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MONTRÉAL- Les nuits sont courtes quand il y a des journées de déplacement. Quelques heures de sommeil, et nous revoilà repartis pour une autre ville.

Test de dépistage, préparation des bagages, départ de l'hôtel à 10h, décollage de Tampa à 11h45 et atterrissage à Montréal à 14h30. Et vous savez comme moi qu'en quittant l'aéroport, la journée est souvent loin d'être terminée.
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Ce qui m'a le plus frappé jeudi matin, en voyant les quatre autobus alignés devant l'hôtel, c'est l'envergure que le groupe a prise depuis notre départ de Montréal, samedi. D'une cinquantaine de personnes, nous sommes passés à plus d'une centaine.
Dans le tourbillon des deux premiers matchs, je n'avais pas réalisé qu'un grand nombre d'employés américains de la LNH s'étaient greffés à nous en Floride. C'est gros, la LNH. C'est gros, une Finale de la Coupe Stanley.
On a dû se serrer les coudes un peu plus -- comme les Canadiens de Montréal devront le faire pour le match no 3 vendredi -- à bord du Airbus 320 d'Air Canada nolisé. Fini le gros luxe des sièges de première classe en cuir de l'avion d'une soixantaine de places des Rangers du Texas!
J'occupais le siège du milieu dans ma rangée, entre mes collègues de NHL.com, Nick Cotsonika et Shawn Roarke. Deux chics types, toujours agréables de compagnie, que j'ai revus à Tampa pour la première fois depuis mars 2020. Nick et Shawn planifiaient déjà la commande de leur premier repas en ville dans un réputé restaurant de smoked meat et de poutine.
Pour moi, c'est un retour à la maison pour les cinq prochains jours! Les Québécois dans la bulle sont autorisés à retourner chez eux.
Pour la série contre les Golden Knights de Vegas, je suis resté à l'hôtel à Montréal puisque j'étais le seul employé de la LNH de Montréal. Après la fin de la série, le soir de la Saint-Jean, on m'a autorisé à retourner à la maison. Pour la Finale, on a gracieusement accepté ma requête de profiter du même privilège que les employés québécois des diffuseurs -- TVA Sports et les stations de radio 98,5 et TSN 690.
Vous m'en voyez très ravi. L'unique condition, c'est de respecter les mêmes règles que dans la bulle. Essentiellement, ça consiste à demeurer à la maison, à respecter la distanciation physique avec nos proches et à se rendre subir des tests tous les jours à l'hôtel où logent « les bullés ».
C'est avec grand plaisir que je ferai tout ça, même si ça implique que je doive prendre mon mal en patience avant de serrer ma nouvelle petite-fille Noélie dans mes bras.
Plus près de moi, ce sera dur de rester distant avec « épouse en devenir », mais comme elle s'en sentait tout simplement incapable (!), elle prend la poudre d'escampette pour la longue fin de semaine. Tout ce que j'ai demandé, c'est d'avoir quelques blanches de Charlevoix dans le frigo et des paniers de fraises sur le comptoir. Je serai donc seul, comme à Las Vegas et à Tampa, mais dans mes affaires et mon lit. Entre les deux matchs, je pourrai regarder pousser les concombres et les tomates de mon jardin.
Blague à part, le marathonien en moi commence à s'essouffler. J'ai le sentiment d'être rendu au kilomètre 34 de l'épreuve, avec le mur qui attend dans le détour.
Je vous raconte mes péripéties dans ce blogue depuis le 13 juin, mais je trimballe mon baluchon depuis la veille du premier match des séries des Canadiens, le 20 mai. J'ai arrêté de compter les journées, mais ça n'a pas beaucoup arrêté depuis ce temps. Je sais, je ne ferai pas pleurer ici aucun professionnel de la santé qui s'échine à soigner la planète depuis bientôt 16 mois. Je saisis la rondelle au bond pour vous dire l'immense respect que j'ai pour ce que vous avez fait et ce que vous faites encore. Vous sauvez des vies, moi je vous donne des scores de hockey.
J'ai fait de longues couvertures de près d'un mois aux Jeux olympiques ou en séries de la Coupe Stanley, mais jamais d'ultra marathon comme celui-là.
Mon expérience de coureur me sert énormément à ramener les objectifs à court terme, dans ce temps-là.
Dans les marathons, quand ça se corse, je rabaisse ma casquette et je ne regarde pas loin devant. C'est un luminaire ou un poteau de téléphone à la fois. Cette semaine à Tampa, j'ai rabaissé la casquette. J'ai hâte de franchir l'arrivée.