BOS_McAvoy

Depuis qu'il a fait ses débuts dans la LNH à 19 ans, Charlie McAvoy a toujours été dans l'ombre. Une ombre créée par une grande - dans tous les sens du terme - légende des Bruins de Boston, qui l'a aidé lors dès son arrivée dans la Ligue afin que la courbe d'apprentissage ne soit pas trop abrupte pour le jeune défenseur.

Pendant ces trois saisons, Zdeno Chara a été ce modèle, une présence forte et un expert pour fermer le jeu, lui qui a fait ses débuts dans la LNH un mois avant la naissance de McAvoy. Chara a pris sous son aile quelques défenseurs lors des dernières saisons - en particulier Brandon Carlo - mais aucun n'avait le potentiel de McAvoy.
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Maintenant que Chara est parti à Washington à titre de joueur autonome, McAvoy peut enfin sortir de son ombre et se retrouver sous les réflecteurs.
« Depuis que je suis ici, toutes mes présences ont été avec Chara, a rappelé McAvoy. Je suis vraiment reconnaissant que ce soit le cas. Je me sens très chanceux d'avoir pu partager ces expériences et d'avoir pu jouer avec lui et apprendre à le connaître comme personne. [Je ne veux pas] avoir des attentes trop élevées pour moi et me donner des objectifs trop ambitieux. »
Ça ne veut toutefois pas dire qu'il ne désire pas être un digne successeur de Chara chez les Bruins et obtenir de nouvelles responsabilités.
« C'est ce qu'il veut », a souligné le défenseur Torey Krug, qui a été un mentor et un coéquipier pour McAvoy pendant trois ans avant de signer avec les Blues de St. Louis comme joueur autonome sans compensation le 9 octobre. « Il excelle lorsqu'il se fait offrir des responsabilités supplémentaires par les entraîneurs. Il veut prouver qu'il peut jouer dans toutes les situations.
« Il va maintenant avoir la chance de le prouver. »
Avec les départs de Chara et Krug, McAvoy devient le numéro un à la ligne bleue des Bruins, une équipe où les excellents défenseurs se sont succédés dans les dernières décennies. Mais cette saison, c'est un très jeune noyau d'arrières qui devra se prouver et ce sera au défenseur de 23 ans de donner l'exemple.
« Il doit continuer de progresser, a affirmé l'entraîneur-chef Bruce Cassidy. C'est un jeune gars qui a encore beaucoup à faire pour atteindre son plein potentiel, et je dis ça sans manquer de respect. Le temps sera son meilleur enseignant. Il va devoir joueur du hockey solide chaque soir. »
Pas que ce soit quelque chose de nouveau. Alors que Chara ralentissait lors des dernières saisons, McAvoy a été de plus en plus employé et faisait face à de meilleurs adversaires. Il a été utilisé en moyenne 25:10 par match lors des dernières séries éliminatoires, alors qu'en saison, son temps de jeu moyen était de 23:10, ce qui lui a permis d'amasser 32 points.

« J'avais [Chara] à mes côtés pour le faire, mais j'ai aussi eu droit à beaucoup de minutes difficiles. Et j'ai affronté les meilleurs joueurs. Je ne veux pas commencer à me dire que je vais devoir affronter que la crème l'an prochain. Je veux tout simplement continuer à jouer de la même manière qu'avant. »
La même manière que depuis le début de sa carrière. Un choix de première ronde (14e) du Repêchage 2016, McAvoy s'est amené avec les Bruins en séries éliminatoires 2017, quand l'équipe - privée de plusieurs éléments - lui avait fait de la place en pleine lutte contre les Sénateurs d'Ottawa en première ronde.
Quelque chose a cliqué immédiatement.
« Quand on m'a inséré dans la formation, il y avait une partie de mon cerveau qui se demandait si je pouvais y arriver. Je ne sais pas exactement ce qui s'est passé, mais on dirait que quelque chose s'est allumé en moi. »
Il a tout de suite bien paru, même s'il en avait encore beaucoup à apprendre. C'est cet apprentissage qui se déroule sous nos yeux depuis trois saisons.
« Pendant un certain temps, on voyait des flashs de son potentiel, a raconté Krug. Il pouvait être un peu immature à l'entraînement, un peu endormi ou il n'y mettait pas tout le temps et l'effort requis. Il travaille fort, je n'hésite pas à le dire, mais ça prend du temps pour faire les petites choses comme donner son 100 pour cent à l'entraînement, dans ta préparation, dans ton travail, et baisser la tête et être intense chaque jour. C'est quelque chose que les gars doivent apprendre. »
C'est pourquoi Krug était parfois très dur avec McAvoy la saison dernière. Il le faisait par choix. Il voulait le pousser à aller plus loin dans le processus qui s'est mis en branle lors de la saison 2018-19 et surtout dans les séries éliminatoires 2019, quand les Bruins se sont inclinés en Finale de la Coupe Stanley contre les Blues de St. Louis. C'est à ce moment que Cassidy s'est mis à traiter McAvoy comme le défenseur no 1 de son club.
« Charlie ne devrait pas avoir plus de pression. Il a atteint le niveau requis », a indiqué le directeur général Don Sweeney.
Il n'y a maintenant plus de Chara pour être le mentor. Ni de Krug. L'ombre est partie. C'est maintenant sur ses épaules.
Comme Krug l'a dit : « C'est maintenant à lui de devenir la référence. »