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Avant de sauter sur la patinoire avant un match, Elliot Lennon doit d’abord écouter la trame sonore d’un film pour se libérer l’esprit et se concentrer sur la tâche qu’il doit accomplir. Quelques exemples? Il aime Gladiator, Interstellar ou même The Lion King.

Lennon peut puiser son inspiration ailleurs. Après une séance d’entraînement avec les Capitols de Madison, dans la USHL, il retourne chez lui et regarde un film. Il se branche ensuite sur l’application Letterboxd, où les cinéphiles partagent leurs opinions avec leurs amis comme avec le grand public.

Lennon se garde toujours un peu de temps pour effectuer ses travaux scolaires. Le jeune homme de 18 ans — premier gardien nord-américain sélectionné lors du repêchage de la LNH de 2026 — ne suit pas de cours en ce moment. Il étudie malgré tout.

Lennon doit étudier à l’Université Brown à compter de la rentrée scolaire 2027-28. Il s’agit d’un établissement de renommée qui accepte environ cinq pour cent des étudiants qui soummettent leur candidature.

Il étudie présentement dans le but de passer les SATs, ces examens universels que doivent passer tous les étudiants américains. Il se prépare aussi à rédiger les textes qui sont obligatoires pour tous ceux qui comptent jouer au hockey pour les Bears. Cette formation universitaire a produit 19 joueurs de la LNH au fil des ans.

« C’est une école très reconnue, et ce fut évidemment des facteurs principaux dans ma décision de me joindre à leur programme de hockey. Le processus d’application est long, il faut produire de nombreux textes écrits. Il y a beaucoup de choses à considérer », dit Lennon.

« Je dois aussi bien performer lors des SATs, mais ça vaut la peine de bien se préparer. J’ai beaucoup de temps à ma disposition, étant donné que mes journées se terminent aux environs de 13 h 30. C’est une bonne façon de demeurer actif. J’adore ça. J’aime beaucoup l’école. Mes coéquipiers ici me trouvent un peu bizarre, mais j’aime bien avoir l’esprit occupé. Je ne regrette pas mes choix. »

Étant donné qu’il était auparavant interdit de jouer au niveau junior majeur au Canada avant de faire le saut dans la NCAA, Lennon a choisi d’emprunter le chemin de la USHL. Il est le seul gardien canadien à avoir joué un match dans ce circuit jusqu’ici cette saison. Il est aussi le seul Canadien chez les Capitols.

Il n’a pas été facile pour lui de refuser l’offre des Remparts de Québec, la formation qui a raté les séries éliminatoires à une seule reprise depuis son retour dans la LHJMQ, en 1997.

« Je crois que ce fut une décision difficile, étant donné le prestige et la réputation de cette franchise dans le monde du sport. J’ai beaucoup aimé mes contacts avec les gens de Québec. J’ai été très bien traité là-bas. Ils traitent tous leurs joueurs très bien. Je n’ai que de bonnes choses à dire à leur sujet », dit celui qui a été sélectionné en huitième ronde par les Remparts, lors du repêchage de la LHJMQ, en 2024.

La famille de Lennon voulait depuis des années lui offrir la meilleure opportunité de jouer dans la NCAA. Pour cette raison, on l’a inscrit dès l’âge de 15 ans à Deerfield Academy, une école privée du Masschusetts. Là-bas, il a pu améliorer ses statistiques chaque saison. Il a complété la saison 2025-26 avec un taux d’efficacité reluisant de ,936 et une moyenne de buts alloués de 1,84.

Lennon a dû surmonter plusieurs obstacles en déménageant dans un pays étranger alors qu’il était aussi jeune. Il ne regrette absolument pas cette décision.

« J’ai subi un choc culturel. Il n’était pas évident de vivre aux États-Unis pendant neuf mois consécutifs », explique Lennon.

« Tout était différent. Les expressions utilisées dans le langage courant étaient différentes. On m’a initié à la musique country et à l’œuvre de Noah Kahan. C’était beaucoup de choses en même temps, mais c’était une superbe expérience pour moi. »

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Le passage à Deerfield Academy l’a bien préparé pour la USHL. Il a d’ailleurs eu la chance de disputer deux matchs dans cette ligue, vers la fin de la dernière saison, avec les Capitols. Dans cette équipe, il a des coéquipiers qui proviennent de l’Allemagne, de la Slovaquie et, bien entendu, des États-Unis.

« Malgré nos origines diverses, nous formons un groupe très uni. On se fiche bien de nos différences. On joue bien ensemble », dit Lennon.

« Quand on passe autant de temps ensemble, chaque semaine, nos coéquipiers remplacent en quelque sorte les membres de notre famille. La principale différence avec Deerfield, c’est l’écart d’âge entre les joueurs de notre équipe. Les plus jeunes joueurs ont 16 ans. Les plus vieux ont 20 ans. Je me retrouve un peu dans le milieu, mais ça ne fait pas une grande différence. Tout le monde s’entend bien. »

Comme Madison se trouve à quatre heures et demie d’avion de Montréal, d’où Lennon est originaire, Letterboxd est pour lui le moyen idéal de rester en contact avec ses amis de chez lui. Cette semaine, son choix s’est porté sur la série de films Hunger Games.

« Je ne les avais jamais vus auparavant, alors j’ai regardé le premier. C’était bien. Je crois me souvenir l’avoir vu quand j’étais enfant, quand j’étais vraiment, vraiment jeune, et ça m’avait semblé un peu effrayant. C’est un peu farfelu, alors je ne pense pas l’avoir regardé jusqu’au bout. Mais je l’ai vu maintenant, c’est génial », a déclaré Lennon.

« Je dirais que j’aime les films intenses. Je dirais, des films qui ne te bouleversent pas psychologiquement… mais qui sont bizarres, comme Shutter Island, Interstellar, Inception, Prisoners; je dirais que ce sont mes films préférés. »

Lorsque le dernier projet de Christopher Nolan, The Odyssey, est sorti cet été, ça a été comme « des vacances » pour Lennon et ses amis.

« Le 17 juillet, c’était comme Noël pour nous. On était au cinéma vers 20 h 30 le 17 juillet pour le voir. On l’a regardé environ cinq fois pour l’étudier… alors que personne ne voyait nos critiques sur Letterboxd », rigole Lennon.

« Je pense que quand on est loin de la patinoire, surtout dans le hockey junior, la saison est longue. C’est très stressant, la pression est forte, et donc je pense que quand on en a l’occasion, on fait ce qui nous amuse. La saison est longue, ça me permet simplement de décompresser un peu, de me recentrer un peu en dehors de la patinoire et de revenir à la normale pendant quelques heures. »

Regarder autant de films a également donné à Lennon des outils pour sa préparation d’avant-match. Juste avant un match, il s’assoit sur le banc et écoute une méditation guidée. Puis, alors qu’il est assis dans son casier en attendant d’entrer sur la glace, il met la trame sonore d’un film.

« C’est généralement Gladiator, ou alors j’écoute Interstellar, ou quelque chose comme ça. J’ai même écouté The Lion King il y a quelques semaines. La musique instrumentale, ça m’aide en quelque sorte à me concentrer, ce qui est un peu étrange, mais ça a bien fonctionné jusqu’à présent », a déclaré Lennon, qui se tient loin des superstitions plus traditionnelles des gardiens de but, comme parler à ses poteaux.

Mesurant six pieds cinq pouces, Lennon est un espoir prometteur pour les Sénateurs. Il était également ravi d’avoir été repêché près de chez lui. Il prendra le temps de se développer et de s’imprégner de l’expérience à Madison cette année avant de se rendre à Brown. 

Peut-être qu’une partie de la raison pour laquelle il aime tant l’école, c’est la pression, qu’il décrit comme ce qu’il préfère dans le fait d’être gardien de but.

« C’est différent d’être gardien de but plutôt que joueur, peut-être. Mais j’adore ça. J’adore que tout repose sur toi, et c’est vraiment un poste unique. Tout repose sur toi, la plupart du temps en tout cas. Et j’aime bien cette forte pression; je crois qu’elle fait ressortir le meilleur de moi-même », a déclaré Lennon.

« Je pense que sur le moment, c’est peut-être un peu stressant pour mes parents ou pour les gens qui me connaissent et qui regardent le match. Mais moi, j’adore ça. Tu sais, je crois que c’est ce qui rend le rôle de gardien de but au hockey si unique par rapport à beaucoup d’autres sports. »

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