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Thibault: Tuukka Rask et la machine à remonter dans le temps

Notre chroniqueur se demande si les Canadiens sont en train de redevenir la bête noire du gardien des Bruins

par Jocelyn Thibault @tibs41 / Chroniqueur LNH.com

Ce n'était assurément pas volontaire, mais Tuukka Rask nous a permis d'essayer la machine à remonter dans le temps, mardi, quand il a connu une sortie très difficile face aux Canadiens de Montréal. C'était exactement comme si nous étions revenus quelques années en arrière.

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Le gardien des Bruins a subi sa première défaite en temps réglementaire de la saison (7-1-1) et ç'en était toute une. Il a cédé cinq fois sur 31 lancers, mais surtout, il a accordé au moins trois buts qui lui ont passé à travers le corps, dont celui de la victoire de Ben Chiarot.

Résultat des courses, il a conclu la soirée avec une moyenne de buts alloués de 5,08 et un taux d'efficacité de ,839.

C'est bien loin de la moyenne de 1,49 et du taux d'efficacité de ,949 qu'il affichait avant de se présenter au Centre Bell. Même s'il a signé six victoires de suite contre le Tricolore entre 2016 et 2018, il vient de perdre trois de ses quatre derniers départs et a affiché une efficacité inférieure à ,900 à ses deux dernières défaites face au CH.

Video: BOS@MTL: Chiarot soulève le Centre Bell

C'est un rappel que la fameuse « bête noire » n'est jamais bien loin.

À ses débuts dans la Ligue nationale, le portier finlandais avait beaucoup de difficulté à gagner contre les Canadiens. De 2007 jusqu'au début de sa séquence de six victoires en 2016, il présentait une fiche de 4-15-3, une moyenne de buts alloués de 2,77 et un taux d'efficacité de ,906 contre Montréal.

Je suis persuadé que Rask aurait de la misère à expliquer pourquoi il éprouve autant d'ennuis contre ses éternels rivaux. C'est difficile de mettre le doigt sur le bobo à une époque où l'on tente de tout expliquer par des statistiques parce qu'il n'y a rien de plus abstrait que le concept de la bête noire.

Ce n'est pas un calcul mathématique et ce n'est pas rationnel. Pourtant, je ne connais pas grand joueurs qui vous diront que ça n'existe pas. On a tous nos petites bibittes!

C'est un peu un état d'esprit. Dans mon cas, j'avais toujours du succès contre les Islanders, mais les choses se gâtaient quand j'arrivais en Californie. Il y a des endroits où tu te sens un peu moins confortable parce que tu sais même avant que le match commence que tu as rarement de bonnes sorties contre telle ou telle équipe. C'est comme un cercle vicieux.

Ça me fait penser à Jonathan Bernier, qui a battu les Canadiens à Montréal pour la première fois en 12 tentatives, plus tôt cette saison. En 18 matchs en carrière, il n'avait gagné qu'une seule autre fois. Il a au moins réussi à briser la barrière psychologique qu'il avait quand il venait à Montréal. Parfois, c'est tout ce qu'il faut pour s'en sortir.

Quand on est pris dans ce cercle vicieux, il faut simplement foncer, demeurer dans notre routine et tenter de renverser la tendance. Les joueurs de hockey sont fiers et personne n'est prêt à accepter d'entrée de jeu qu'il va perdre parce qu'il affronte sa bête noire. Les Canadiens commencent à se refaire une petite place dans la tête de Rask et ce sera intéressant de voir s'il pourra les chasser de là rapidement dès sa prochaine sortie.

Une question de style

Si on tente d'amener des arguments rationnels à tout ça, il faut aussi se pencher sur les styles de jeu. Ce n'est pas un secret pour personne, il y a des styles de jeu qui conviennent mieux à des gardiens qu'à d'autres.

Contre une équipe qui met davantage l'accent sur le jeu est-ouest, c'est mieux de favoriser un gardien plus mobile et qui a plus de facilité à se déplacer. Contre une équipe plus grosse qui joue de manière moins scientifique, on peut opter pour un gardien plus gros et moins mobile.

C'est logique et ç'a évidemment une grande influence sur le rendement du gardien en question.

J'ai été gardien et entraîneur des gardiens dans la LNH, et quand vient le temps de prendre des décisions, il arrive souvent qu'elles soient prises en fonction de la fiche des gardiens. C'est une question de succès et il n'y a rien de plus normal pour une équipe qui veut gagner.

Où est passée la défensive?

C'est la question qu'a dû se poser Jakob Markstrom quand il a vu Brayden Schenn, Alex Pietrangelo et Jaden Schwartz s'amener à 3-contre-0 lors de la prolongation du match de lundi entre les Canucks et les Blues. Vous me direz que la séquence s'est évidemment terminée par un but, mais attention, c'est passé très près de ne pas fonctionner.

Video: STL@VAN: Schwartz tranche le débat à 3-contre-0

C'est le danger dans le cas de ces surnombres. Les joueurs ont souvent tendance à être un peu trop généreux et je suis convaincu que le taux de réussite n'est pas si imposant que ça. À preuve, Schenn et Pietrangelo ont jonglé avec la rondelle bondissante avant qu'elle ne finisse sur le bâton de Schwartz.

À première vue, un 3-contre-0 peut sembler épouvantable pour un gardien, mais Markstrom a bien géré la situation. Il est demeuré plus profondément dans son filet pour ne pas laisser une option facile pour le tir sur réception et a couvert assez d'espace pour ne pas laisser de trou béant.

Si les joueurs réussissent leur échange à la perfection, les chances du gardien ne sont pas élevées, mais en réalité c'est surprenant de voir le nombre d'arrêts que les gardiens peuvent faire dans cette situation. La chance n'était tout simplement pas du côté de Markstrom.

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