DANAULT BADGE LEPAGE

MONTRÉAL – Pour la première fois en un peu plus de cinq ans, Phillip Danault a stationné sa voiture dans le garage du Centre Bell, et est passé devant le mur orné des 24 répliques de la Coupe Stanley pour se rendre au vestiaire des Canadiens de Montréal.

C’était presque comme si rien n’avait changé depuis son dernier match dans l’uniforme tricolore en finale de la Coupe Stanley, le 7 juillet 2021. L’enjeu n’était pas exactement le même pour ce classique du mercredi soir face aux Flames de Calgary, mais la signification était similaire pour le Québécois.

« Ça m’a rappelé beaucoup de souvenirs et ç’a ramené beaucoup d’émotions », a-t-il raconté après la convaincante victoire de 4-1 des siens devant une foule électrique. « J’ai essayé de rester dans ma game et de me concentrer sur les détails. Avec mon expérience, ç’a bien fonctionné. »

Il est désormais un vétéran de 32 ans, et n’a plus les mêmes responsabilités offensives qu’à l’époque. Le trio qu’il formait avec Artturi Lehkonen et Brendan Gallagher pendant ce parcours éliminatoire était sans équivoque la locomotive de la formation montréalaise. Il est maintenant un joueur de profondeur.

Or, il semble avoir rapidement trouvé sa niche et gagné la confiance de l’entraîneur Martin St-Louis dans un rôle surtout axé sur la défensive. À son septième match depuis son retour avec le Tricolore, il a été l’attaquant le plus utilisé (18:39) par le pilote face aux Flames.

« C’est une relation jeune, mais c’est un vétéran en qui j’ai confiance, a expliqué St-Louis. Avec tout ce qu’il a fait dans sa carrière à date, avec les rôles qu’il joue au cercle des mises au jeu et en infériorité numérique, j’ai confiance en ses actions sur la glace.

« On continue de bâtir la relation. Le plus important, c’est qu’il croit en la façon qu’on a de jouer en équipe. Comme entraîneur, tu veux convaincre tes joueurs et je sens que je l’ai convaincu. »

Danault a déjà l’air plus à l’aise qu’il ne l’était en première moitié de saison avec les Kings de Los Angeles, si l’on se fie à son léger déblocage offensif. Il a récolté sa troisième aide en deux matchs après avoir été limité à cinq passes en 30 matchs avec la formation californienne.

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Contre les Flames, il a aussi gagné 13 de ses 15 mises au jeu, et a été utilisé pendant 2:45 en infériorité numérique – exactement ce pour quoi le directeur général Kent Hughes tenait à faire son acquisition.

« Martin m’utilise dans des situations clés, et il sait ce que je suis capable de lui donner, a affirmé le natif de Victoriaville. J’ai confiance en lui et il a confiance en moi. Ce n’est que du bon dans ce cas-là. J’ai besoin d’être dans la game dans les moments importants. Il le sait, il le sent et il connaît la game. »

L’attaquant québécois a rapidement compris le rôle qu’on voulait lui confier à son deuxième passage. Il a pris la balle au bond en adaptant son jeu au style préconisé par St-Louis. Cette nouvelle réalité lui a permis de savourer pleinement son retour dans l’amphithéâtre montréalais.

« Tout a changé au chapitre de l’organisation, du personnel, des joueurs et de la mentalité, a-t-il comparé. Mais du côté des fans, rien n’a changé. Ce sont les meilleurs des meilleurs. »