Perry Lepage

MONTRÉAL - Corey Perry a mis du temps à se mettre en marche avec le Lightning de Tampa Bay. Beaucoup de temps.

Le vieux routier n'est toutefois pas du genre à se laisser abattre par une séquence de 16 matchs sans trouver le fond du filet, au cours de laquelle il n'avait amassé qu'une petite mention d'aide. L'attaquant de 36 ans a déjà vu neiger. La bonne nouvelle, c'est qu'il a récemment trouvé l'interrupteur.
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Il compte désormais six buts et trois aides à ses neuf dernières rencontres, et il ne s'est pas gêné pour inscrire le but égalisateur dans une victoire de 3-2 des siens contre les Canadiens de Montréal - son ancienne équipe, faut-il le préciser - mardi.
« Je suis sûr qu'il voulait ce but, a rigolé Pat Maroon après avoir enfilé un savoureux hot-dog. Les huées étaient probablement inattendues après ce qu'il a fait pour cette équipe en séries et dans le vestiaire. Je suis sûr qu'il a été surpris par ça, mais je vous assure qu'il était très excité de marquer ce but. »
Il ne fallait quand même pas s'attendre à une ovation après qu'il eut abruptement mis fin à la fête au Centre Bell. Le Tricolore se dirigeait vers l'une de ses plus belles victoires de la saison avant que Perry ne fasse dévier la passe de Steven Stamkos dans le filet avec sa jambière avec 2:09 à faire au match.
« Il n'a toujours eu que de bons mots à dire sur l'année qu'il a passée à Montréal, a indiqué l'entraîneur Jon Cooper. Il a aimé les partisans, la ville et l'équipe. Je sais qu'il portait un chandail différent ce soir, mais il était heureux de revenir ici. Pour lui, je suis convaincu que ce but avait une symbolique importante.
« Je n'hésite jamais à lui faire confiance quand je retire mon gardien au profit d'un sixième patineur. Il est tellement compétitif. Ce n'est pas un hasard s'il a atteint la finale deux années de suite avec deux équipes différentes. Je ne pense pas que c'était notre meilleur match, mais Perry en avait un bon. »

TBL@MTL: Perry crée l'égalité sur la passe de Stamkos

Après une saison complète passée à ses côtés, ses anciens coéquipiers montréalais devraient pourtant savoir qu'il est légèrement risqué de le laisser rôder à sa guise autour de leur filet. Surtout que c'est la recette qui lui a permis de mettre un terme à sa disette aux côtés de Maroon et de Pierre-Édouard Bellemare.
« Il n'a jamais montré de signes de frustration, a expliqué Maroon, auteur du premier but du match. Comme trio, nous avons tellement obtenu de chances dont nous ne profitions pas. C'en était presque risible. On savait bien que ç'allait débloquer un jour ou l'autre.
« Corey a presque 400 buts dans cette Ligue. Il est créatif et il sait comment générer de l'attaque, il n'y a aucun doute là-dessus. Il a fait du bon travail et on a tous vu sa confiance s'accroître avec le temps. Je suis heureux de le voir connaître du succès et j'espère que ça se poursuivra. Pour lui et pour nous. »
Un leader
C'est en entendant ses nouveaux coéquipiers parler de lui avec beaucoup de respect et une certaine admiration que l'on comprend un peu mieux ce que les Canadiens ont perdu quand ce dernier a choisi de signer un contrat de deux ans avec Tampa Bay au cours de la saison morte.
« C'est mon meilleur ami, a révélé Maroon, qui a aussi été son coéquipier avec les Ducks d'Anaheim. Je l'ai affronté en finale lors des deux dernières années et nous savons tous ce dont il est capable. […] Nous avons perdu beaucoup de gars cet été et il apporte une nouvelle voix, un nouveau leadership dans le vestiaire. »
Ce même leadership qui servait à encadrer les Nick Suzuki, Cole Caufield et Jesperi Kotkaniemi l'an dernier sert maintenant la cause des Boris Katchouk, Taylor Raddysh, Cal Foote, Ross Colton et compagnie.
« Il dégage une aura, a conclu Cooper. Quand il entre dans un vestiaire, tout le monde prend exemple sur lui. Pour moi, tout ce que Corey Perry fait a du sens. Il dit les vraies choses, et il n'y a pas de foutaise avec lui. Il me conseille parfois même des choses qui sont tout à fait logiques. »