Daniel Alfredsson a passé la grande majorité de sa carrière avec les Sénateurs d’Ottawa, jouant même le rôle du vilain face à l’équipe rivale de Toronto, où il était surnommé « Krusty le clown » en raison de sa chevelure rappelant, selon certains, celle du personnage de la série animée Les Simpsons.
Mardi, les Maple Leafs de Toronto ont annoncé avoir embauché Alfredsson comme entraîneur associé pour épauler le nouvel entraîneur-chef Jim Hiller. Vous pouvez donc imaginer le sentiment éprouvé par plusieurs partisans dans la capitale canadienne. L’ancien joueur vedette de l’organisation, qui venait de passer trois saisons derrière le banc des Sénateurs à titre d’entraîneur adjoint, quitte pour rejoindre l’ennemi.
Le message commun qui sortait d’Ottawa après l’annonce de mardi, du moins du point de vue du public, était clair.
N’importe où sauf Toronto.
« Je comprends totalement », a lancé Alfredsson pendant une visioconférence avec les médias, mercredi.
Il comprend tellement qu’il a même commencé sa conférence sur Zoom avec un message aux partisans des Sénateurs qui se demandaient pourquoi le meilleur marqueur de l’histoire de la concession avait pris cette décision.
« Je vous aime, comme toujours », a dit celui qui a récolté 1108 points (426 buts, 682 passes) en 1178 matchs à Ottawa entre 1995 et 2013. « Merci. Je comprends qu’il s’agit d’une journée bizarre, mais c’est également un chapitre enivrant pour moi alors que je cherche à progresser dans ma carrière d’entraîneur. »
Selon Alfredsson, sa décision est motivée uniquement sur le fait de saisir une nouvelle opportunité derrière un banc de la LNH.
L’homme de 53 ans a d’ailleurs confirmé qu’il avait passé une entrevue, plus tôt cet été, avec le directeur général des Maple Leafs John Chayka et le conseiller senior des opérations hockey Mats Sundin – son compatriote suédois – pour le poste d’entraîneur-chef dont a ultimement hérité Hiller. Quand le contrat d’Alfredsson avec les Sénateurs est arrivé à échéance à la fin juin, les Maple Leafs sont revenus à la charge avec une autre offre, soit celle de devenir entraîneur associé.
« Je dois faire mon chemin pour acquérir de l’expérience, a expliqué Alfredsson. Est-ce que j’aurais aimé rester et devenir l’entraîneur à Ottawa? Peut-être. Mais personne ne demeure entraîneur à un même endroit pour toujours, peu importe la popularité. Tu dois livrer la marchandise. Pour devenir un meilleur entraîneur, je savais que c’était un chemin que j’allais devoir suivre à un certain point.
« Les emplois ne viennent pas facilement dans la LNH. Les postes sont difficiles à obtenir. Quand cette occasion est arrivée, j’avais le sentiment que c’en était une bonne à saisir pour ma carrière d’entraîneur. »
Lorsque Hiller a été confirmé comme entraîneur-chef des Maple Leafs pour remplacer Craig Berube, Sundin a discuté avec Alfredsson à propos d’autres rôles que ce dernier pourrait occuper au sein de l’organisation. L’ancien capitaine des Sénateurs ne voyait pas, à ce moment, quelque chose qui cadrerait avec lui. Mais une discussion subséquente avec Hiller, dans laquelle il lui a expliqué qu’il aurait un rôle plus important qu’à Ottawa, l’a interpellé.
« Quand j’ai discuté avec Jim, j’ai eu l’impression que ça pouvait être un beau défi pour moi », a dit Alfredsson, qui sera notamment responsable d’améliorer l’avantage numérique des Maple Leafs.
Au cours de sa visioconférence, Alfredsson s’est assuré de remercier toute l’organisation des Sénateurs, incluant l’entraîneur Travis Green, le directeur général Steve Staios et, surtout, le propriétaire Michael Andlauer, qui a déclaré mardi par voie de communiqué que la porte serait toujours ouverte si Alfredsson souhaitait revenir un jour.


















