Pour un joueur de hockey, être cédé à une équipe de l'ECHL n'est certainement pas la nouvelle qu'il souhaite entendre. Soudainement, son rêve devient vraiment plus difficile à atteindre. Difficile, mais pas impossible.
ECHL : Prendre le long chemin pour réaliser son rêve
Les embûches sont nombreuses pour passer de cette ligue à la LNH

C'est le cas pour l'espoir des Canadiens de Montréal Cameron Hillis, qui a appris cette semaine qu'il allait amorcer la saison avec les Lions de Trois-Rivières plutôt que dans la Ligue américaine de hockey (LAH) avec le Rocket de Laval, chez qui il avait disputé 18 matchs la saison dernière, amassant un but.
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À 21 ans, c'est bien sûr une déception pour celui qui a été repêché en troisième ronde (66e au total) par les Canadiens en 2018. Mais il n'y avait tout simplement pas de place pour lui avec le Rocket.
« Je suis ici pour travailler, améliorer mon jeu et regagner ma confiance, a-t-il mentionné. La meilleure chose pour moi c'est de jouer, d'obtenir beaucoup de temps de glace et de développer mon jeu. Je n'ai pas joué beaucoup l'an passé, alors c'est important pour moi cette année de ne pas perdre de temps afin de remonter. »
À son arrivée à Trois-Rivières, Hillis a rencontré son nouvel entraîneur, Éric Bélanger. La discussion a été positive, et l'attaquant avait hâte de sauter sur la glace pour le premier match de l'histoire des Lions. Il a finalement terminé la soirée avec une passe sur le but du capitaine Cédric Montminy dans la défaite de 6-3 contre les Growlers de Terre-Neuve.
« Hillis, c'est un jeune, et il faut qu'il avale la pilule, a souligné Bélanger. Il peut le faire et ça peut l'aider à rebâtir sa confiance. Ça fait partie de mon travail ici. »
Même s'il se retrouve à deux niveaux de la LNH, la route n'est pas barrée pour Hillis - ou pour tout autre joueur de l'ECHL. Depuis les débuts du circuit qu'on appelait à l'époque la East Coast Hockey League, plus de 700 joueurs ont réussi à atteindre la LNH après avoir y avoir évolué, selon une liste qu'on retrouve sur le site web de la ligue. Du lot, certains ont connu ou connaissent de très belles carrières, comme David Desharnais, Antoine Roussel, Michael Ryder et Yanni Gourde. C'est encore plus vrai chez les gardiens, alors que certains se sont hissés parmi l'élite de la planète, comme Jonathan Quick, Jaroslav Halak, Philipp Grubauer, Olaf Kolzig, Patrick Lalime et Darcy Kuemper. Selon cette même liste, 101 joueurs ayant passé par l'ECHL ont joué dans la LNH l'année dernière.
Le rêve de la LNH reste fort chez plusieurs, peu importe leur âge. Bélanger doit composer avec cette réalité et le fait que ses joueurs sont en compétition l'un et l'autre afin d'obtenir un rappel dans la LAH.
« J'ai des gars de 30 ou 31 ans. Vont-ils jouer dans la LNH? Je l'espère, mais ils ne sont pas fous non plus », a-t-il affirmé.
« Chaque joueur a un objectif quelconque, et nous sommes là pour les aider à performer et à monter. Le but ultime, c'est toujours de jouer dans la LNH, la meilleure ligue au monde. Je sais que des gars peuvent être déçus d'être ici, et ça fait partie de mon travail de leur vendre que si on a du succès, s'ils travaillent fort et s'ils gardent une bonne attitude, quand quelqu'un va appeler, quand les Canadiens vont appeler, je n'aurai pas le choix de dire des choses positives d'eux. »
Bélanger rappelle aussi que la réputation de l'ECHL et son professionnalisme se sont beaucoup améliorés depuis les années 1990 et 2000, alors qu'elle était connue pour ses nombreuses bagarres, ses longs voyages d'autobus et ses joueurs colorés dignes de « Slap Shot ». Par exemple, le plus long voyage terrestre de l'équipe cette saison en sera un de six heures, plus court que pour plusieurs clubs juniors. Les plus longs périples se feront en avion.
Pas que les joueurs
Si la majorité des joueurs regardent vers le haut en espérant un rappel, ils ne sont pas les seuls. En étant affiliés avec les Canadiens, les Lions représentent une belle porte d'entrée pour la LNH, que ce soit pour un joueur, un entraîneur ou un autre membre du personnel.
« On a tous le même but, a rappelé l'attaquant Shawn St-Amant. Même le gars d'équipement, c'est ça son but. On a tous le même rêve, et si on veut l'atteindre, on se doit de le faire ensemble. Ça va aller beaucoup mieux que de le faire chacun de notre bord individuellement. Si on gagne, qu'on le fait ensemble et qu'on travaille fort, il va se produire de belles choses. »
Alors, quelle est la mission des Lions? Gagner des matchs ou développer des joueurs qui atteindront la LNH? Un viendra avec l'autre, selon le directeur général Marc-André Bergeron.
« Moi ce que je veux, c'est gagner, a-t-il dit. Quand tu gagnes, l'atmosphère est bonne. Les gars dans ton organisation paraissent bien parce que tu gagnes. Tu développes automatiquement des joueurs parce que tu joues plus de matchs, tu te retrouves dans de bonnes situations et avec un rôle plus important.
« C'est bien beau développer des joueurs, mais si tu es dernier dans la ligue et que tu ne fais pas les séries, personnellement, je trouve que ça vaut ce que ça vaut. On est dans le sport professionnel, et tout le monde est jugé sur les victoires et les défaites. Nous ne sommes pas différents des autres. »

















