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Abby Roque était en quelque sorte à la recherche d’un petit bout de chez soi après s’être joint à la Victoire de Montréal de la Ligue professionnelle de hockey féminin cette saison.

La communauté mohawk de Kahnawà:ke, elle, cherchait une personne capable d'inspirer ses jeunes, en particulier les filles, et de leur montrer les possibilités qui existent hors de la réserve.

Roque, qui est Ojibwée de la Première Nation de Wahnapitae, a forgé une relation avec cette communauté autochtone de la rive sud du fleuve Saint-Laurent, en face de Montréal, qui s'est avérée mutuellement enrichissante.

« Ça me donne l’impression d’être un peu plus près de chez moi, a expliqué Roque. Quand j'ai déménagé à Montréal, les seules personnes que je connaissais dans toute la ville étaient les 26 joueuses de notre équipe et les membres du personnel. C'est donc agréable d'aller rencontrer d'autres personnes et de voir et de vivre des choses différentes. »

L'attaquante de 28 ans originaire de Sault Ste. Marie, au Michigan, et l'équipe de la LPHF ont accueilli environ 50 jeunes joueurs de hockey et membres de la communauté de Kahnawà:ke pour le match de célébration des peuples autochtones de Montréal contre la Fleet de Boston à la Place Bell de Laval le 15 mars, avec l'aide de la Coalition d'inclusion des joueurs de la LNH.

Roque, qui est membre de la Coalition, a soulevé la foule en amassant un but et deux passes dans une défaite de 4-3 en prolongation.

« J'ai sauté de mon siège et levé les bras, a dit Wahiarihtha Aria Kirby, une attaquante de 12 ans avec l'équipe AAA du Lac St-Louis. C'était incroyable de la voir jouer et de la rencontrer. Ça signifiait beaucoup pour moi parce que c’est une personne que j’admire dans le monde du hockey, surtout que je viens d’une petite ville avec des Autochtones, et elle est Autochtone et elle vient d'un petit coin. »

Abby With Fans at Place Bell

Roque a fait connaissance avec la communauté de Kahnawà:ke grâce à Kahsennenhaw Sky-Deer, ancienne grande chef du Conseil mohawk de Kahnawà:ke et ancienne joueuse professionnelle de football féminin, peu après avoir été acquise par la Victoire dans une transaction avec les Sirens de New York le 24 juin.

Sky-Deer a raconté qu'elle savait exactement quoi faire pour accueillir Roque à Montréal.

« Je me suis dit que j’allais lui faire visiter les lieux, juste pour qu'elle ait une idée de ce à quoi ressemble la communauté, et que nous allions aller dîner dans la communauté et réfléchir à ce qu'elle envisage d’y faire" », a expliqué Sky-Deer.

En collaboration avec l'unité des sports et des loisirs du Conseil mohawk de Kahnawà:ke, Roque a pris la parole à la Kahnawà:ke Survival School pendant la pause du calendrier de la LPHF pour les Jeux olympiques de Milano Cortina 2026 en février.

Elle a partagé son parcours dans le hockey avec les élèves et leur a montré ses médailles et ses bagues de championnat.

« C'était tellement important parce que la représentation compte, a souligné Sky-Deer. On veut tous voir quelqu'un qui nous représente, qui nous ressemble, de qui on peut s’inspirer et se dire : "je peux faire ça quand je serai grande." »

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Roque a été la première femme autochtone à jouer pour l'équipe nationale des États-Unis et à participer aux Jeux olympiques. Elle a remporté une médaille d'argent aux Jeux de Pékin en 2022, une médaille d'or au Championnat du monde féminin de l'IIHF en 2023 et des médailles d'argent aux Mondiaux de 2020 et 2022.

Elle a aussi été sacrée championne nationale de la NCAA en 2019 avec l'Université du Wisconsin, où elle a amassé 170 points (56 buts, 114 passes) en 155 matchs de 2016 à 2020, dont 58 points (26 buts, 32 passes) en 36 parties lors de sa dernière saison, alors qu'elle était adjointe à la capitaine.

Roque a amassé 20 points (sept buts, 13 passes) en 25 matchs cette saison et 50 points (19 buts, 31 passes) en 79 rencontres dans la LPHF, en plus d’inscrire le premier but « Michigan » dans l'histoire de la ligue en 2025.

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« En tant que personne et joueuse de hockey autochtone, on sait bien qu'il n'y a pas beaucoup de joueuses (autochtones), surtout dans la LPHF, a dit Roque. C’est donc important d'être visible, d'essayer d'être accessible et de tisser ces liens. Elles ont pu venir voir un match, et grâce à cette rencontre (avec moi), elles se disent que c'est un objectif atteignable, et que le hockey est fait pour elles.

« Si elles veulent jouer, qu'elles travaillent fort, qu'elles ont le talent et l'amour du sport, c’est possible d'atteindre la LPHF un jour. »

Sky-Deer a indiqué que la présentation de Roque a retenu l'attention des élèves et que la séance d’autographes qui a suivi a même été en prolongation.

« Il a fallu une bonne heure et demie pour passer à travers tout le monde, tellement ils ont apprécié, a dit Sky-Deer. Elle a vraiment changé l'intérêt des gens de cette communauté pour le sport, et ils vont être des partisans à vie maintenant. »

Après cette visite à l’école, Roque a poursuivi son implication en organisant une séance de perfectionnement pour environ 35 filles le mois dernier au complexe sportif de Kahnawà:ke.

« J'ai joué une grande partie de mon hockey mineur sur la patinoire de la réserve, a-t-elle raconté. Il y a vraiment beaucoup de similitudes avec la patinoire ici. Ça me donne un peu l’impression d’être à la maison. »

La rencontre avec Roque a laissé une impression durable sur Niiohenta:'a Diabo, une défenseure de 17 ans des Rockettes du Suroît, une équipe féminine M18 A.

« Ça me donne de l'espoir pour l'avenir que davantage d'athlètes autochtones puissent aller loin, parce que je sais que ce n'était pas vraiment une option dans le passé, a souligné Diabo. De voir d'autres athlètes autochtones en faire une carrière, c'est vraiment fantastique. »