LHJMQ : Rhéaume et Labonté ont passé le flambeau
Les deux gardiennes ont soutenu Ève Gascon sur sa route vers son premier match avec les Olympiques de Gatineau

© LHJMQ/Olympiques de Gatineau
Elles sont deux, pour être exact : Manon Rhéaume et Charline Labonté. Deux pionnières qui ont pavé la voie pour celle qui les imitera des décennies plus tard, samedi, alors qu'elle sera devant la cage des Olympiques de Gatineau quand ils recevront la visite de l'Océanic de Rimouski.
« Elles ont vraiment eu un gros impact sur moi », a expliqué la jeune gardienne de 18 ans. « En grandissant, j'ai eu la chance d'en apprendre plus sur leur parcours. C'est grâce à elles que j'ai su qu'on pouvait percer avec les garçons. Ce sont les deux seules qui ont vécu ce que je vais vivre.
« Les derniers jours ont été forts en émotions pour moi, et de pouvoir compter sur leurs conseils me permet de relaxer un peu à l'approche du match. »
Parce que même si Gascon n'était pas née quand Rhéaume a joué un match avec les Draveurs de Trois-Rivières en 1991 ni quand Labonté a enfilé l'uniforme du Titan d'Acadie-Bathurst pendant une saison en 1999-00, le lien qui les unit va encore plus loin que le simple fait d'avoir accompli le même exploit.
Le flambeau s'est passé de génération en génération. Comme Rhéaume l'avait fait pour elle quand elle a amorcé sa carrière junior, Labonté joue un rôle de mentor pour Gascon depuis maintenant une dizaine d'années. Depuis l'époque à laquelle cette dernière la regardait jouer avec les défuntes Stars de Montréal.
« Pour moi, Manon était l'exemple ultime, mon idole évidemment », s'est souvenue la triple médaillée d'or olympique. « Quand j'ai signé mon premier contrat à Bathurst, j'ai reçu une carte de Manon par la poste qui me souhaitait la bienvenue dans le club. Ça m'avait vraiment touchée qu'elle prenne le temps de faire ça.
« Ensuite, je l'ai rencontrée et c'était comme si on se connaissait depuis toujours. On est restées en contact depuis. De mon côté, j'ai voulu m'assurer qu'Ève ressente ce soutien même si elle sait où elle s'en va. Elle l'a l'affaire. Elle est déjà grande dans la personne et dans l'athlète qu'elle est. »
Dès qu'elle a appris que sa protégée allait avoir sa chance avec les Olympiques, Labonté a lâché un coup de fil à Rhéaume pour l'inviter à enregistrer une vidéo d'encouragements et de félicitations pour la nouvelle membre de leur club sélect. La doyenne n'a pas hésité une seconde avant d'accepter la proposition.
« C'est comme quand Charline a joué son premier match, je suis tellement heureuse pour Ève, a lancé Rhéaume. C'était important pour moi de créer une connexion avec Charline, et c'est la même chose avec Ève maintenant. On comprend ce qu'elle va vivre et on veut qu'elle sache qu'on est là si elle en a besoin.
« Ça me rend heureuse chaque fois que je vois une femme briser les barrières dans un monde d'hommes. Avec ce qu'elle accomplit, Ève va inspirer tout le monde - pas seulement des filles - à jouer au hockey d'abord et à poursuivre ses rêves ensuite. »
Fin prête
L'attention médiatique démesurée, l'intérêt accru des partisans, les critiques et les doutes. Rhéaume et Labonté sont passées par là et peuvent très aisément se mettre dans la peau de Gascon, à quelques heures de ses premiers coups de patin officiels dans la LHJMQ.
La pression est à son comble sur les épaules de cette jeune fille, encore plus qu'elle ne le serait pour un de ses homologues masculins placés dans la même situation.
« La performance qu'elle va offrir va être notée par plusieurs personnes et va être relayée par les médias », a avancé Rhéaume, la première et seule femme à avoir disputé un match préparatoire dans la LNH.
« Un match, c'est beaucoup de pression pour n'importe quel gardien. Un premier match, c'est une pression extraordinaire. Et là, on ajoute le fait que c'est une femme. Ça triple la pression. Mais quelqu'un qui a choisi d'évoluer à cette position aime la pression. Et les succès qu'Ève connaît nous montrent qu'elle la gère très bien. »
Labonté a discuté avec la principale intéressée, plus tôt cette semaine, et elle n'a aucun doute quant à ses capacités de bien bloquer le bruit extérieur pour se concentrer sur la tâche qu'elle aura à accomplir. Ce n'est qu'un match de hockey, après tout. Ou presque.
« Elle en a vécu déjà beaucoup, a-t-elle conclu. Elle a eu beaucoup d'attention médiatique dans sa jeunesse parce qu'elle s'est toujours démarquée avec les gars. Elle est super bien équipée mentalement et elle gère vraiment bien tout ce qui lui arrive.
« Des premières, elle en a déjà à son actif. Elle a été la première à jouer dans le midget AAA, la première à jouer collégial… C'est juste une autre journée. Ève a prouvé qu'elle était capable de jouer à ce niveau. Elle est prête et le travail a été fait. Elle n'a plus qu'à s'amuser et à profiter de cette journée. »
CRÉDIT PHOTO : LHJMQ/Olympiques de Gatineau

















