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Bouchard : Sean Monahan a-t-il été trop courageux?

Notre chroniqueur cherche à savoir à quel point le rendement du centre des Flames a été affecté par les blessures

par Olivier Bouchard @oli_bou / Chroniqueur LNH.com

Les fins de saison nous apportent toujours leurs lots de surprises. Le cas de Sean Monahan a fait sourciller bien des observateurs cette semaine. Si tous les joueurs terminent leurs campagnes avec quelques blessures, Monahan a dû subir pas moins de quatre opérations pour se préparer à la prochaine saison.

Rendu là, on peut quand même se poser la question : c'est bien beau le courage, mais n'a-t-on pas nui au club en laissant le joueur persister ainsi à travers les blessures? 

Monahan a connu sa meilleure saison en carrière, égalant son meilleur total de buts (31), mais on a vu des joueurs connaître de très bonnes saisons offensives sur la foi de pourcentages favorables. Lorsqu'on regarde les indices sous-jacents, il n'est pas rare de voir le résultat d'un déclin ou encore d'une blessure, confirmant alors que ce joueur n'a pas contribué autant qu'on pourrait le croire.

Dans le cas de Monahan, c'est donc avec un scepticisme certain que je me suis penché sur le détail de son utilisation au fil de la saison. Et j'ai été, à l'image des contempteurs du Capitaine Bonhomme, confondu. Monahan a connu une saison remarquable, et ce, même s'il a lui-même admis avoir joué les 35 derniers matchs blessé.

Une petite note, avant de continuer, au sujet des graphiques suivants : vous constaterez qu'on voit, sur l'axe horizontal, les saisons ainsi que des numéros à 5 chiffres (20027, etc.). Ces numéros sont les numéros de matchs officiels de la LNH, tirés des séries de données cueillies sur le site de la Ligue. Parce que mes bases de données sont bâties à partir de ce qui est publié par la Ligue, on retrouve ces numéros comme indicateurs de matchs dans mes graphiques. Excel, que j'utilise pour faire ces graphiques, en montre seulement sept par intervalles annuels pour des questions d'échelle, mais la totalité des matchs joués par Monahan est bel et bien représentée dans ces graphiques.

Tout d'abord, il faut souligner qu'on ne l'a pas exactement ménagé. À cinq contre cinq, il a été utilisé comme rarement dans sa carrière, continuant à jouer le rôle de centre numéro un de son équipe à travers les épreuves.

Si on a ménagé ses efforts, c'est principalement en lui enlevant des responsabilités en désavantage numérique. Impliqué dans cette phase du jeu depuis sa saison recrue, Monahan a été tout simplement retiré de ces unités spéciales à la mi-saison.

Là où j'ai vraiment été impressionné, c'est dans le maintien des performances sous-jacentes à sa production offensive. Monahan se démarque, comme joueur de centre, par le fait qu'il marque beaucoup de buts en obtenant beaucoup de tirs, un profil offensif plus souvent associé à des ailiers. Il n'a pas changé de style malgré ses blessures. Plus encore, il a de toute évidence augmenté la cadence alors que la course aux séries arrivait à son paroxysme, connaissant de sensationnelles poussées à forces égales puis en avantage numérique.

La production de points de Monahan a donc été bâtie sur des bases solides. Il faut souligner qu'avant sa blessure, il connaissait ses meilleurs moments depuis la saison 2015-16 et, après un bref recul, est reparti de plus belle en février. En flirtant pour l'essentiel de la saison avec le seuil d'un point primaire par match, Monahan a produit à un rythme qui le rapproche des meilleurs attaquants de la Ligue.

L'aspect de ses performances qui semble avoir été plus affecté par ses blessures se trouve du côté de la possession de rondelle. Historiquement, Monahan a un impact positif sur la part des tirs obtenus par son équipe depuis son éclosion définitive en 2015-16. Il a continué à permettre à son équipe de mieux faire lorsqu'il se présentait sur la glace en 2017-18, mais cette capacité, exprimée en différentiel de tirs relatif sur 15 matchs, décline tout au long de la saison.

Plus exactement, elle suit une tendance similaire à celles constatées plus haut. Un départ en force, une période creuse autour du moment où il se blesse, une remontée et enfin un lent déclin. On sent bien qu'arrivé au mois de mars, le réservoir était vide.

C'est donc une performance étonnante que Monahan a livrée cette saison. Je dirais même plus : une performance surprenante, qui laisse deviner une progression encore plus forte que ce que les points laissent entrevoir. Dépasser ainsi, sur deux longues séquences, ses meilleures performances en carrière malgré des blessures graves laisse entendre que, lorsqu'il sera en santé l'an prochain, Monahan pourrait surprendre en produisant encore plus.

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