BLAIS BADGE CHAUMONT

TORONTO – Samuel Blais sort de la glace du Scotiabank Arena au même moment où la conférence de presse de Craig Berube se termine. En ce samedi matin, Blais a encore une fois patiné pendant quelques minutes supplémentaires avec les autres réservistes, Calle Jarnkrok et Dakota Mermis, après l’entraînement optionnel des Maple Leafs de Toronto.

Même s’il subira le même sort, celui de se retrouver sur la passerelle de presse pour une 12e fois en 15 matchs, Blais a rapidement retiré son chandail d’entraînement pour venir dans le corridor de l’aréna afin d’offrir une entrevue à l’auteur de ces lignes.

Le numéro 79 garde le moral. Et il garde aussi un sourire dans son visage.

« À mes trois premières semaines, je n’ai pas joué, a rappelé l’ailier de 29 ans. J’ai trouvé cela difficile même si je m’y attendais un peu. Je venais de me faire réclamer au ballottage et je devais patienter. J’ai joué juste trois matchs, mais j’ai aimé mes trois matchs. J’ai prouvé à moi-même que j’étais encore capable de jouer dans cette ligue. Il y a des blessés qui ont fait des retours, alors je me retrouve encore à l’extérieur de la formation. Mais je suis encore ici. C’est le plus important. »

Le directeur général Brad Treliving a réclamé Blais au ballottage à la fin du camp des Canadiens de Montréal. Après dix matchs d’affilée à attendre son tour, il a joué une première partie le 29 octobre dernier contre les Blue Jackets de Columbus. Il a marqué un but et ajouté une passe dans un revers de 6-3.

TOR@CBJ: Blais frappe la rondelle au vol

Il n’avait pas marqué dans la LNH depuis un peu plus de deux ans. Son dernier but remontait au 19 octobre 2023 alors qu’il jouait encore pour les Blues de St. Louis.

« Oui, c’était un bon sentiment de marquer à mon retour, a-t-il affirmé. J’ai connu un bon match contre les Blue Jackets. Je pense qu’ils étaient contents de mon jeu. Je reste positif même si j’aimerais jouer tous les matchs. J’ai assez d’expérience maintenant chez les pros pour demeurer calme. Je dois travailler fort lors des entraînements. Les entraîneurs me parlent et ils m’encouragent. Craig (Berube) ne me laisse pas dans le noir et il me dit les vraies choses. Il a aimé mes matchs. Il était heureux de mon jeu robuste et de mon intensité. J’ai aussi fait de bons jeux avec la rondelle. Il peut y avoir des blessures, alors je dois rester prêt. »

À l’intérieur du vestiaire des Maple Leafs, Philippe Myers comprend parfaitement ce que son coéquipier traverse. À l’image de Blais, Myers a sauté son tour plus d’une fois cette saison, jouant sept des 15 matchs des siens.

« Même si tu ne joues pas, tu dois penser à l’équipe, a souligné le défenseur originaire de Moncton au Nouveau-Brunswick. Tu ne peux pas bouder dans ton coin et tomber dans le négativisme. Si tu commets cette erreur, tu propages une mauvaise énergie.

« Sam a le cœur à la bonne place et il encourage ses coéquipiers, a poursuivi Myers. Il n’en est pas à son premier rodéo. Il sait quoi faire quand il obtient une chance. »

L’an dernier, Blais se retrouvait encore plus loin d’une place à temps plein dans la LNH. Il a passé toute la saison avec les Canucks d’Abbotsford, ayant uniquement un contrat de la Ligue américaine.

Sur le plan personnel, Blais a laissé derrière lui sa femme et ses deux jeunes filles. Il se retrouve seul dans un hôtel du centre-ville de Toronto depuis le début du mois d’octobre.

« Oui, je trouve ça dur, a-t-il répliqué. Mais nous avons joué plusieurs matchs dans le dernier mois, alors le temps a passé assez rapidement. Reste que je m’ennuie de mes enfants et de ma copine. Brooks et Livia sont encore très jeunes à 18 et 7 mois. Elles ne réalisent pas trop ce qui se passe, mais elles ont le sourire quand elles me voient sur FaceTime. Si je peux m’installer avec les Leafs, ma femme (Taylor) viendra me retrouver avec les filles. J’ai hâte de les serrer dans mes bras. »