SPLIT FREGEAU BADGE LEPAGE

Olivier Frégeau n’a eu besoin que d’un match pour attraper la piqûre.

Dès qu’il est sorti du Gillette Stadium après la Classique hivernale entre les Canadiens de Montréal et les Bruins de Boston, le 1er janvier 2016, il a senti que quelque chose l’avait frappé.

« C’était mon premier match en personne, et j’avais trippé ma vie », a-t-il raconté, le sourire dans la voix.

Amateur de hockey depuis son enfance, sa passion pour le sport venait de passer à un autre niveau, tout juste avant qu’il souffle ses 18 bougies. Il s’est ensuite mis à aligner quelques voyages dès qu’il en avait la chance – notamment un jusqu’en Floride en bus à partir de Québec – pour voir d’autres matchs.

Et c’est après quelques périples qu’une idée folle a germé dans son esprit.

« J’avais déjà vu quelques arénas, et ça avançait bien, s’est-il souvenu. C’est là que je me suis dit : ‘’Pourquoi ne pas tous les visiter?’’ »

Un peu plus de dix ans et 63 matchs plus tard, le natif de Québec vient de mettre le point d’exclamation à son grand projet. Il a visité le Delta Center, domicile du Mammoth de l’Utah, pour le match de la plus récente équipe d’expansion de la LNH face aux Oilers d’Edmonton – l’une de ses équipes préférées – mardi dernier.

FREGEAU DELTA CENTER

« C’était un objectif de vie. La pandémie a retardé les choses, mais compte tenu de l’avancement du projet dans les dernières années, je m’étais mis en tête de l’accomplir avant d’avoir 30 ans », a-t-il souligné mardi matin, alors qu’il était en escale à Newark sur la route du retour de Salt Lake City.

Voilà qui est chose faite, deux ans avant l’échéancier qu’il s’était fixé.

Il a immortalisé le moment devant son 32e amphithéâtre, vêtu du superbe chandail des Nordiques de Québec qui l’a accompagné pendant la grande majorité de ses voyages. Un chandail qui, semble-t-il, continuer de faire jaser aux quatre coins de la LNH.

« C’est un chandail que mon père avait eu gratuitement en achetant du pain, a rigolé l’ancien journaliste devenu fonctionnaire provincial. Il traînait chez lui, alors je me suis dit que ça allait bien représenter ma ville. En plus, je rêve à leur retour. Chaque fois que je le porte, des dizaines de personnes viennent me voir. Je ne passe pas inaperçu. »

Ce chandail a été le point de départ de belles rencontres avec les partisans d’autres équipes, mais aussi avec d’autres amateurs québécois, eux aussi en voyage. Il lui aura également permis d’entreprendre la conversation avec des joueurs, des entraîneurs et des dirigeants aux abords de certains arénas.

FREGEAU TROTZ

Le jeune homme a même obtenu une primeur avant qu’elle ne fasse les manchettes au Québec.

« Quand je suis allé à Vegas en 2023, j’ai rencontré Anze Kopitar et Drew Doughty devant le T-Mobile Arena, a-t-il relaté. J’ai ensuite discuté avec Todd McLellan, qui était l’entraîneur des Kings à l’époque. Il a été vraiment gentil et il m’a dit qu’il aimait bien mon chandail.

« C’est à ce moment qu’il m’a annoncé que les Kings allaient venir jouer des matchs préparatoires à Québec, et que ç’allait être annoncé la semaine suivante. Je l’ai su avant tout le monde! »

FREGEAU KINGS

De beaux moments

Notre grand voyageur avait placé la barre haut en assistant à son tout premier match dans un stade de football avec plus de 67 000 personnes. Il a tout de même réussi à vivre d’autres moments plutôt intenses au cours des 63 matchs auxquels il a assisté dans les dix dernières années.

« Je suis généralement assez chanceux, a-t-il assuré. Quand je vais voir un match, il se passe quelque chose. »

Il a vu Alexander Radulov donner la victoire aux Canadiens en prolongation lors du deuxième match de la série de premier tour face aux Rangers de New York, en avril 2017. Il était aussi dans les gradins du United Center pour le tout premier match de Connor Bedard à Chicago, le 21 octobre 2023.

Sans oublier une foule d’anecdotes de voyages vécues à l’extérieur des arénas, avec tous ceux qui l’ont accompagné dans sa quête.

« Quand j’ai commencé ça, c’était un de mes plus grands rêves, a-t-il dit. Dans ces 10 années-là, j’ai fait de belles rencontres, j’ai vécu des moments mémorables. C’est rassembleur comme projet. Le hockey est un sport qui unit tout le monde, peu importe quelle équipe tu soutiens. C’est une belle communauté. »

Frégeau a d’autres projets pour l’avenir, mais il se promet de se tenir son registre des arénas à jour. Il prévoit déjà un voyage à Calgary pour visiter le nouveau Scotia Place lorsqu’il ouvrira ses portes à l’automne 2027.

« S’il y a un déménagement ou une équipe d’expansion, c’est sûr que je vais aller voir ça, a-t-il conclu. Je veux voir l’Europe et l’Asie, mais je vais continuer de voyager pour voir des matchs de hockey. J’aime trop ça! »

Son top-5 des meilleurs arénas pour l’ambiance

  • Centre Bell (Canadiens de Montréal)
  • T-Mobile Arena (Golden Knights de Vegas)
  • United Center (Blackhawks de Chicago)
  • Bridgestone Arena (Predators de Nashville)
  • Rogers Place (Oilers d’Edmonton)