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MONTRÉAL – Pour la première fois depuis qu’il s’est joint aux Canucks de Vancouver dans la grosse transaction qui a envoyé Quinn Hughes au Wild du Minnesota, le défenseur Zeev Buium devra sauter son tour face aux Canadiens de Montréal, lundi.

Le jeune défenseur a disputé les 13 matchs de sa nouvelle équipe depuis l’échange, récoltant un but et trois aides, mais le temps était venu pour lui de prendre un pas de recul.

« On le surveillait pour que ça ne devienne pas trop écrasant pour lui, a expliqué l’entraîneur-chef Adam Foote. Je ne dis pas que ce l’est, mais on lui permet de faire une réinitialisation. On a vu de jeunes défenseurs être jetés dans la gueule du loup trop tôt dans leur carrière, et ne pas avoir de moments comme ceux-là.

« Ça fait partie de l’enseignement et du développement d’un jeune. »

Or, dans une saison comme celle que les Canucks sont en train de traverser de peine et de misère, cette décision risque de faire jaser. Le défenseur de 20 ans est le joyau que la direction a obtenu contre Hughes. Il est l’espoir de premier plan qui permet aux amateurs d’avoir espoir en un éventuel revirement de situation.

L’autre gros morceau de cette transaction, l’attaquant Marco Rossi, n’a joué que huit matchs et sera encore sur la touche pour les deux à trois prochaines semaines. Disons que ça ne paraît pas très bien dans toute cette tempête – surtout pour une équipe qui occupe le dernier rang du classement général.

Les Canucks tenteront d’ailleurs de freiner une séquence de six revers, sans Buium.

« On commence lentement à passer à autre chose, avec tout le bruit qui a entouré l’équipe, a renchéri Foote. Ç’a été dur pour notre groupe de leaders de perdre notre capitaine et de gérer la suite des choses. Nous avons beaucoup de discussions avec eux, et je trouve que nous avons été résilients. »

Tout cela survient alors que l’état-major des Canucks ne se cache plus pour parler de reconstruction. Le président des opérations hockey Jim Rutherford et le directeur général Patrik Allvin l’ont évoqué. Ils ont dit que leur priorité était d’acquérir de jeunes joueurs et des choix au repêchage.

« Ce n’est pas quelque chose qu’on écoute, a souligné le défenseur Pierre-Olivier Joseph. On essaie de gagner chaque match comme si c’était notre dernier. Ce qui se dit à l’extérieur du vestiaire reste à l’extérieur. Le bruit qui entoure l’organisation nous importe peu à l’intérieur de l’équipe. »

Rien de facile

Et comme pour ajouter la cerise sur le gâteau, il y a les blessures. Les Canucks sont décimés et ils ne semblent pas voir la lumière au bout du tunnel.

On en a eu l’exemple parfait, lundi. En annonçant le retour de l’attaquant Conor Garland après presque deux semaines d’absence, Foote a confirmé du même souffle que Kiefer Sherwood s’était blessé lors du match de samedi contre les Maple Leafs de Toronto – une défaite de 5-0 – et qu’il n’affronterait pas le Tricolore.

Le pilote a aussi précisé que le gardien Thatcher Demko était rentré à Vancouver pour y subir des examens plus approfondis après être lui aussi tombé au combat, samedi.

« Ça arrive des saisons comme ça avec beaucoup de blessés, a souligné Joseph, qui s’est absenté pendant une bonne partie du mois de novembre. C’est hors de notre contrôle. Il faut avoir la mentalité du prochain homme. Mais ce n’est jamais une année le fun. »

En tout cas, ce n’est rien pour aider l’équipe à se sortir la tête de l’eau après des semaines d’intenses turbulences.

« Il faut appuyer sur le bout reset le plus vite possible (après les défaites), a-t-il conclu. Ça commence à l’interne, on veut trouver une solution. Ce n’est pas la faute de personne. On ne veut pas se pointer du doigt. On a ce qu’il faut pour gagner des matchs, et je suis persuadé que ça s’en vient. »