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Julien BriseBois a déjà eu la Coupe Stanley au bout des bras. Il connaît bien le sentiment.
Mais rien ne serait plus spécial pour lui que de l'emporter une deuxième année de suite, cette fois contre l'équipe qui lui a donné sa première chance dans le petit monde du hockey professionnel. Il sait toutefois que la grande majorité de ses compatriotes ne seront pas dans son camp.

« Il n'y a pas beaucoup d'organisations sportives sur lesquelles on écrit des chansons qui deviennent des hits», a lancé le directeur général du Lightning de Tampa Bay. « Les Québécois de notre organisation, nous sommes très conscients de ce qui est devant nous.
« On sait qu'il y a huit millions d'adversaires qui nous attendent et qu'on va devoir vaincre si on veut remporter la Coupe Stanley. »
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Heureusement pour la formation floridienne, les Canadiens ne peuvent aligner que 20 joueurs et la foule du Centre Bell est privée de nombreux éléments puisqu'elle est réduite au minimum en raison des restrictions sanitaires toujours en place dans la province. Ça devrait faciliter la tâche du Lightning un tant soit peu.
BriseBois est toutefois bien placé pour savoir ce que cette première présence en Finale en 28 ans signifie pour le Tricolore et pour les centaines de milliers de partisans qui seront rivés à leur écran à compter de lundi. Pendant ses sept ans au sein de l'organisation, il en a été un témoin de première ligne.
« J'étais très jeune à l'époque, et pour être très honnête, je n'étais pas très impliqué, a-t-il commenté. J'apprenais beaucoup plus qu'autre chose. J'ai été très chanceux de côtoyer les anciens de l'équipe. Bob Gainey est arrivé quelques années après moi et il a été une grande influence.
« Mon premier bureau au Centre Bell était à côté de celui de Jean Béliveau. Il n'était pas là tous les jours, mais il venait de temps à autre. C'était enrichissant d'échanger avec eux et avec tous les anciens qui étaient dans l'entourage de l'équipe.
« Je leur ai posé beaucoup, beaucoup de questions et ils ont toujours été généreux. Ils ont partagé leurs expériences et j'ai pu apprendre d'eux. »
Un autre à qui personne n'aura besoin d'expliquer les implications des matchs à venir dans la métropole, c'est Alex Killorn. L'attaquant a grandi à Beaconsfield, en banlieue de Montréal, en regardant les Canadiens et en rêvant un jour de faire partie de cette concession grandement titrée.
Les rôles sont désormais inversés. Il a maintenant comme objectif de l'empêcher d'ajouter un autre trophée à son palmarès.

NYI@TBL, #5: Killorn inscrit son 2e but en A.N.

« Plusieurs de mes amis m'ont texté pour me souhaiter bonne chance, a-t-il expliqué. Je comprends à quel point c'est important pour la ville de Montréal. J'ai grandi là-bas et je suis heureux pour eux. Ils ont été frappés par le confinement, le couvre-feu… c'est emballant pour eux d'avoir une Finale après tout ça.
« Mes amis ne m'ont toujours pas dit quelle équipe ils allaient encourager. Je crois qu'ils attendent de voir si je serai en mesure de leur donner des billets! »
Fierté québécoise
BriseBois s'est d'ailleurs dit très heureux de retrouver Marc Bergevin, un de ses rares homologues québécois, en Finale. Compte tenu de la faible proportion de dirigeants issus de la province dans les sphères de la LNH, il s'agit quand même d'un exploit à souligner.
« Nous sommes tous les deux chanceux d'avoir la chance de remporter la Coupe, a-t-il reconnu. C'est difficile à accomplir. Les gens peuvent avoir une idée de ce que ça représente de l'extérieur, mais tant que tu ne le vis pas à l'interne, tu ne peux pas saisir totalement l'ampleur du défi.
« Plusieurs personnes doivent faire beaucoup de bon travail pour bâtir une bonne organisation, un bon programme et ultimement avoir assez de bons joueurs pour former une bonne équipe. Nous y sommes tous les deux parvenus, et c'est la raison pour laquelle on se retrouve sur cette grande scène. »