Burns-Karlsson-badge-Deschambault

LNH.com propose une analyse en profondeur de chacune des 31 équipes pendant les mois de novembre et décembre. Aujourd'hui, les Sharks de San Jose.

Les partisans des Sharks de San Jose espèrent que la saison 2019-20 n'a représenté qu'une erreur de parcours, et que l'équipe va redevenir une puissance de l'Association de l'Ouest dès cette année.
31 EN 31 SHARKS : Les cinq meilleurs espoirs | Analyse pour les poolers | Repêchage des repêchages
Il semble que les dirigeants de l'équipe croient en cette affirmation, puisqu'ils ont apporté très peu de changements à une équipe qui a pourtant terminé au 29e rang de la LNH la saison dernière. On semble vouloir prendre le pari que le vrai visage de l'équipe est celui de la formation qui a atteint la finale de l'Ouest pas plus tard qu'il y a deux ans.
Si on a rapatrié le vénérable Patrick Marleau pour un troisième séjour en Californie après un court exil à Pittsburgh, une page d'histoire s'est néanmoins tournée à San Jose, alors que le non moins vénérable Joe Thornton a quant à lui décidé de profiter de son statut de joueur autonome afin de s'entendre pour une saison avec les Maple Leafs de Toronto.
« Tous les joueurs qui l'ont côtoyé en sont sortis grandis », a affirmé le directeur général des Sharks Doug Wilson au sujet de Thornton. « Nous misons aujourd'hui sur des joueurs qui sont mieux préparés à occuper des rôles de leadership parce qu'ils ont vu "Jumbo" à l'œuvre. De jeunes joueurs auront une belle occasion à saisir. »
S'il est vrai que des postes seront disponibles pour les jeunes joueurs de l'organisation, il reste à voir si la relève est prête à prendre le relais. Des années de succès et de transactions afin d'améliorer l'équipe à court terme ont fait en sorte que les meilleurs espoirs de l'organisation en ce moment ne sont pas nécessairement des premiers de classe. Plusieurs jeunes vont batailler pour des postes, mais rares sont ceux qui vont considérablement aider l'équipe et ils seront surtout confinés aux deux derniers trios ou à la dernière paire de défenseurs. Il reviendra davantage aux jeunes vétérans de l'équipe de ramener l'équipe en séries éliminatoires de la Coupe Stanley.
« Tomas Hertl, Timo Meier, Kevin Labanc… c'est à eux de jouer, a noté Wilson. Ils doivent hausser leur jeu à un autre niveau. »
Voici trois questions intimement liées aux succès des Sharks cette saison :

La présence de Devan Dubnyk va-t-elle relancer Martin Jones?

Dire que Jones n'a pas livré la marchandise la saison dernière relève de l'euphémisme. Il ne faut toutefois pas considérer cela comme une surprise. Ses statistiques de la dernière campagne - moyenne de buts alloués de 3,00 et pourcentage d'arrêts de ,896 - ont été tout à fait comparables à celles qu'il avait affichées en 2018-19 - moyenne de 2,94 et taux d'efficacité de ,896. L'attaque des Sharks avait toutefois permis à Jones de signer 36 victoires, il y a deux ans, tandis qu'il a dû se contenter de 17 gains en 2019-20.
Afin d'améliorer la situation devant le filet, les Sharks ont laissé partir Aaron Dell, qui a servi d'auxiliaire à Jones la saison dernière, et ont fait l'acquisition de Dubnyk dans une transaction avec le Wild du Minnesota. Dubnyk a lui aussi connu une saison 2019-20 difficile, mais il avait auparavant été l'un des meilleurs portiers de la LNH depuis son arrivée au Minnesota en 2014-15. La présence de celui qui a été une fois finaliste au trophée Vézina va forcer Jones à hausser son jeu d'un cran, sans quoi il va regarder de plus en plus de matchs depuis le banc des joueurs.

On prend le pari à San Jose que les deux cerbères vont bénéficier mutuellement de la présence de l'autre. Dubnyk et Jones ont été deux des trois gardiens les plus utilisés depuis le début de la campagne 2015-16, et on souhaite qu'un partage plus équitable des tâches leur permette de conserver leur énergie et leur niveau de jeu.
« Si on regarde la fiche de Devan au cours des cinq ou six dernières années, on se rend compte qu'il a peut-être joué un peu trop de matchs, un peu comme Jones, a expliqué Wilson. Devan est toutefois un gardien imposant, qui a été invité au Match des étoiles trois fois lorsqu'il était en santé. Nous savons de quoi il est capable. »
L'idée de créer un tandem avec Jones semble enthousiasmer Dubnyk.
« J'ai toujours considéré qu'il était important d'avoir une très bonne relation avec son partenaire devant le filet, peu importe que ce soit à titre de partant ou de réserviste, et peu importe le partage des tâches, a affirmé Dubnyk. Il est extrêmement important d'avoir le soutien de son partenaire, et je crois qu'il s'agit d'une belle occasion pour nous deux de faire équipe et de nous améliorer. »

Brent Burns et Erik Karlsson vont-ils redevenir eux-mêmes?

Lorsque Karlsson a accepté de prolonger son association avec les Sharks pour huit autres années à l'été 2019, la perspective de voir deux des meilleurs défenseurs offensifs du circuit faire la pluie et le beau temps à San Jose a dû réjouir les partisans de l'équipe.
Les deux prolifiques arrières ont toutefois enchaîné avec leur pire saison depuis belle lurette. Burns a amassé 45 points, soit son plus faible total dans une saison complète depuis sa première campagne à San Jose en 2011-12. Quant à Karlsson, il a de nouveau été ennuyé par une blessure et il a conclu la saison avec 40 points en 56 parties.

CGY@SJS: Karlsson marque du cercle droit

« Nous savons que nos meilleurs joueurs doivent rebondir et redevenir nos meilleurs joueurs, c'est un fait acquis », a noté Wilson.
Comme les Sharks n'ont pas remplacé adéquatement Brenden Dillon, échangé aux Capitals de Washington la saison dernière, il faudra que Burns et Karlsson en fassent non seulement plus en attaque, mais également dans leur territoire.

L'infériorité numérique poursuivra-t-elle sa domination?

Si les Sharks ont terminé à égalité au 28e rang de la LNH au chapitre des buts accordés avec 225, la situation aurait pu être bien pire si San Jose n'avait pas terminé au premier rang de la LNH en infériorité numérique.
Les Sharks ont montré un rendement de 85,7 pour cent à court d'un homme, une efficacité qu'aucune autre équipe de la LNH n'a surpassée au cours des quatre dernières saisons. La barre est donc très haute si l'équipe veut conserver la même efficacité.
La tâche sera encore plus ardue, puisque les deux attaquants les plus utilisés de l'équipe la saison dernière en désavantage numérique, Barclay Goodrow et Melker Karlsson, ne seront pas de retour cette saison.
L'excellence des Sharks en infériorité numérique signifie également que San Jose en a énormément arraché à forces égales. Les Sharks devront donc mettre les bouchées doubles pour corriger la situation à 5-contre-5, surtout si l'équipe ne peut reproduire son impressionnant résultat de la dernière campagne à court d'un homme.