MONTRÉAL – Rick Bowness ne veut rien savoir de prendre ne serait-ce qu’une once de mérite pour le revirement de situation qui s’est orchestré chez les Blue Jackets de Columbus.
On a eu beau lui faire part de la fiche presque immaculée de l’équipe depuis qu’il a pris la relève derrière le banc, des grands changements dans la façon de jouer des siens ou des différences imposantes au chapitre des statistiques collectives de sa troupe, le vieux routier n’a pas mordu.
« L’équipe a changé la donne, les joueurs ont changé la donne », a-t-il répondu à quelques heures de l’affrontement face aux Canadiens de Montréal au Centre Bell, jeudi.
« Ce sont eux qui vont sur la patinoire et qui prennent les décisions. Est-ce que je vais bloquer ce tir? Est-ce que je vais me replier? Est-ce que je vais foncer au filet? Est-ce que je vais gagner cette bataille? Je leur ai donné un peu de directives qui pouvaient les aider, selon moi, et ce sont eux qui sont passés à l’action.
« Tout ce que j’ai fait, c’est leur donner la direction et je les ai laissés jouer. »
Ç’a fonctionné, sans aucun doute. En 26 matchs sous sa gouverne, les Blue Jackets montrent une fiche de 19-3-4, marquent près d’un but de plus par match, et en accordent près d’un de moins, qu’en 45 rencontres sous les ordres de son prédécesseur Dean Evason (19-19-7).
Cette remontée a permis aux Jackets de passer de la 28e position du classement général à la neuvième en l’espace d’un peu plus de deux mois. Ils occupent désormais le deuxième rang de la section Métropolitaine.
« Nous nous sommes soudés comme équipe, a observé l’attaquant Sean Monahan. On a du plaisir tous ensemble. On joue les uns pour les autres, et c’est le plus important en ce moment. »
Sorti de sa retraite pour accepter ce mandat, Bowness connaît la recette. Il ne fait que l’actualiser de génération en génération. C’est ce qu’il parvient à faire avec brio depuis qu’il a obtenu sa première chance comme entraîneur-chef dans la LNH avec les Jets de Winnipeg, en 1988-89.
« La communication se fait différemment d’avant, a expliqué l’attaquant Mathieu Olivier. Ç’a bien fonctionné entre lui et notre groupe dès le départ. Tout est mis sur la table : il n’y a pas de zone grise. C’est très noir ou blanc. Comme joueur, on apprécie ça parce qu’on sait ce qu’il attend de nous. »
En ce sens, Bowness est très loin des clichés qu’on entend des hommes de hockey de son époque. C’est fort probablement la principale raison qui explique sa longévité. Et il tient à cette solide réputation.
« Dans ce monde, tu t’adaptes ou tu disparais, a-t-il résumé. Il faut que tu sois capable de parler à ces jeunes. Je veux qu’ils sachent où ils en sont, je veux les comprendre mieux, et ça passe par la communication. […] J’ai toujours haï le terme old-school et je ne veux pas qu’il soit associé à mon nom.
« Je pourrais l’accepter seulement si on parle de musique. Je dis toujours aux gars que s’ils veulent me tenir loin du vestiaire, ils n’ont qu’à continuer de faire jouer leur musique. J’ai de la difficulté à m’y faire. »


















