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MONTRÉAL – Après autant d’essais-erreurs, les Canadiens de Montréal ont finalement réussi à conserver une avance en troisième période et ils n’ont pas eu besoin de la prolongation pour l’emporter.

Cette victoire de 6-2 face au Mammoth de l’Utah, et surtout la façon dont ils sont parvenus à l’empocher, devra servir de modèle à suivre pour la suite des choses. Au lieu de protéger l’avance en jouant de façon hésitante pour ne pas commettre d’erreur, le Tricolore a tout simplement appuyé sur l’accélérateur.

« C’est notre meilleure troisième période de la saison », a souligné Cole Caufield, auteur de deux buts. « On a continué de jouer de la même façon. On n’a rien changé vraiment. Le fait d’aller chercher un deuxième but d’écart a été énorme. Ça aide toujours. Nous en avons beaucoup parlé, et ç’a finalement porté fruit. »

Si les joueurs en ont beaucoup parlé, c’est que la situation s’est aussi beaucoup produite.

En 14 matchs avant celui de samedi, les hommes de Martin St-Louis avaient échappé 15 fois l’avance, dont sept fois en troisième période. Cette vilaine habitude les avait forcés à jouer en prolongation ou en tirs de barrage à sept reprises. C’est exactement ce qui s’était produit à leurs deux dernières sorties – deux défaites.

C’est excitant, certes, mais c’est loin d’être idéal.

« Nous avons appliqué de la pression par vague en troisième », a analysé Alex Newhook, qui a récolté un but et une aide. « C’était un point très important pour nous. On ne veut pas faire de la prolongation une habitude. C’est un bon signe pour le groupe de réussir à mettre le point final à ce match en temps réglementaire. »

Le score peut laisser croire que la rencontre s’est déroulée à sens unique. Or, ce n’est pas le cas. Les locaux ont dû venir de l’arrière à deux occasions avant de finalement prendre les devants par un tout petit but en deuxième période. C’est ainsi qu’ils se sont fixés un autre rendez-vous avec leur bête noire.

Leur avance n’était d’ailleurs encore que d’un but quand ils ont bousillé une belle occasion de se distancer sur le jeu de puissance vers le milieu de la troisième. La chaîne aurait pu débarquer à nouveau. Sauf que Caufield a inscrit son deuxième du match en enfilant l’aiguille de justesse avec moins de sept minutes à faire au match.

Le Mammoth a alors ouvert le jeu en tentant de revenir dans le match et le CH l’a fait payer par l’entremise de son capitaine Nick Suzuki et de Kirby Dach, qui a amassé un quatrième but en trois matchs.

« On a réussi à se distancer, on a passé beaucoup de temps en zone offensive, on a été calculés, on a bien géré notre risque et on s’est bien défendus », a énuméré St-Louis, fier de son groupe. « Quand il y a eu une cassure dans notre jeu, Sam (Montembeault) a fait de gros arrêts. »

La recette est pourtant simple, non? Après un certain temps, et quelques fois où ils se sont brûlés, il semble que les joueurs aient enfin trouvé tous les ingrédients. Il suffira de s’en souvenir la prochaine fois.

« Ce n’est pas quelque chose qui me fâchait, a dit St-Louis au sujet des problèmes des siens en troisième. Ces moments arrivent et tu apprends quoi ne pas faire. C’est ce qu’on vend. Il y a des actions qu’on faisait qui pouvaient aider l’adversaire. On a appris quoi ne pas faire. Parfois, tu as besoin d’échouer pour apprendre. »

Enfin des tirs

Le test de l’œil nous indique que le Tricolore a probablement joué l’une de ses périodes les plus complètes de la saison. Les statistiques aussi, notamment le bon vieux tableau des tirs au but.

Pour la première fois en 16 périodes, les ouailles de St-Louis ont réussi à décocher au moins 10 tirs sur le but adverse lors du troisième engagement – ils ont atteint la cible 11 fois. La dernière fois que c’était survenu, c’était en deuxième période du match contre les Canucks de Vancouver, le 25 octobre.

C’est un signe plutôt flagrant que la formation montréalaise a ouvert la machine pour fermer les livres plutôt que d’attendre que les secondes s’égrènent au tableau.

« Peut-être que nous nous asseyions trop sur nos petites avances, a avancé Newhook. Nous leur avons imposé notre rythme et nous avons contrôlé le jeu en troisième période. Nous avons tiré souvent et nous ne leur avons pas donné beaucoup d’espace pour créer de l’attaque.

« C’est un bon signe et nous devons nous souvenir que nous sommes en mesure de faire ça. »

Mammoth vs Canadiens | Résumé | 08/11/2025

EN PROLONGATION

Le chiffre du match: 6

En marquant dans un deuxième match de suite, Oliver Kapanen a repris seul le premier rang des buteurs chez les recrues de la LNH avec son sixième de la saison.

« Avec l’ordinateur qu’il a et ses atouts, je ne suis pas surpris, a déclaré St-Louis. Mais je suis encore plus fier de la façon dont il marque ses buts. Il ne triche pas. »

Un but rapide et important

Le but égalisateur de Caufield en deuxième période, son premier du match, est peut-être anecdotique sur la feuille de match, mais il a été marqué à un moment crucial de cette rencontre.

Quarante-deux secondes auparavant, le Mammoth avait pris les devants grâce à un savant échange complété par Lawson Crouse, et la frustration grimpait dans le camp montréalais. Josh Anderson, notamment, en avait contre un non-appel de l’officiel pour de l’obstruction à son endroit.

Caufield a tout fait oublier en contournant le filet pour loger la rondelle dans un espace très restreint : « [Vejmelka] attrape de la droite, et ça crée parfois des trous du côté rapproché, a dit le franc-tireur. Je ne marquerai pas beaucoup de buts avec une ouverture de la sorte, mais parfois ça rentre. »

Il a refait le coup, un peu de la même manière, en troisième pour donner deux buts d’avance aux siens, et ainsi s’emparer du premier rang des buteurs dans la LNH avec son 12e de la saison.

Solide sortie pour Montembeault

Comme il l’avait fait l’autre soir contre les Flyers de Philadelphie, Montembeault est revenu en force après avoir cédé sur le premier tir de la rencontre. Il a terminé sa soirée de travail avec 25 arrêts, et en a réussi de très importants alors que le Mammoth tentait de revenir dans la rencontre. `

C’était la première fois de la saison que le gardien québécois maintenait un taux d’efficacité supérieur à ,900 lors de deux départs consécutifs. On peut parier que le fait de jouer avec l’avance ne lui a pas nui.

« Ç’a enlevé de la pression. On a continué à appliquer notre plan de match et on ne s’est pas assis sur notre avance, a soufflé Montembeault. […] Je me sentais bien. J’ai donné un but en partant, mais j’ai pris le temps de me recentrer entre la première et la deuxième. J’ai appliqué les choses sur lesquelles j’ai travaillé. »

Evans, le sauveur

Dans une première période complètement sans histoire, Jake Evans s’est signalé avec un jeu qui a probablement changé le cours de la rencontre. L’attaquant a sauvé un but certain alors que la rondelle était à quelques millimètres de filer derrière la ligne rouge des buts.

Sur la séquence, le tir de Mikhail Sergachev a percé l’armure de Montembeault, et la rondelle est tombée tranquillement derrière lui. Sans l’aide d’Evans, ç’aurait été un deuxième but sur les deux premiers tirs du match contre le gardien du Tricolore. La pente aurait été un peu plus abrupte à remonter.