KAPANEN BADGE CHAUMONT

BROSSARD, Qc – Oliver Kapanen s’attendait à ouvrir la saison au centre du deuxième trio des Canadiens de Montréal avec Juraj Slafkovsky à sa gauche et Ivan Demidov à sa droite. Il a finalement joué son premier match de la saison à l’aile droite du quatrième trio avec Jake Evans et Kirby Dach après une absence de sept rencontres en raison d’une mystérieuse blessure au bas du corps.

Kapanen ne s’en cache pas. Il commençait à taper du pied en regardant ses coéquipiers du haut de la passerelle de presse.

« C’était un peu difficile mentalement, a-t-il dit à sa sortie d’un entraînement lundi matin à Brossard. Je restais évalué sur une base quotidienne et j’avais hâte de revenir au jeu. Après trois matchs, j’avais recommencé à m’entraîner, mais j’ai eu un recul dans ma rééducation. La guérison ne se déroulait pas comme nous le voulions.

« Je me suis absenté pour une plus longue période que je le croyais, a-t-il poursuivi. Les physiothérapeutes avaient également planifié une moins longue absence. Nous avons joué de prudence. C’était probablement la décision la plus sage. »

À son retour au jeu samedi contre les Sabres de Buffalo, Kapanen n’a rien fait de spectaculaire, mais il a offert un rendement honnête à l’aile droite du quatrième trio. En conférence de presse après le gain de 4-3 en prolongation, Martin St-Louis avait mentionné que le numéro 91 avait joué exactement comme il s’y attendait.

« Je le regarde jouer et je sais ce qu’il fera, avait souligné St-Louis. Il est très prévisible et il comprend le jeu dans les deux bords. C’est rare qu’il ne se retrouve pas à la bonne place. J’ai aimé ce trio. »

Kapanen a dressé un bilan un peu plus nuancé de sa première audition.

« Je me suis bien senti pour mon retour au jeu, a affirmé le Finlandais de 23 ans. J’ai joué un match correct. Je n’étais pas à mon sommet pour un premier match après quelques semaines sans jouer. Je devais me réadapter au rythme d’un match et assimiler de nouveaux détails dans notre structure.

« Je me retrouve à l’aile, c’est un peu différent. Mais j’ai déjà joué à cette position. Je me considère comme un joueur intelligent et j’ai la capacité de m’adapter. Ce n’était pas un problème. »

Une fois qu’il aura regagné ses repères, Kapanen aura comme mission de grimper au sein de la hiérarchie de l’équipe. Il voudra effacer de sa mémoire sa fin de saison hasardeuse où il n’a pas joué pour 12 des 19 matchs du CH en séries.

« Il n’y a aucun doute que je veux rebondir cette saison, a-t-il mentionné. Je l’ai déjà dit, mais je n’ai pas aimé ma fin d’année. Je ne m’attendais pas à une telle chute dans mon jeu et ma production. Je me sentais bien cet été et lors du camp. J’avais hâte de redémarrer la machine, mais je me suis blessé vers la fin du camp. Je chercherai maintenant à démontrer que je peux redevenir le joueur des premiers mois de la dernière saison. »

En 2025-26, sa campagne recrue, Kapanen a amassé 37 points (22 buts, 15 passes) en 82 matchs. Il avait toutefois frappé un mur à son retour des Jeux de Milano Cortina à la fin du mois de février.

Si Kapanen croit en ses chances de se relever assez rapidement, Kaiden Guhle se range également dans son camp.

« Kapy a connu une très bonne saison recrue, a rappelé Guhle. Il a joué une grande portion de l’année au centre du deuxième trio. Mais à la fin de l’année, il sautait son tour. Mentalement, c’est toujours un défi pour un athlète quand tu ne joues plus. Il a l’expérience du hockey professionnel et il est mature pour son âge. Il a bien géré cette situation.

« Cette année, il désire rebondir. Il n’a pas encore eu la chance d’y arriver en raison de sa blessure, mais il y arrivera, a continué le défenseur. Il peut jouer au sein des deux premiers trios, comme il peut nous aider à l’aile d’un quatrième trio. Il est un attaquant intelligent et il se place aux bons endroits sur la glace. »

Répartir les responsabilités

À son premier match cette saison, Kapanen a joué près de 12 minutes (11 min 40 s). Utilisé parmi les quatre premiers attaquants l’an dernier en désavantage numérique, il n’a pas touché la glace pour cette importante facette du jeu face aux Sabres.

Avec un nouveau système d’infériorité numérique dessiné par Derek Lalonde, St-Louis a choisi de patienter avant de redonner cette responsabilité à Kapanen.

« On sait ce qu’il peut faire pour nous. Il peut jouer en désavantage numérique, tout comme en avantage numérique, a expliqué l’entraîneur en chef. J’essaye de séparer les tâches un peu et je veux gérer les temps de jeu des joueurs.

« Quand tu reviens au jeu, ce n’est pas évident. Notre jeu en désavantage numérique prend sa forme. Tu ne veux pas déstabiliser ça. Je ne craindrai pas de l’utiliser. Si un de mes quatre attaquants avait obtenu une punition, j’imagine que Kapy aurait tué une punition. J’ai plusieurs options avec des gars qui peuvent remplir différentes responsabilités. Je veux répartir les tâches pour que tous les joueurs sentent qu’ils ont une utilité. »

Dans cette répartition des missions, même Arber Xhekaj y trouve son compte en ce début de saison avec des minutes en infériorité numérique. Et le gros numéro 72 se débrouille assez bien.