Nicolas-Beaudin-badge-Lepage

Nicolas Beaudin sait bien que la route du retour vers la LNH sera longue et ardue maintenant qu’il a résilié son contrat avec l’organisation des Canadiens de Montréal pour prendre la direction de l’Europe.

La décision a longuement été mûrie et réfléchie, et le défenseur québécois est serein. Avec son choix de partir pour le Vieux Continent, d’abord, mais aussi avec le dur constat qu’il a peut-être bien disputé son dernier match dans la grande ligue.

« Mon but, c’était de jouer dans la LNH et je l’ai fait », a déclaré l’arrière de 24 ans en entrevue avec LNH.com. « Je suis bien avec ça. Si je ne rejoue pas dans la LNH, ce n’est pas la fin du monde. Il y a moyen d’avoir une belle carrière, que ce soit en Europe ou ici. Je suis bien où je suis en ce moment.

« Ça m’a pris quelques années pour tout digérer et en arriver là. Je ne vais jamais dire jamais, mais ça va être dur de rejouer dans la LNH. Le hockey a toujours été une grosse partie de ma vie et ça va continuer de l’être, mais il y a d’autres choses aussi. Je l’ai réalisé en parlant avec mes parents et mes amis. » 

L’ancien choix de première ronde avait bon espoir de disputer un match dans l’uniforme du Tricolore, après en avoir joué 22 en trois saisons avec les Blackhawks de Chicago. 

Après la transaction qui l’a fait passer à Montréal au début de la saison dernière, il a connu des débuts prometteurs avec le Rocket de Laval, récoltant deux buts et 23 aides en 39 matchs. Il avait réussi à gagner un poste sur le top-4 et obtenait même du temps de jeu en avantage numérique.

C’était un gros changement par rapport aux responsabilités qu’on lui confiait avec le club-école des Blackhawks. Le changement de direction là-bas l’avait fait dégringoler dans la hiérarchie.

« Ça n’a pas été évident à Chicago, a-t-il admis. Le fait d’être un choix de première ronde et de voir qu’ils abandonnaient mon cas si jeune, ç’a été difficile sur le mental. Ça n’a pas été facile à accepter. »

Ses succès offensifs à sa première saison à Laval lui ont permis d’avaler la pilule.

Il s’attendait à avoir le même rôle quand il a signé un nouveau contrat d’un an l’été dernier. Or, l’influx d’espoirs à la ligne bleue dans l’organisation l’a relégué à un rôle marginal. Il n’a disputé que 16 des 40 matchs du club-école et il avait demandé un changement de décor dans le but de jouer davantage.

Devant l’incapacité du Tricolore à trouver un partenaire pour danser, les deux parties en sont venues à un accord de résiliation de contrat.

« À un moment donné, pratiquer c’est bien beau, mais il faut que tu joues des matchs, a-t-il souligné. Plus je joue, plus je suis bon, alors ce n’était pas l’idéal pour moi. On était souvent sept défenseurs et c’est toujours moi qui ne jouais pas. Il fallait que les choses bougent.

« (L’entraîneur) Jean-François Houle m’aimait beaucoup comme joueur, mais ce n’était pas vraiment sa décision. C’est plus une décision de l’organisation. C’est un peu plate. Je suis vraiment reconnaissant d’avoir pu jouer devant ma famille et mes amis, mais j’aurais aimé avoir une meilleure chance de me faire valoir. »

À suivre

Quoiqu’il en soit, Beaudin n’a pas de regrets. Il préparait ses valises quand on l’a rejoint et semblait emballé par le défi qui se présente à lui. Son clan préférait attendre que quelques détails soient réglés avant de faire l’annonce de sa destination.

C’est au cours de sa plus récente participation à la Coupe Spengler, en décembre, que les discussions avec des formations européennes ont commencé. Elles savaient qu’elles pouvaient lui offrir ce que le Rocket ne lui donnait pas : de grosses minutes de jeu.

« C’est une grosse équipe et elle est venue me chercher pour gagner le championnat, a-t-il élaboré. Je veux bien faire et aider le plus possible. Si je fais bonne figure, on va voir ce que ça aura comme impact l’an prochain. Si j’aime ça, je vais peut-être signer un autre contrat là-bas. Je verrai les offres. »

L’important pour lui est surtout de jouer sur une base régulière pour potentiellement attirer les regards. Et quand il aura des offres sous les yeux, il prendra la meilleure décision pour son avenir.

« Tout va dépendre des offres, mais je ne vais plus vraiment prioriser l’Amérique du Nord, a-t-il conclu. L’Europe, c’est quelque chose que j’envisage pour les prochaines années. J’aimerais encore faire carrière dans la LNH, mais si ça n’arrive pas, je suis correct avec ça. »

Contenu associé