Mercredi après-midi, le maire d’Ottawa Mark Sutcliffe a annoncé que le vice-président aux communications des Sénateurs, Ian Mendes sera un des 15 récipiendaires de l’Ordre d’Ottawa en 2026.
Mendes deviendra le quatrième membre de l’organisation des Sénateurs à recevoir cet honneur, après le regretté Bryan Murray (en 2015), l’ancien joueur et vice-président aux opérations d’affaires, Chris Phillips (en 2016), et le président Cyril Leeder, en 2017.
« Lorsqu’on énumère ces gens et qu’on ajoute mon nom à la fin, j’ai l’impression que je ne suis pas à ma place », dit Mendes mercredi soir.
« Cy a été un dirigeant, Philly a été un joueur, Bryan a été un entraîneur et un directeur général. Chacun, à sa façon, a établi la fondation de ce que devrait être un membre de l’organisation des Sénateurs d’Ottawa. Chacun a contribué à bâtir notre communauté. Le fait de me retrouver parmi eux constitue pour moi un immense honneur. »
Mendes a appris au début du mois d’octobre qu’il recevrait cet honneur. C’est le maire Sutcliffe, un ancien collègue avec qui il décrivait des matchs de baseball sur les ondes de Rogers TV, qui lui a annoncé la nouvelle.
« Parfois, Sutcliffe m’envoie un texto ou il me passe un coup de fil. Il n’est pas rare qu’il m’appelle. Quand j’ai reçu cet appel, au début du mois, j’étais honoré, mais aussi sous le choc », dit celui qui s’est contenté de partager la nouvelle avec sa femme, Sonia, et ses filles, Lily et Elissa, à ce moment-là.
Mendes est originaire de Vancouver, mais il s’est installé à Ottawa quand il avait 17 ans afin de poursuivre son rêve d’œuvrer dans le monde du journalisme sportif. Il s’est présenté sur le campus de l’université Carleton, avec l’intention d’y passer quatre ans. Trente-deux ans plus tard, il se sent aujourd’hui chez lui dans la capitale.
« Ce n’est même pas ma ville adoptive. C’est chez moi », dit Mendes. « Ça fait trois décennies, maintenant. Je suis tombé en amour avec la communauté C’est fou. Si on m’avait dit, à 17 ans, que je passerais trois décennies ici, je ne l’aurais jamais cru. »
Comme plusieurs récipiendaires de l’Ordre d’Ottawa, Mendes a été un supporter de longue date de plusieurs organismes de bienfaisance de la région, comme le CHEO, Roger Neilson, soins palliatifs pour enfants, le Manoir Ronald McDonald, et les Capital City Condors. Il s’implique en grande partie parce qu’Elissa, sa fille aînée, a reçu d’excellents soins après être née avec un kyste au cerveau.
« Je pense qu’en tant que parent, quand on a un enfant qui souffre de graves problèmes de santé, cela ouvre un robinet d’empathie qui, je crois, ne se tarit jamais, et je pense que pour moi, c’était simplement cela : comprendre à quel point nous avons de la chance », a déclaré Mendes.
« Les Condors en sont un excellent exemple, parce qu’on y voit toutes ces familles qui ont des enfants présentant des retards de développement ou des difficultés d’adaptation sociale, et ça aurait très bien pu nous arriver. On a eu beaucoup de chance avec l’intervention chirurgicale, mais ça aurait pu être notre réalité, et il ne se passe pas un jour sans qu’on y pense. Je crois que l’élément déclencheur, c’est d’avoir un enfant aux besoins médicaux complexes, puis d’avoir l’impression d’avoir gagné à la loterie, parce qu’elle a finalement connu une issue vraiment heureuse. »
Maintenant à sa troisième saison avec les Sénateurs, Mendes décrit sa carrière comme un « parcours vraiment unique ». Après avoir obtenu un diplôme en journalisme à Carleton, il a travaillé aux relations publiques pour les Lynx d’Ottawa (l’ancienne équipe affiliée de niveau AAA des Expos de Montréal), puis a occupé un poste similaire au sein des Sénateurs pendant deux saisons.
Après son premier passage chez les Sénateurs, il est devenu reporter à la télévision pour Sportsnet. Il a ensuite rejoint TSN 1200 en tant qu’animateur de radio. Il a par la suite écrit pour The Athletic avant de revenir chez les Sénateurs en tant que vice-président aux communications.
« J’aime dire en plaisantant que j’ai réussi à faire le cycle complet : on fait des relations publiques et de la communication, on fait de la radio, on fait de la télévision, on écrit, et on fait tout ça séparément. Ça m’a permis d’apprécier pleinement chaque média. Mais plus que tout, je pense que ça m’a permis de nouer des liens dans tous ces milieux », a déclaré Mendes.
« Je fais toujours partie d’un groupe de discussion avec tous mes anciens collègues de TSN 1200. C’est peut-être le groupe de discussion le plus actif auquel je participe. On arrive tout simplement à tisser ces superbes liens, tout comme chez Sportsnet. J’ai tellement d’excellents amis chez Sportsnet, et chez The Athletic aussi. »
« C’est ce que j’aime le plus de mon parcours dans tous ces différents milieux médiatiques : on tisse ces relations et ces amitiés formidables qui vont durer toute une vie. »
Aujourd’hui, ses deux filles poursuivent une carrière dans les médias. Elissa est diplômée de Carleton et effectue un stage au Toronto Star. Sa plus jeune fille, Lily, fréquente Toronto Metropolitan University et prépare un diplôme en production médiatique. Ce sont elles qui l’ont poussé à quitter son poste de reporter national chez Sportsnet à l’automne 2013.
« Quand je repense à ma carrière, je crois sincèrement que l’une des choses dont je suis le plus fier, c’est d’avoir pris mes distances au sommet de ma carrière à la télévision, parce que je savais que j’avais besoin de passer plus de temps avec ma famille », a déclaré Mendes, qui s’est rapidement pris d’affection pour le lien qu’il avait tissé avec la ville en animant une émission de radio sportive.
« Nos filles avaient neuf et six ans à l’époque, et je savais que si je continuais à travailler 150 ou 170 jours par année sur la route, je n’aurais jamais l’impact que je souhaitais avoir sur elles dans cette relation. Je pense que mes enfants, qu’ils en aient été conscients ou non, ont probablement apprécié cela. Et cela m’a également permis de m’investir davantage dans la communauté, puisque je ne voyageais plus autant. »
En 2022, alors qu’il travaillait pour The Athletic, Mendes est retourné à son université d’origine en tant que professeur et enseigne désormais un cours de journalisme sportif aux étudiants de quatrième année. C’est là qu’il tente de repérer et d’aider les talents de demain, en laissant la porte ouverte à la prochaine génération.
« Je crois qu’on a le devoir de redonner à la communauté. Je pense que si je gagnais 80 millions de dollars à la loterie, je m’efforcerais de redistribuer cette richesse, et c’est ce que j’essaie de faire avec l’influence que j’ai eu la chance d’acquérir : comment puis-je la partager? »
« Pour moi, l’une des choses les plus gratifiantes est de me rendre à Carleton les mercredis soirs et d’avoir l’occasion de travailler avec 20 à 25 jeunes étudiants qui ont tellement envie de faire carrière dans l’industrie.
« C’est ça que je veux laisser comme héritage : que, dans plusieurs années, tous ces jeunes journalistes se disent : “Ian m’a ouvert la porte, je dois à mon tour ouvrir la porte à quelqu’un d’autre”. Pour moi, l’héritage, c’est quand on peut avoir un impact sur la génération qui nous succède. »
Parmi les milliers d’événements sportifs que cet homme de 49 ans a couverts, notamment la Série mondiale, les finales de la coupe Stanley et les Jeux olympiques, Mendes décrit son expérience préférée comme quelque chose d’un peu plus proche de chez lui.
« Ce que j’ai préféré, en quelque sorte, parmi tout ce à quoi j’ai participé, c’était d’entraîner ma fille en ringuette et de diriger le programme de ringuette des Ravens de Nepean », a déclaré Mendes.
« Je n’ai rien accompli de plus grand dans ma vie sportive que d’être derrière le banc pour ma fille. Pour moi, c’est donc la meilleure partie de mon engagement communautaire à Ottawa : donner de mon temps à titre bénévole pour entraîner de jeunes athlètes qui voulaient jouer à nouveau. »

















