MTL_Price_Buzz

Tout au long de la saison, les membres du LNH.com participeront à des tables rondes pour répondre à diverses questions. En interagissant entre eux, nos experts donnent leur opinion sur plusieurs sujets chauds à travers la LNH.

À LIRE AUSSI : Dupuis : D'agent de joueurs à DG, pourquoi pas! | Kent Hughes a très hâte de se mettre à la tâche | CH : Hughes n'avait pas de longueur d'avance, assure Gorton
Aujourd'hui, on leur a posé la question suivante : Kent Hughes est officiellement en poste depuis mardi, mais déjà, les dossiers s'empilent sur son bureau. Selon vous, quelle devrait être la priorité du nouveau directeur général des Canadiens de Montréal?

Sébastien Deschambault, directeur de la rédaction LNH.com

Depuis plus de 10 ans chez les Canadiens, les succès de l'équipe passent par le rendement de Carey Price. Cette équipe a toujours été bâtie autour de lui, et il a montré à de nombreuses occasions qu'il pouvait à lui seul transporter l'équipe sur ses épaules lorsqu'il est au sommet de son art.
C'est pourquoi la priorité de Hughes devrait être de décider de la marche à suivre avec son gardien vedette. La première étape est évidemment pour Hughes de savoir comment va son gardien, mentalement et physiquement. Est-il possible de le revoir cette saison, alors qu'il se remet toujours de son opération au genou subie au cours de la saison morte? Dans quel état d'esprit se trouve-t-il, quelques mois après sa participation au Programme d'aide aux joueurs?
Parce que si une reconstruction, partielle ou complète, est dans les cartons, il faudra voir avec Price s'il est à l'aise d'en faire partie. À partir de là, si un changement d'adresse s'impose, les autres DG de la Ligue voudront savoir à quel point il est rétabli, d'où l'importance de savoir s'il sera en mesure de renouer avec l'action cette saison.

MTL@TBL, #5: Price refuse de céder contre Palat

Échanger le visage de l'organisation et le meneur de l'histoire de l'équipe pour les victoires apporte son lot de risques, et pas besoin de dire que le nouveau DG n'aura pas le droit de se tromper si c'est cette avenue qui est choisie. Et si le souhait de Hughes et de Price est que le gardien demeure à Montréal, il est important pour le DG de s'assurer qu'il est toujours en mesure de livrer la marchandise.

Hugues Marcil, pupitreur LNH.com

Le dossier Price figure assurément au haut de la liste de tâches du nouveau DG montréalais, mais comme les Canadiens ont indiqué lundi dernier que le gardien n'avait pas progressé dans sa remise en forme depuis près d'un mois, Hughes n'aura peut-être pas toutes les réponses au sujet du joueur de concession dans un avenir rapproché.
Pour moi, ce qui presse le plus est la nomination d'un directeur du dépistage amateur, le rôle qu'occupait auparavant Trevor Timmins en plus de ses fonctions de DG adjoint.
J'ai hâte de voir le plan de Hughes pour le Tricolore, mais mon humble avis est qu'il doit procéder à une reconstruction. Peut-être pas au point de démolir l'équipe jusqu'à ses fondations comme on le voit chez les Coyotes de l'Arizona - car les Canadiens ont quelques contrats dont il pourrait être difficile de se départir (Price, Brendan Gallagher, Josh Anderson) - mais à tout le moins une réinitialisation.
Hughes a déjà dévoilé qu'il veut bâtir une équipe rapide, talentueuse et avec du caractère qui pourra être compétitive pendant des années. Quand je regarde les équipes qui répondent à ces critères à travers la LNH, je ne vois que des équipes qui ont été propulsées au sommet par les joueurs qu'elles ont repêchés. Le Lightning de Tampa Bay, l'Avalanche du Colorado, les Panthers de la Floride et les Hurricanes de la Caroline sont quelques bons exemples. Tout passe par le repêchage désormais dans la LNH, et il n'y a pas vraiment d'autres moyens d'y arriver.
On dit de Gorton et de Hughes qu'ils ont un œil pour le talent, mais comme ils ont une équipe au complet à gérer, ils devront s'entourer de personnes qui ont la même vision qu'eux pour dénicher des joueurs qui cadrent avec la philosophie de l'équipe. Pour l'instant, c'est Martin Lapointe qui occupe le rôle de directeur du personnel des joueurs et directeur du recrutement amateur. Est-il la bonne personne pour occuper ce rôle à long terme? Si oui, tant mieux, mais Hughes doit répondre à la question.
La date limite des transactions approche et on aura une bonne idée du plan des dirigeants du CH à ce moment-là. Si on opte bel et bien pour l'avenue de la réinitialisation, il ne serait pas surprenant de voir l'équipe se départir de quelques vétérans pour mettre la main sur des choix au repêchage ou des espoirs, et c'est là où un plan clair en matière de recrutement amateur devient crucial.
Le prochain repêchage risque d'être l'un des plus importants des Canadiens depuis belle lurette. Non seulement il aura lieu au Centre Bell, mais le Tricolore a rarement eu d'aussi bonnes chances d'obtenir le premier choix au total. Il ne peut pas se tromper, comme ç'a trop souvent été le cas durant l'ère Marc Bergevin. Durant son règne, Montréal a repêché quelques bons joueurs de profondeur, mais aucun joueur d'impact. On ne peut pas demander à une équipe de frapper le coup de circuit chaque année au repêchage, mais beaucoup de formations y arrivent de temps à autre, et le CH doit en faire autant.

Robert Laflamme, journaliste principal LNH.com

On s'entend que le dossier de Price doit venir au sommet de la liste des priorités, comme l'étoffe Sébastien et le souligne Hugues. Peu d'informations filtrent publiquement au sujet du gardien vedette, mais l'organisation a sûrement en main le portrait clair de la situation.
Deux possibilités ici. La première : il se peut que Price et le CH aient déjà tout simplement convenu de faire une croix sur cette saison et de repartir à neuf pour 2022-23. Dans ce cas, il n'y a rien à régler, et vogue la galère. La seconde : il y a brisure et Price doit partir. Alors là, les choses se compliquent drôlement et, à mon humble avis, on ne réglera rien avant l'été prochain. Le transfert d'un joueur de la trempe de Price s'opère plus facilement au cours de l'entre-saison, d'autant s'il est sur le carreau!
À très brève échéance, les nouveaux dirigeants doivent vite identifier les leaders autour desquels ils veulent rebâtir. Parce qu'il est clair que l'ère Shea Weber est terminée. Kent Hughes a déjà fait savoir qu'il y aura un nouveau capitaine, la saison prochaine. Certains vétérans, comme Tyler Toffoli, ont déjà manifesté le désir de faire partie de la solution. Ce n'est d'ailleurs pas une coïncidence si les Canadiens ont repris des couleurs depuis son retour au jeu cette semaine. Anderson en est un autre qui a affirmé vouloir faire partie de la relance.

MTL@VGK: Toffoli complète le jeu de Suzuki en A.N.

D'autres vétérans se montrent plus discrets sur la thématique. C'est sur leur cas qu'on doit rapidement se pencher, avant la date limite des transactions.

Nicolas Ducharme, journaliste LNH.com

Messieurs, vous avez très bien résumé ce que sont les deux premiers travaux de Hughes. Comme Astérix, je passe donc au troisième de ses 12 travaux. Non, Hughes n'aura pas à battre Cylindric le Germain, mais il devra décider du futur de l'entraîneur-chef Dominique Ducharme.
L'arrivée de Hughes a coïncidé avec une certaine remise sur pieds de la part des Canadiens. Plusieurs joueurs ont quitté l'infirmerie, et l'équipe joue un peu mieux récemment, même si elle accorde plus de lancers qu'il n'y avait de copies de cassettes VHS dans un SuperClub Vidétron.
C'est une bonne chose, puisque l'inverse aurait rendu plus tendue une rencontre entre le nouveau DG et Ducharme.
Hughes devra comprendre ce qui a fait dérailler l'équipe de cette manière. La liste de problématiques est longue, de Price à Weber en passant par les blessures et l'attitude générale de l'équipe, mais on parle tout de même ici d'une équipe qui avait atteint la finale de la Coupe Stanley quelques mois plus tôt avec Ducharme derrière le banc.
Quelle est la responsabilité de l'entraîneur, de ses adjoints, des systèmes de jeu et des techniques d'entraînement dans ce déraillement? Est-ce que des changements s'imposent?
Ducharme n'a pas été nommé à son poste par Gorton et Hughes, ce qui le place dans une position délicate quant à son avenir, et un changement pourrait survenir au terme de la saison. Mais en même temps, il est le seul entraîneur qui a mené les Canadiens en finale de la Coupe Stanley depuis Jacques Demers en 1993. Ce n'est pas rien.
Surtout, Ducharme ne sera pas facile à remplacer, si telle est la décision. C'est une loi non écrite à Montréal que le général derrière le banc doit parler français. Or, ils ne courent pas les rues les entraîneurs francophones ayant le pedigree de Ducharme. Y'a-t-il une autre solution pour permettre à tout le monde de repartir à zéro l'an prochain?