la Ligue américaine. Il y a des jeunes qui ont besoin d'être confrontés à de l'adversité. Tout le monde sait que de l'adversité, j'ai dû en surmonter. Je peux sûrement leur être utile en la matière. »
Âgé de 21 ans, Brook tentera de mériter un poste avec le Tricolore, au prochain camp d'entraînement. Bouillon a dit qu'il a poli son rendement en défense avec l'aide de l'entraîneur du Rocket de Laval Joël Bouchard.

NJD@MTL : Un premier dans la LNH pour Fleury

Cale Fleury, 22 ans, en est un autre qui voudra mélanger les cartes, comme il l'avait fait au camp l'an dernier. Il n'a pas pu conserver la place qu'il avait obtenue, étant cédé au Rocket de Laval après avoir joué 41 matchs dans la LNH.
« C'est une question de confiance dans son cas, a soutenu Bouillon. Il jouait très bien, jusqu'à ce qu'il commence à commettre des erreurs et que ça affecte sa confiance. Ç'a été une bonne chose qu'on le renvoie à Laval. Il a du potentiel. Il préconise un style physique et il est bon défensivement. Il va finir par évoluer dans la LNH sur une base régulière. »