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On pourrait croire que les journées de P.K. Subban font plus de 24 heures. L’ancien défenseur des Canadiens de Montréal, des Predators de Nashville et des Devils du New Jersey de 2010 à 2022 tire le maximum de chaque seconde, de chaque minute, puis réussit encore à en extraire un peu plus.

Les projets ne manquent pas pour le flamboyant retraité de 37 ans, en particulier dans son poste d’analyste en studio des matchs de la LNH à ESPN. Exubérant, spontané et doté d’un style vestimentaire bien à lui, Subban apparaît également ailleurs pour commenter le hockey et des sujets qui dépassent largement le cadre de la patinoire. Par l’entremise de sa société de production, il est constamment plongé dans les projets qui se retrouvent sur son bureau, prêt à s’investir dans tout ce qui pique sa curiosité, peu importe le temps et l’énergie nécessaires.

Le 6 octobre, Subban a été dévoilé comme vedette et producteur exécutif de la prochaine série de CBC, Screech Owls. Celle-ci comprendra 26 épisodes d’animation de 11 minutes, inspirés de la populaire série éponyme de romans jeunesse d’aventure et de mystère sur le hockey, écrite entre 1995 et 2015 par le journaliste Roy MacGregor.

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P.K. Subban pose avec la ceinture de champion de la Coupe Stanley de la WWE et les ceintures des Hurricanes de la Caroline sur le plateau de l’émission The Point d’ESPN, le 29 septembre 2026, lors de la soirée d’ouverture de la saison de la LNH.

Subban est également producteur exécutif de Junior, une autre production de CBC qui fera ses débuts en 2027. Cette série de huit épisodes de 60 minutes racontera l’histoire de Marcus Hill, un joueur de hockey noir qui tente de se tailler une place dans la LNH. Le projet s’inspire du propre parcours de Subban, du hockey junior jusqu’aux Canadiens et au-delà.

Par l’entremise de sa Fondation P.K. Subban, il a également eu une profonde influence sur la vie d’enfants dans le besoin et de leurs familles. En 2015, il s’était engagé à contribuer à une collecte de fonds de 10 millions $ pour l’Hôpital de Montréal pour enfants. L’établissement avait décrit cet engagement comme le plus important don philanthropique jamais promis par un athlète professionnel au Canada. L’objectif a été atteint en mai dernier, et environ 100 000 enfants ont bénéficié de cette initiative.

Vendredi dernier, depuis New York, Subban s’est lancé dans une conversation de 50 minutes, ponctuée de réflexions spontanées. Comme à son habitude, le bavard défenseur s’exprimait par chapitres plutôt que par phrases, abordant le projet Screech Owls, les premières semaines de la saison de la LNH, son point de vue sur les Canadiens de Montréal, avec qui sa carrière a commencé, la croissance du hockey et ce à quoi ressemble une journée « normale » dans sa vie.

« J’ai connu une semaine plutôt mouvementée, a-t-il raconté en riant. J’ai pu rentrer à Toronto pour l’Action de grâce (le 12 octobre), puis la soirée Frozen Frenzy du 13 octobre, avec ses 16 matchs, a été longue chez ESPN, à Bristol au Connecticut. Il y a beaucoup de hockey en début de saison et beaucoup de belles choses qui se passent. Je travaille sur Screech Owls avec ma boîte de production et j’ai fait du doublage pour le projet. J’établis encore des records, mais d’une autre façon. »

Comment le projet Screech Owls a-t-il vu le jour et qu’est-ce qui vous a attiré dans ce concept?

« J’ai toujours un million de choses en tête, tout le temps. C’est simplement ma nature. Je réfléchis, j’analyse. C’est ce que je fais. Je me souviens qu’il y a plusieurs années, avant la pandémie, mon agent m’avait parlé d’un projet autour de Screech Owls. Le nom me disait quelque chose, mais ça ne m’avait pas marqué immédiatement. Je me doutais que c’était un livre. Deux semaines plus tard, j’ai reçu un courriel et j’ai vu le nom de Roy MacGregor. Je me suis dit : “Tiens, je connais ce nom.” Je suis retourné voir le titre et j’ai réalisé que j’avais lu Screech Owls quand j’étais enfant.

« Les émissions pour enfants devraient servir à élargir leur imagination, à les aider à rêver et à visualiser des choses. Je me suis rendu compte que nous devions absolument réaliser ce projet, pour entraîner les enfants dans une aventure et les rapprocher du hockey, du sport, de la technologie et de l’apprentissage. […] Il s’agit de stimuler leur imagination. C’est un projet amusant pour moi. Je n’ai pas encore d’enfants, mais ma sœur en a, et aujourd’hui, tous les enfants sont sur leur téléphone ou leur tablette.

« Je me dis que si je crée quelque chose que les gens vont regarder, ils doivent en retirer quelque chose. Il faut exercer une influence positive sur eux. Je suis extrêmement enthousiaste à l’idée de faire les voix de Screech Owls. Je trouve que c’est très drôle, très moderne, et je pense que les adultes vont aussi apprécier. J’espère vraiment que les enfants vont aimer la série, qu’elle aura du succès et que nous pourrons la poursuivre pendant des années. »

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P.K. Subban (à droite) et son collègue d’ESPN Kevin Weekes sur le plateau du réseau pour la soirée Frozen Frenzy de la LNH, le 13 octobre 2026.

Comment trouvez-vous le temps de conjuguer tous ces projets, l’animation à ESPN et les autres opportunités qui peuvent se présenter, parfois à l’improviste?

(Rires) « Voici à quoi ressemblent mes journées : du lundi au (vendredi ou) samedi, je me lève à 5 h 45 et je vais au gym avec mon entraîneur. Je marche aussi entre 20 000 et 30 000 pas chaque matin. Je fais une séance d’activation et d’étirements, puis je prends un bain au sel d’Epsom pendant une heure. C’est généralement à ce moment-là que je commence à regarder du hockey.

« Je prends tous mes appels professionnels et ceux liés à la production, et je participe aux réunions prévues à mon horaire. Ma journée se termine habituellement vers 16 h ou 16h30. Je prends mon repas, puis je me prépare à regarder les matchs de la soirée. Je vais au lit dès que les rencontres sont terminées. C’est ma routine quotidienne depuis quatre ou cinq ans.

« Si vous ouvrez mon réfrigérateur en ce moment, vous allez trouver des repas préparés à l’avance. Je mange du saumon au dîner et au souper tous les jours, accompagné de légumes. Je mange 22 livres de tomates par semaine et je m’entraîne six fois par semaine. Je suis aussi actif que vous pouvez l’imaginer, probablement en meilleure forme que lorsque je jouais. La différence avec ma carrière de joueur, ce sont les déplacements. Maintenant, je peux me coucher à une heure régulière, sauf le mardi soir, quand je travaille au studio d’ESPN à Bristol. »

On dirait que vous avez très peu de temps libre…

« On pourrait croire que j’ai beaucoup de temps pour moi, mais je n’en ai pas du tout. Pratiquement toute ma vie, j’ai toujours eu l’impression que j’avais plus de temps à ma portée que ce qui était réellement le cas. Je dis aux gens que je dirige une entreprise en démarrage – PKSS Management – mais cette jeune entreprise existe depuis 20 ans maintenant. Elle continue de grandir et ce que j’aime le plus, c’est qu’elle a une raison d’être.

« Le hockey connaît une croissance rapide. Nous, les gens des médias, jouons un rôle dans cette croissance : nous contribuons à donner de la visibilité au sport et à attirer davantage de regards vers lui. Le fait que je sois un ancien joueur depuis peu apporte une perspective nouvelle à tout ce que nous faisons. Chaque jour amène de nouveaux projets, de nouvelles aventures et des occasions de faire avancer les choses dans la bonne direction, simplement pour attirer davantage de gens vers notre sport et leur permettre de vivre ce nous avons vécu, ma famille et moi. »

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P.K. Subban sur le plateau d’ESPN pendant la soirée Frozen Frenzy de la LNH, le 13 octobre 2026.

La LNH n’a jamais eu un rayonnement aussi vaste, de ses 32 marchés en Amérique du Nord aux matchs disputés et à la visibilité dont elle bénéficie en Europe…

« J’ai grandi au Canada, mais mes parents ne sont pas originaires du Canada. Beaucoup de gens qui vivent en Amérique du Nord, mais qui ne viennent ni du Canada ni des États-Unis, ne connaissent peut-être pas très bien notre sport. Mais je pense que nous avons dépassé ce stade depuis longtemps. Les gens connaissent maintenant notre sport et ils le découvrent davantage lors des matchs et grâce à nos promotions. La LNH, ESPN et les projets sur lesquels je travaille avec ma société de production visent tous à attirer les regards vers notre sport, à faire découvrir les joueurs. C’est important.

« Il faut aussi penser aux joueurs qui sont présentement actifs. Lorsqu’ils prendront leur retraite, ils pourront regarder ce que font d’anciens joueurs comme moi, Mess (l’analyste d’ESPN Mark Messier) ou les gars de TNT, comme Gretz (Wayne Gretzky), et voir des exemples de ce qu’ils pourraient faire après leur carrière.

« Quand je jouais, on ne parlait pas autant de toutes ces possibilités, mais j’étais déjà intéressé par ces domaines. Ça m’a permis d’occuper aujourd’hui un poste où je peux aider à faire grandir le sport. Je n’en tire pas seulement des avantages personnels : les gens autour de moi en profitent également. Les enfants qui portent encore des couches aujourd’hui bénéficieront de ce que nous faisons. Se réveiller chaque jour avec cet objectif est une raison suffisante pour continuer, et j’ai énormément de plaisir à le faire. C’est formidable. J’ai hâte de voir ce que l’avenir nous réserve, à moi comme à notre sport. »

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Le défenseur des Canadiens de Montréal Lane Hutson en action contre les Sabres de Buffalo au Centre Bell, le 13 octobre 2026.

Ta première équipe dans la LNH fait du bruit depuis son parcours jusqu’en finale de l’Est le printemps dernier. Tes impressions des Canadiens?

« Je crois qu’à partir de maintenant, ils seront des aspirants chaque année. Les choses changent rapidement dans la Ligue, donc tu ne souhaites pas repousser les victoires à l’année suivante ou l’autre d’après. C’est ce que j’aime de la LNH d’aujourd’hui. Il n’y a aucune garantie que tu deviennes une équipe compétitive dans les 10 prochaines années même si tu repêches bien. C’est difficile d’être une équipe compétitive et aspirante. Le CH est présentement compétitif, et tout dépendant de la saison à venir, il pourrait aspirer à de grandes choses une fois en séries.

« Les Canadiens sont une équipe rapide, qui applique de la pression. Ils sont sur leur X lorsqu’ils complètent des jeux rapidement. Lorsqu’ils y parviennent, ils peuvent rivaliser avec n’importe quelle équipe. On peut probablement en dire autant des 31 autres équipes, mais le CH a cette capacité de transformer instantanément leur échec avant en offensive. En un clin d’œil, la rondelle peut se trouver au fond du filet.

« Lorsque tu as cette capacité et du talent brut, il ne reste plus qu’à être dédié à jouer de la bonne manière. Marty St-Louis est le bon entraîneur pour cette équipe. Si le CH ne s’améliore pas, il faudra s’assurer que les joueurs sont dévoués à jouer de la bonne manière. Ils ont le talent, ils ont la vitesse, et ils ont maintenant le gabarit, même si j’aimerais voir l’équipe se grossir au centre. »

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P.K. Subban reçoit le trophée Jean-Béliveau des mains d’Élise Béliveau, la veuve de l’ancien capitaine des Canadiens, le 10 mars 2016.

Les Canadiens n’étaient-ils pas bâtis de la même manière lors de ton passage à Montréal?

« Nous l’étions. Les Canadiens ont toujours eu des formations habiles en contrôle de rondelle, des formations emballantes, mais jamais très costaudes. Lorsque nous avons connu du succès à Montréal, nous étions rapides en échec avant. Nous conjuguions gabarit et talent brut. Et avec (notre entraîneur-chef) Michel Therrien, nous appliquions de la pression. Nous devions nous engager à bien jouer défensivement pour gagner, et on peut en dire autant de cette édition 2026-27.

« Je ne suis pas inquiet pour Lane Hutson. Il commettra des erreurs, mais je sais qu’il a un esprit compétitif dans son propre territoire. Tout le monde doit ressortir son côté compétitif lorsque vient le temps de défendre.

« Si ces joueurs y parviennent, tout deviendra plus facile pour eux. Les gardiens tiendront le fort, car ils feront face à peu de chances de très grande qualité. Et nous savons que Jakub Dobes et compagnie sont capables de faire les arrêts nécessaires.

« Si le CH s’engage à jouer au meilleur de ses capacités, à rester fidèle à son identité, et qu’il comprend ce que ça prend pour gagner, il est exactement là où il doit être. Mais ces joueurs sont encore en apprentissage. C’est une bonne chose que les embûches se présentent maintenant, et non plus tard. »

Tu es l’un des six défenseurs du CH à avoir remporté le trophée Norris entre 1995 et 2013. Hutson, récipiendaire du Calder en 2024-25, peut-il suivre vos traces?

« Il a de la compétition. Le niveau de cette Ligue est très, très haut. Et ces trophées sont remis sur une base quelque peu subjective. ‘’Depuis combien de temps ce joueur est-il dans la Ligue?’’, par exemple. Je n’accorde pas une très grande importance aux honneurs individuels. Nous savons que Lane est un ‘joueur Norris’, et nous savons ce qu’il doit faire pour être considéré.

« Lane est aussi utile à son équipe qu’un Cale Makar au Colorado, un Quinn Hughes au Minnesota ou un Rasmus Dahlin à Buffalo. Son jeu dictera si, un jour, il obtiendra l’honneur. Y’a-t-il vraiment eu un meilleur défenseur que Makar dans les cinq dernières années? Probablement pas, mais il n’a pas remporté le Norris cinq ans de suite (2022, 2025).

« Le Norris est un trophée de saison régulière, et Lane devra en connaître toute une pour le remporter. Il devra être l’un des deux ou trois meilleurs défenseurs du circuit dans les prochaines années. Si c’est le cas, il finira par remporter le trophée. Et s’il devient l’un des trois meilleurs défenseurs du circuit, Montréal aura toute une saison! »

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P.K. Subban sur le plateau d’ESPN pour la soirée Frozen Frenzy, le 13 octobre dernier.

La saison est encore jeune, mais qui te surprend le plus jusqu’à maintenant, après quelques semaines?

« Les Jets connaissent un début de saison incroyable. Ils sont dans le portrait des séries avec une fiche de 4-2-2. Leur avantage numérique fonctionne à plein régime (30 %; 3e rang LNH). Tout ça sans Connor Hellebuyck, sans un triple vainqueur du trophée Vézina devant le filet. Leur jeu démontre à quel point ils sont une bonne équipe, et à quel point ils sont bien dirigés. »

Autre question hâtive : qui seront les prochains champions de la Coupe Stanley?

« J’aimerais voir les Canadiens remporter la Coupe Stanley, mais je dois me tourner vers les Capitals, les Panthers, les Hurricanes ou les Golden Knights. Ces équipes sont bâties pour un calendrier de 84 matchs… et plus encore. »

Photo d’en-tête : P.K. Subban sur le plateau de l’émission The Point sur les ondes d’ESPN pendant le premier match de la finale de la Coupe Stanley le printemps dernier.