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Bill Daly se tenait dans un studio de télévision à Secaucus au New Jersey pour annoncer les résultats de la Loterie 2020 de la LNH, vendredi. Le commissaire adjoint de la LNH tenait un carton bleu sur lequel on pouvait voir le chiffre 1, en blanc.

« Le tout premier choix du Repêchage 2020 de la LNH… »

Il a retourné le carton, révélant ainsi le logo de la LNH.

« … appartient à une équipe… »

Il a posé le bas du carton sur la table.

« … qui reste à être déterminée… »

Bien sûr. Depuis que la LNH a mis sa saison en pause le 12 mars en raison des inquiétudes entourant le coronavirus, nous avons eu droit à une situation unique et compliquée. Pourquoi nous serions-nous attendus à ce que la loterie ne connaisse pas un tel dénouement?

C'était donc la première phase de la Loterie 2020 de la LNH. La deuxième phase aura lieu quelque part entre la ronde préliminaire et les séries éliminatoires de la Coupe Stanley. Une des huit équipes qui s'inclineront en ronde préliminaire obtiendra en compensation le premier choix, c'est-à-dire l'occasion de sélectionner l'ailier gauche Alexis Lafrenière de l'Océanic de Rimouski dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Les huit équipes auront les mêmes probabilités.

Il est important de se remémorer comment nous en sommes arrivés à cela, pourquoi la loterie a été structurée de cette façon et ce que ça signifie au bout du compte.

Ce n'était pas le plan. La loterie aurait dû avoir lieu il y a un moment déjà. La Coupe Stanley aurait dû être gagnée déjà. Lafrenière aurait dû marcher vers la scène du Centre Bell lors de la première ronde du repêchage, vendredi. Nous devrions nous préparer pour la deuxième journée du repêchage, pas pour une deuxième phase de la loterie.

La pandémie a ruiné le plan. La LNH a dû en fabriquer un autre, et l'objectif était de conserver l'intégrité de l'original.

En collaboration avec l'Association des joueurs de la LNH, la Ligue a présenté un plan de reprise de la saison avec un tournoi à 24 équipes. Pourquoi 24 équipes? En grande partie parce que c'était le nombre d'équipes qui avaient une chance légitime de participer aux séries au moment où la saison a été mise en pause.

Les quatre meilleures équipes de chaque association s'affronteront dans un tournoi à la ronde pour déterminer un classement en vue des séries. En d'autres mots, en raison de ce qu'elles ont accompli en saison régulière, elles ont un laissez-passer pour les séries. Elles doivent simplement jouer quelques matchs afin de se préparer pour le vrai tournoi.

Les huit autres équipes de chaque association vont prendre part à des séries trois de cinq. En d'autres mots, elles ne sont pas encore en séries. Les séries au meilleur de cinq matchs remplacent la dernière ligne droite de la saison.

En temps normal, les 15 formations qui rateraient les séries auraient participé à la loterie pour le premier choix. Les probabilités auraient été de 18,5 pour cent pour l'équipe ayant terminé en dernière place jusqu'à 1 pour cent pour la dernière équipe à avoir échoué à participer à la danse du printemps.

Essentiellement, rien n'a changé.

L'équipe de dernière place, les Red Wings de Detroit, avait 18,5 pour cent de chances de mettre la main sur le premier choix. Les probabilités régressaient ensuite comme à l'habitude. La différence est que nous savions que sept des 15 équipes allaient assurément rater les séries, et pour tenir la loterie maintenant, la LNH a réservé des places pour les huit autres. Au lieu d'avoir les logos des équipes, nous retrouvions les équipes A jusqu'à H.

L'équipe E, 12e avec 2,5 pour cent de chances, a gagné la loterie pour se retrouver au premier rang.

Tout aurait été plus naturel si les gagnants avaient été, disons, les Jets de Winnipeg, qui étaient 20e au chapitre du pourcentage de points (,563) au moment de la pause et qui auraient été classés au 12e échelon si la saison avait pris fin de cette façon.

Mais le résultat final sera essentiellement le même qu'il aurait été : une des équipes qui ne participera pas aux séries aura la chance d'avoir le premier choix. (Il pourrait s'agir des Jets, s'ils perdent contre les Flames de Calgary en ronde préliminaire et qu'ils remportent la deuxième phase de la loterie.)

Auparavant, aucune équipe n'avait fait un bond de plus de quatre places pour se retrouver au premier rang, mais certaines équipes ont avancé considérablement pour se retrouver dans le top-3. Les Flyers de Philadelphie sont passés du 13e au 2e rang en 2017, les Hurricanes de la Caroline du 11e au 2e en 2018, les Blackhawks de Chicago du 12e au 3e en 2019.

C'est de cette façon que le boulier de la loterie fonctionne.

Qui sait ce qui va survenir? L'Avalanche du Colorado a glissé du 1er au 4e échelon en 2017 et s'est tout de même retrouvé avec le défenseur Cale Makar, un candidat au trophée Calder, remis à la recrue de l'année, cette saison. En 1983, les Red Wings n'ont pu sélectionner Pat LaFontaine puisque les Islanders parlaient avant eux au 3e rang. Ils ont alors jeté leur dévolu sur un certain Steve Yzerman au 4e échelon.

Malchance?

« Peut-être que ça paraît ainsi aujourd'hui, mais ultimement, nous devrons attendre quelques années pour faire des constats », a philosophé Yzerman, le directeur général des Red Wings. « Nous verrons comment se déroule le repêchage et qui deviendra un bon joueur. Nous allons obtenir un bon espoir, et c'est le temps qui nous dira à quel point il deviendra bon. »

D'abord, il y a la loterie pour le repêchage. Puis, il y a la loterie qu'est le repêchage.

« Le fonctionnement est ce qu'il est, c'est le même pour toutes les équipes, et nous allons obtenir un bon jeune, a dit Yzerman. Nous allons faire tout en notre possible pour bien le développer, et vous savez quoi? Peut-être que nous serons chanceux. »