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Dans le cadre des textes de la série « Tête-à-tête avec… », nous nous entretenons avec des acteurs du monde du hockey afin d'en apprendre plus sur leur vie sur la glace et à l'extérieur. Cette édition met en vedette Hilary Knight, gagnante de la médaille d'or avec l'équipe américaine de hockey féminin aux Jeux olympiques de Pyeongchang 2018 et de huit Championnats mondiaux de l'IIHF.
Hilary Knight a découvert Cammi Granato et le hockey féminin lorsque les États-Unis ont obtenu la médaille l'or aux Jeux olympiques de Nagano en 1998, les premiers à tenir un tournoi féminin. 20 ans plus tard, c'est Knight que les jeunes hockeyeuses des États-Unis ont pu admirer lorsque l'équipe américaine s'est emparée d'une deuxième médaille d'or olympique, cette fois à Pyeongchang.

L'attaquante de 33 ans a également aidé les États-Unis à récolter l'argent à Pékin en février. Dorénavant, c'est le désir de retourner sur la première marche du podium à Milan, en 2026, qui incite Knight à jouer encore au plus haut niveau.
Et elle ne tient pas cette éventuelle opportunité pour acquise.
« Nous verrons comment les cartes seront brassées », image Knight. « C'est une question d'aimer ce sport, car c'est difficile de jouer longtemps et de rester en santé. On contrôle ce qu'on peut contrôler. »
Knight a joué au sein de l'équipe Sonnet lors du Secret Dream Gap Tour 2022-23 de l'Association professionnelle des joueuses de hockey féminin (PWHPA), en plus d'œuvrer comme analyste LNH pour la chaîne ESPN.
NHL.com a rencontré Knight et a notamment discuté avec elle de ses joueurs préférés en grandissant, du défi d'être analyste à la télévision et du défi de voir des femmes gagner leur vie avec le hockey.
Que fais-tu ces jours-ci?
« J'étais dans le processus d'achat d'une maison, mais j'ai finalement laissé tomber cela. Je croyais que j'avais fini ma carrière de joueuse et que j'étais prête à déménager dans l'Ouest. Puis, tu retrouves la volonté de jouer, tu peux et tu veux toujours le faire. Donc, j'ai fait un virage à 180 degrés et je suis retournée au Minnesota. Toutes les joueuses de notre équipe s'entraînent là-bas, c'est donc plus plaisant d'être accompagnée.
J'ai pris cette décision pour entretenir le rêve [que je vis depuis le début de ma carrière]. Je travaille également pour ESPN cette année en tant qu'analyste, à temps partiel. Je me prête donc à plusieurs occupations, que ce soit en studio ou sur la glace. C'est stimulant! J'en apprends beaucoup. Mes consoeurs et moi enfilons également différents chapeaux dans la promotion du sport féminin et de la visibilité des femmes en général. Nous avons à voyager pour des panels de discussion. Et tout le monde veut que cela se fasse en présentiel maintenant, et non par 'Zoom'. Je me réveille le matin et j'ai de grandes responsabilités, mais j'ai la conviction que c'est l'un des meilleurs emplois au monde ; pouvoir m'entraîner, être en santé, active et capable de bâtir quelque chose d'incroyable avec la PWHPA. »
Tu as mentionné que tu « entretiens le rêve ». Le terme Dream Gap (Plafond des rêves) prête son nom à votre tournée. Comment définis-tu ce terme pour les gens qui ne sont pas familiers avec ce qu'il symbolise?
« Essentiellement, nous aspirons à avoir l'équivalent de ce que les hommes ont pour l'élite. Lorsque les hockeyeuses graduent de l'université, il y a une étrange impasse en termes de ressources et de tout ce qui est nécessaire pour devenir une joueuse d'élite. Si on ne se trouve pas sur l'une des équipes nationales, c'est comme si c'était terminé. Ce que nous avons donc mis en place avec « Secret » est le 'Dream Gap Tour', qui vise à combler cette impasse en vue de la prochaine étape en faisant partie d'une bonne ligue avec des ressources appropriées pour jouer et un revenu nous permettant de vivre. Et nous espérons que la prochaine génération, en grandissant, verra qu'en s'engageant dans ce sport jusqu'au bout, ils pourront en faire une profession à temps plein. »
Qui était ton joueur (ou ta joueuse) préféré(e) en grandissant?
« Honnêtement, jusqu'à ce que je découvre l'équipe nationale américaine de 1998, je ne savais pas que le hockey féminin existait. Cammi Granato est donc la toute première joueuse que j'ai vue. Avant cela, Chris Chelios. J'aimais Chris Chelios, (Dominik) Hasek, Chris Osgood et j'ai d'ailleurs toujours cru que je voulais être gardienne de but. Les Blackhawks n'étaient que rarement diffusés à la télévision, donc nous regardions beaucoup les Red Wings de Detroit à l'époque ; 'Stevie Y' (Steve Yzerman) et les autres! C'est particulier que ça se soit déroulé ainsi. En grandissant, on commence à comprendre à quel point la visibilité est importante, puis j'ai vu l'équipe de '98 et je me suis dit que je voulais faire la même chose. Et maintenant que c'est le cas, je réalise encore plus à quel point c'est important d'être vues. »
En remportant l'or olympique à Pyeongchang en 2018, penses-tu que l'impact de votre équipe sur les jeunes filles américaines est similaire à celui de l'équipe de 1998 sur ta génération?
« Oui. Nous recevons plus d'attention depuis notre victoire. Tout le monde nous sollicite car nous avons gagné, c'est ainsi que le sport fonctionne. Et je crois que j'ai cette prémisse en arrière-pensée. Nous voulons gagner parce que nous sommes des compétitrices, mais aussi parce que ça prend une ampleur majeure aux États-Unis lorsque ça arrive. Tout le monde aime les gagnants, c'est donc ce que nous voulons être. »
Sarah Nurse se retrouve sur la pochette du jeu vidéo NHL 23 en compagnie de Trevor Zegras des Ducks d'Anaheim. À quel point c'est important pour le hockey féminin?
« Ce l'est beaucoup. J'ai hâte de voir Sarah sur la pochette sans être accompagnée. C'est la prochaine étape, à mon avis. C'est une joueuse extraordinaire et une personne idéale pour être sur la pochette. Il était temps que nous soyons incluses sur un jeu d'EA. C'est bien. Cette reconnaissance est un bon point de départ. »
Y'a-t-il un engouement à savoir qui sera la prochaine joueuse à figurer sur la pochette?
« Je ne sais pas. Il doit y en avoir un, n'est-ce pas? On voit quelqu'un y être et on se dit qu'on voudrait être la prochaine. Je crois que c'est bien d'avoir pu briser ce plafond de verre, ce que nous n'avions pas été en mesure de faire tout ce temps. »
Tu as remporté l'or olympique en 2018, puis l'argent à Beijing plus tôt cette année. Est-ce que les Jeux de 2026 sont encerclés sur ton calendrier?
« Absolument! Je ne peux pas m'empêcher d'y penser. Je crois que nous avons gaspillé le talent que nous avions cette année, et c'est frustrant en tant que joueuse. Tu te rends jusqu'au bout pour finalement arriver à court. Ça donne l'appétit de revenir et de tout donner. Le calibre est très bon lors de ces tournois, c'est ce qu'on recherche. C'est tellement plaisant lorsque le jeu ralentit et… c'est juste beau! Je ne sais pas comment le décrire autrement. »
Qu'as-tu appris en faisant de la télévision?
« C'est beaucoup plus difficile que ce que les gens soupçonnent. Tu dois prendre tout ce qu'il y a dans tes pensées et le verbaliser à des gens qui ont tous un niveau de connaissance différent du hockey. Prendre ce qu'il y a dans mon cerveau et le relâcher en ondes est tout un défi. C'est une expérience remplie d'apprentissages. C'est plaisant de pouvoir apporter ma perspective. Et partager un studio avec 'Cheli' (Chris Chelios) et Mark Messier est 'cool', n'est-ce pas? Nous avons beaucoup de plaisir et l'équipe d'ESPN m'a très bien accueilli. »