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BROSSARD – Martin St-Louis imitait Patrick Roy quand il enfilait des jambières et un masque pour un classique match de hockey dans une ruelle de Laval. Il avait dix ans seulement quand Roy a gagné en 1986 avec les Canadiens de Montréal la première de ses quatre conquêtes de la Coupe Stanley.

Du gamin qui idolâtrait Roy, St-Louis recroisera le numéro 33 dans un contexte bien différent jeudi soir sur la glace du Centre Bell. Les deux membres du Temple de la renommée du hockey seront les deux entraîneurs en chef pour ce duel entre les Islanders de New York et les Canadiens.

St-Louis sait que ce match aura une grande symbolique, surtout pour les partisans. 

« Je pense que Patrick Roy, c’est le Canadien de Montréal, a dit St-Louis. J’ai grandi en regardant Patrick. C’est normal de croire à un match significatif. Patrick sera au Centre Bell derrière un autre banc. Mais je ne vois pas ça comme moi contre Patrick. Ce sont les joueurs qui jouent. Je comprends toutefois ce que les partisans peuvent ressentir. »

À ses jours dans la LNH, St-Louis a joué trois matchs contre Roy : deux fois dans l’uniforme des Flames de Calgary et une fois avec le Lightning de Tampa Bay. Il avait décoché trois tirs contre « Casseau » sans jamais le déjouer.

Sous les couleurs de l’Avalanche du Colorado, Roy avait signé trois victoires en trois départs contre un St-Louis qui en était à ses premières saisons dans la grande ligue. C’était le 10 février 2000, le 7 mars 2000 et le 16 octobre 2001. 

La magie d’un pee-wee

En conférence de presse mercredi après-midi à la suite d'un entraînement du Tricolore, St-Louis ne pouvait dire avec exactitude s’il avait déjà marqué contre Roy dans la LNH. Mais il avait un souvenir encore plus vieux toujours frais à sa mémoire. 

« J’ai toujours eu un grand respect pour Patrick, a mentionné l’ancienne gloire du Lightning. Je suis né en 1975. Patrick a fait ses débuts avec les Canadiens en 1986. J’ai vu les conquêtes de 1986 et de 1993. Je me prenais pour Patrick Roy quand j’étais un gardien dans la rue. Nous l’admirions tous. Il symbolisait beaucoup pour moi, comme les autres jeunes de ma génération. »

« Patrick a longtemps agi comme la colonne vertébrale de cette équipe, a-t-il continué. J’ai joué contre lui. C’était assez cool. Je ne sais pas si j’avais marqué contre lui, mais je sais que je l’avais fait quand j’avais 12 ans. Patrick n’a probablement aucun souvenir de ça. J’avais représenté les Canadiens pour le tournoi pee-wee de Québec. Il y avait un entraînement Humpty Dumpty qui était ouvert pour les partisans. Nous étions sur la glace avec les joueurs des Canadiens. Tous les joueurs de mon équipe avaient droit à une échappée. Je m’étais retrouvé contre Patrick. Il avait essayé de harponner la rondelle contre moi, mais j’avais décoché un lob pour marquer. Et Mats Naslünd avait obtenu cinq tirs de barrage contre nos gardiens. Un de nos gardiens était Jocelyn Thibault. C’est drôle de penser à cela aujourd’hui. En plus, Mats était une de mes idoles. »

St-Louis avait un grand sourire dans le visage quand il repensait à cette journée magique sur la patinoire du vieux Forum de Montréal avec son équipe pee-wee, les Sénateurs de Laval. 

« J’étais prêt pour ce but, a-t-il lancé en riant. J’étais prêt pour la LNH ! J’étais un enfant et je rêvais de la LNH. C’était spécial comme moment. J’avais 12 ans et je me retrouvais avec mon idole, Mats Naslünd, et je décochais un tir contre Patrick Roy devant un Forum rempli. Je ne croyais pas vivre une telle expérience. J’étais chanceux. J’ai beaucoup de souvenirs du hockey dans mon enfance. C’est ce que j’aime le plus le hockey d’enfance. C’est pur et c’est pour la passion. »

Montembeault veut gagner

À l’intérieur du vestiaire, la visite de Roy représentait aussi un sujet de conversations. 

« J’ai porté souvent le numéro 33 dans ma jeunesse et même avec les Panthers, j’avais le 33, a affirmé le gardien Samuel Montembeault. Je ne peux pas le porter à Montréal ! Je sais qu’il s’agira d’un match spécial. »

« Nous voudrons gagner pour Martin, mais les joueurs des Islanders voudront aussi gagner pour Patrick qui revient au Centre Bell. Il s’agira d’un match intense. Je m’attends à une belle soirée. »

Montembeault a confirmé qu’il obtiendra le départ face aux Islanders. 

Dans un autre coin du vestiaire, Rafaël Harvey-Pinard a également parlé de l’importance de cette rencontre. 

« J’ai le goût de gagner ce match et de battre Patrick, a souligné l’ailier. C’est le fun de jouer un match contre un homme qui est reconnu dans le monde du hockey. Nous aurons besoin d’une bonne émotion pendant 60 minutes. »

Après trois revers d’affilée et avec la présence de Roy au Centre Bell, le CH ne devrait pas manquer de sources d’inspirations.

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