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Tuukka Rask n'a pas toujours obtenu la reconnaissance qu'il méritait pour ses performances.
Le gardien numéro un des Bruins de Boston dans la dernière décennie a établi des records au sein d'une concession qui fait partie des six équipes originales, la propulsant vers la finale de la Coupe Stanley à deux reprises (2013, 2019). Il est à égalité au deuxième rang de l'histoire de la LNH au chapitre du pourcentage d'arrêts (,921; minimum 200 matchs), derrière Dominik Hasek et Ken Dryden (,922).

Malgré cela, on n'a pas toujours eu l'impression que Rask a obtenu ce qu'il méritait.
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C'est injuste pour Rask, qui a annoncé sa retraite de la LNH mercredi, après quatre matchs d'une tentative ratée de retour au jeu à la suite d'une opération pour soigner une déchirure au labrum de sa hanche droite en juillet dernier. Rask terminera sa carrière de 15 saisons, toutes passées avec les Bruins, avec une fiche de 308-165-66, un pourcentage de ,921 et une moyenne de buts alloués de 2,28 en 564 matchs (544 départs). En 104 rencontres des séries éliminatoires de la Coupe Stanley, il a maintenu une fiche de 57-46 avec une moyenne de 2,22, un taux d'arrêts de ,925 et sept blanchissages.
« J'aurais souhaité que cette journée n'arrive jamais », a mentionné Rask dans une déclaration. « C'est avec le cœur lourd que j'annonce ma retraite du hockey. »
Il a conservé un dossier de 2-2-0 avec une moyenne de buts alloués de 4,28 et un pourcentage de ,844 cette saison, après avoir signé un contrat d'un an d'une valeur de 1 million $ avec les Bruins le 11 janvier.
Rask, le meneur de l'histoire des Bruins au chapitre des victoires et des matchs joués par un gardien, les a conduits en finale de la Coupe Stanley deux fois. Ils se sont inclinés en six rencontres face aux Blackhawks de Chicago en 2013 et en sept parties contre les Blues de St. Louis en 2019. Rask était l'auxiliaire de Tim Thomas en 2011, quand les Bruins ont remporté la Coupe Stanley. Il a gagné le trophée Vézina à titre de meilleur gardien de la LNH en 2014, en vertu d'un dossier de 36-15-6, d'une moyenne de 2,04 et d'un pourcentage de ,930. Il est 33e dans l'histoire de la LNH au chapitre des victoires.
« Il est l'un des gardiens qui ont fait partie de l'élite pas seulement à Boston, mais dans toute la LNH », a affirmé l'entraîneur des Bruins Bruce Cassidy.
Mais on ne l'a pas toujours perçu de cette façon. Les comparaisons avec Thomas ont privé Rask d'une part du mérite.
« Quand j'entends les critiques, ça me dérange dans une certaine mesure », avait admis l'entraîneur des gardiens Bob Essensa en 2019. « Car il a été très bon pendant très longtemps. »
Lors du parcours jusqu'en finale en 2013, Rask a conservé un dossier de 14-8 avec une moyenne de 1,88 et un taux d'arrêts de ,940, surpassant les statistiques de Thomas en 2011 (%ARR. ,940, M.B.A. de 1,98), quand les Bruins ont soulevé la Coupe pour la première fois depuis 1972.
Son talent était indéniable dès le départ, quand les Bruins l'ont acquis des Maple Leafs de Toronto en retour du gardien Andrew Raycroft le 24 juin 2006. Cette transaction allait transformer les deux concessions.
« C'est difficile de décrire avec des mots ce qu'il a accompli avec les Bruins de Boston pendant 15 saisons », a mentionné le défenseur Torey Krug, qui a joué avec Rask à partir des séries 2013 jusqu'à la saison 2019-20, avant de signer un contrat avec les Blues. « Il est au sommet de toutes les statistiques de gardien au sein de l'une des concessions avec le plus d'histoire dans la LNH, et son jeu parle pour lui-même.
« Avoir un pilier comme lui, qui a été aussi bon pendant autant d'années, ça nous a donné de la confiance et nous n'avions à nous soucier de rien en jouant devant lui. Nous savions qu'il allait se présenter soir après soir. »
Rask a eu la chance de jouer derrière un futur membre du Temple de la renommée, le défenseur Zdeno Chara, au sein d'un système axé sur la défensive. Mais c'est son jeu devant le filet qui a été un élément crucial pour faire des Bruins une équipe aussi dominante dans la dernière décennie.
« Il a permis de solidifier notre réputation d'excellente équipe défensive, a souligné Cassidy. Tu as besoin d'un bon gardien pour être une bonne équipe en défensive. Tu as besoin d'une culture. Tu as besoin d'attaquants qui acceptent de jouer sur 200 pieds et de défenseurs qui veulent écouler des pénalités. Beaucoup de choses entrent en ligne de compte, mais ça commence habituellement avec le gardien. »
Rask a tout essayé pour revenir cette saison, se soumettant à une opération qui était uniquement nécessaire s'il souhaitait poursuivre sa carrière de hockeyeur. Il a fait de la réadaptation - on l'a d'ailleurs vu souvent au Warrior Ice Arena, le centre d'entraînement des Bruins - avant d'accepter un contrat avec l'équipe. Mais au bout du compte, il a réalisé que son corps n'allait pas lui permettre de revenir à son mieux afin d'aider les Bruins à remporter la Coupe Stanley à nouveau.
Il a donc choisi de prendre sa retraite.
Rask avait souvent exprimé le plaisir qu'il ressentait d'avoir pu rester avec la même organisation tout au long de sa carrière, ce qu'il a qualifié de « luxe » en 2019. Il en a à nouveau fait mention dans son communiqué.
« À travers tous les hauts et les bas, je suis tellement reconnaissant pour tout le soutien que m'ont accordé cette équipe et les gens de Boston. Je vais m'ennuyer de tout ce qui vient avec le fait de représenter les Bruins de Boston. […] Boston est spéciale pour de nombreuses raisons et sera pour toujours notre ville adoptive. »
Alors, sera-t-il un jour reconnu à sa juste valeur?
« Je n'en suis pas certain », a répondu Krug, citant également son ancien coéquipier David Krejci comme étant un autre joueur dans la même situation. « C'est un endroit où ce n'est pas facile de jouer. Si ces gars-là avaient accompli tout ça dans une autre organisation, ils seraient probablement reconnus parmi les meilleurs joueurs dans l'histoire de l'équipe.
« [Rask] a été en mesure de ne pas s'en faire avec ça et de faire son travail discrètement sur une base quotidienne. Il a été capable d'accepter les critiques et de les utiliser comme motivation. »
Cette motivation lui a permis de s'inscrire dans le livre des records des Bruins avec 308 victoires, une bague de la Coupe Stanley, les présences en finale. Il est devenu un excellent gardien, un coéquipier adoré, et le pilier de la concession pendant une décennie, s'attaquant aux records et attribuant presque toujours le mérite à ses coéquipiers pour ses succès.
« Chaque soir, il nous a donné une chance de gagner », a dit Krug en parlant du rendement de Rask en séries éliminatoires. « Même dans les matchs que nous ne méritions pas de gagner, il nous gardait dans le coup. Il n'a pas reçu beaucoup du mérite qui devait lui revenir. Il détient quelques-unes des meilleures statistiques de tous les temps chez les gardiens. Quand nous marquions deux buts, nous avions l'impression d'avoir de très bonnes chances de gagner. Même en marquant un seul but, nous avions une chance de l'emporter. »