TORONTO – Jonathan Aspirot n’oubliera jamais la date du 28 octobre 2025. Jamais repêché et après six saisons complètes dans la Ligue américaine, Aspirot a posé ses patins pour une première fois sur une glace de la LNH dans l’uniforme des Bruins de Boston.
Ce soir-là, les Bruins ont signé un gain de 5-2 contre les Islanders de New York au TD Garden. À son premier match dans la LNH, à l’âge de 26 ans, Aspirot a bloqué quatre tirs, distribué une mise en échec et joué un peu plus de 14 minutes (14:41).
« Après la mise en jeu initiale, j’ai réalisé ce qui se passait, a dit Aspirot. Je regardais les partisans et je voulais absorber l’ambiance. Je voulais garder mon identité et je jouais de la même façon. Ce n’était pas le temps de changer les choses. »
« Pour moi, c’est un rêve qui devenait réalité, a-t-il poursuivi. Je suis extrêmement heureux d’être ici et de jouer des matchs. J’essaie d’enregistrer le plus d’informations possible. »
À sa sortie d’un entraînement matinal samedi au Scotiabank Arena de Toronto, Aspirot se préparait pour jouer un sixième match avec les Bruins. Un grand sourire se cachait sous une épaisse moustache à quelques heures d’un match contre les Maple Leafs.
« Je ne peux rien demander de mieux, a-t-il affirmé en entrevue avec LNH.com. Je suis comme sur un nuage présentement. Et je veux y rester le plus longtemps possible. Je suis tellement heureux, mais je n’arrêterai pas de travailler. Je resterai concentré aussi. Je dirais que depuis mon premier match, je contrôle mieux mes nerfs. Je deviens plus calme. »
Les Bruins ont gagné leurs cinq derniers matchs. Ils ont donc une fiche parfaite de cinq victoires et aucun revers avec Aspirot au sein de leur formation.
« Je n’avais jamais fait le lien, mais c’est une bonne statistique, a répliqué l’ailier Morgan Geekie. J’imagine que nous pouvons dire qu’il est notre porte-bonheur! »
Le respect de ses coéquipiers
Au sommet des Bruins avec dix buts depuis le début de l’année, Geekie a retrouvé son sérieux pour décrire la longue route de son coéquipier.
« Jonathan a bûché pour atteindre la LNH, pour réaliser son rêve de jouer un match, a-t-il rappelé. Il mérite pleinement ce qu’il vit après six saisons complètes dans la Ligue américaine. Il est un très bon défenseur. Les gens ne réalisent pas toujours qu’il faut aussi une dose de chance pour jouer dans la LNH. Quand tu regardes son parcours, tu n’as pas le choix de le respecter. Il avait connu un bon camp avec nous, mais il n’avait pas gagné un poste. Il n’a pas baissé les bras en retournant à Providence. Il a fini par obtenir sa chance. C’est une histoire vraiment cool. »
« Il n’est pas un défenseur spectaculaire, mais il a un impact au sein de notre ligne bleue, a continué Geekie. Il fait de bons jeux, il réussit de bonnes passes et il défend bien son territoire. Il est un gars très fiable pour nous. »
En cinq matchs avec les Bruins, Aspirot n’a pas encore écrit son nom sur la feuille de pointage, mais il a obtenu dix mises en échec et bloqué dix tirs. Marco Sturm l’a utilisé pour un peu plus de 15 minutes (15:03) en moyenne.
« Il est très bon pour nous, a noté Sturm samedi matin. Je l’avais aimé lors de notre camp et de nos matchs préparatoires. Il joue bien sans la rondelle. Il patine bien, il est fort et il ferme le jeu rapidement. Il cadre bien dans notre système avec les Bruins. »
Aspirot, qui avait joué quatre saisons avec les Senators de Belleville et deux autres saisons avec les Wranglers de Calgary dans la Ligue américaine, a gardé une formule simple depuis ses débuts avec les Bruins. Il joue selon ses propres forces en offrant du jeu simple, mais efficace. Il a aussi profité d’une certaine stabilité en disputant ses cinq premières rencontres avec le même partenaire : le Finlandais Henri Jokiharju.
« Je parle beaucoup avec mon partenaire à la ligne bleue, Joki (Jokiharju). À l’extérieur de la glace, j’ai aussi développé une belle complicité avec lui. C’est un gars qui m’aide vraiment. Comme je l’ai déjà dit souvent, je suis juste vraiment heureux de me retrouver ici avec les Bruins. »
Aspirot a partagé une partie de son bonheur avec ses parents après son deuxième match avec les Bruins.
« Ils n’avaient pas eu la chance de venir pour mon premier match à Boston puisque j’ai appris que je jouais trop à la dernière minute, a-t-il précisé. Ma copine était toutefois dans les gradins au TD Garden. Mes parents ont fait le voyage pour mon deuxième match (contre les Sabres de Buffalo). Quand j’ai parlé à mes parents après la rencontre, j’étais assez émotif. J’attendais ce moment depuis tellement longtemps. J’ai travaillé fort pour y arriver, j’ai consacré bien des efforts. Je récolte maintenant le fruit de mon travail. »
À la veille de son premier match dans la grande ligue, Aspirot avait suivi de la passerelle de presse le revers de 7-2 des Bruins contre les Sénateurs à Ottawa. Au lendemain de cette rencontre, le directeur général Don Sweeney a renvoyé le défenseur Michael Callahan dans la Ligue américaine à Providence.
Cette simple décision a changé la direction de la carrière du défenseur originaire de Mascouche. Et elle donne du poids à l’argument de Geekie comme quoi il faut aussi un peu de chance pour atteindre la LNH.


















