Ils ont ensuite été repêchés à 19 ans - Bibeau en sixième ronde par les Islanders de New York, Harvey-Pinard en septième par les Canadiens - puis se sont retrouvés chez les Saguenéens pour la deuxième moitié de leur dernière saison junior, celle qui a été interrompue abruptement par la pandémie.
« Au début, on était tous les deux des nobodys… surtout lui, il était un choix de huitième ronde dans la LHJMQ, a blagué Bibeau. On a occupé tous les rôles dans l'équipe. On n'était pas les meilleurs, on ne jouait même pas tous les matchs. Mais on s'aidait là-dedans et on ne disait pas un mot.
« On a gravi les échelons jusqu'à ce qu'on joue entre 20 et 25 minutes au tournoi de la Coupe Memorial avec les Huskies. À la fin, à Chicoutimi, on était deux leaders et deux gars importants dans l'équipe. »
Il sait donc exactement de quel bois se chauffe son vieux complice. Par conséquent, il est l'un des rares à ne pas être trop surpris par l'arrivée fracassante d'Harvey-Pinard avec le Tricolore, cette saison. Le natif d'Arvida a inscrit cinq buts et amassé une aide en sept matchs depuis son rappel de Laval.
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Yanick Jean en est un autre qui a constaté les récents succès de son poulain sans tomber en bas de sa chaise. L'entraîneur d'expérience en a vu d'autres durant sa longue carrière, et il avait la conviction que son ancien capitaine était un pur sang.
« Il n'y a rien qui devrait nous surprendre de lui, a amorcé le pilote. J'ai dirigé Yanni Gourde pendant trois ans et c'est le même genre d'individu. Il a le caractère, la détermination et l'attitude pour faire sa place. Sa façon de penser et d'aborder les choses fait toute la différence.
« Il ne va jamais demander pourquoi il a moins joué dans un match. Il va se demander comment il peut faire pour jouer plus. Quand tu connais l'individu, il n'y a plus rien qui te surprend. Et tout part de lui, il n'a pas besoin de personne. Il n'arrêtera jamais, il va toujours continuer. »
À la source
Bibeau avait compris ça bien avant de renouer avec son ami à Chicoutimi. Il a toutefois pu constater que cette mentalité de travaillant ne sortait pas de nulle part quand il a passé quelques mois en pension chez les Harvey-Pinard, à Arvida.
« C'est là que j'ai compris d'où ça partait, s'est souvenu Bibeau. Son père me racontait des histoires de fou avec la Pizzéria (dont il est le propriétaire). Ses parents sont des travaillants et ils ont inculqué ces valeurs-là à leurs enfants. C'est du bien bon monde aussi.
« Pendant la pandémie, Raf a aidé à la pizzéria en faisant de la livraison, il a travaillé chez Lebeau vitres d'auto… et il était sous contrat avec les Canadiens! C'est une preuve que ces valeurs sont bien ancrées. »
Crédit photo: Louvik Archambault